‹ Cent projets de partage de la Turquie, 1281-1913 (volume 2)Chapitre 151 sur 280 · Ib., p · texte numérisé non relu

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2. Pagancl. Cf. Ad. Béer, Die Erste Theilung Polens, Wien, 1873. — Marie-Thérèse écrivait à Joseph II, le 25 janvier 1772 : « Il se peut que je me trompe et que ces événements soient plus favorables que je ne puis les envisager, mais dussent-ils nous procurer le district de Valachie (sic), Belgrade même, je les regarderais toujours comme achetés trop chèrement, l'étant au dépens de l'honneur, de la gloire de la Monarchie, de la bonne foi et religion de nous autres » (Arneth, n° 158, p. 362). Et au Comte Mercy-Argenteau, 2 juillet 1772 : « Rien au monde ne m'a fait plus de peine, mais surtout le tort que nous avons vis-à-vis de nos alliés et de toute l'Europe, comme si nous préférions un intérêt particulier à toute honnêteté et égards » (Corr. secr. de M. -Thérèse avec Mercy-Argenteau, I. p. 320).

de Mercy-Argenteau à Kaunitz : « J'ai lieu de m'assurer par plusieurs observations que le Roi n'est point personnellement affecté par les arrangements qui concernent la Pologne et qu'il se persuade que la nécessité des circonstances ne nous a pas permis de prendre un autre parti que celui que nous venons d'adopter1. »

Mais à peine l'Autriche avait-elle gagné une partie de la Pologne que ses prétentions à la Valachie se ravivèrent. Frédéric-le-Grand s'en montra scandalisé et s'empressa de susciter les susceptibilités de la Russie; à cet effet, il écrivit, le 21 août 1772, au comte Solms :

Le comte Panin n'est pas le seul qui soupçonne la cour de Vienne d'avoir des vues sur la Valachie. Vous trouverez dans mes dépèches précédentes assez d'indices, qui m'ont donné les mêmes soupçons, mais je vous ai fourni en même temps, assez de motifs pour ne point prêter l'oreille à de pareilles prétentions. En effet, et je ne saurais m'empêcher de vous le faire observer de nouveau : si l'on voulait y condescendre, les acquisitions de cette cour surpasseraient de beaucoup les nôtres. Elles le font déjà aujourd'hui, nonobstant la cession qu'elle a fait des Palatinats de Lublin et de Schelm et que serait-ce si l'on voulait y ajouter une partie de la Valachie? La balance entre nos trois cours tomberait entièrement et que deviendrai ce nivellement politique, dont le prince Kaunitz a prétendu faire la base de toute cette négociation et qu'il a tant prôné dans toutes ces déclarations?

Supposé donc que cette Cour insistât tôt ou tard sur la cession d'une partie de la Valachie, il faut de toute nécessité, par les considérations, que je viens d'alléguer, qu'elle renonce, en revanche, à une partie proportionnée de ses nouvelles acquisitions en Pologne. Un peu de fermeté de la part de la Russie sur cet article l'engagera aussi à acquiescer à ce retranchement ou à renoncer à ses vues sur la Valachie.

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