‹ Cent projets de partage de la Turquie, 1281-1913 (volume 2)Chapitre 154 sur 280 · Paganel, p · texte numérisé non relu

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tage de la Pologne (qui me tient toujours tant à cœur), plus avantageux à mes voisins redoutables qu'à ma monarchie. Je ne cesse de regretter d'y avoir été entraînée et, à moins d'une fatale combinaison inévitable de circonstances malheureuses, je suis bien éloignée de me prêter jamais au partage de l'Empire turc (et j'espère que nos neveux mêmes ne les verront hors de l'Europe) *.

Ainsi l'Impératrice se prononce contre le partage de la Turquie... mais se réserve le cas d'une « fatale combinaison inévitable » dont elle profiterait, tout en versant des larmes sur les ruines de l'Empire ottoman, comme elle en avait déjà versé sur les ruines du Royaume de Pologne !

Elle eut un chagrin de ce genre à l'annexion de la Bukowine et elle le dit au comte de Mercy-Argenteau, le 4 février 1775 : « Encore hier j'ai eu un entretien avec Kaunitz; il me paraît très prévenu contre Breteuil et compte se tenir roide vis-à-vis de lui, surtout s'il débutait sur les affaires de Moldavie, où nous avons entièrement tort... J'avoue, je ne sais comme nous en sortirons encore, difficilement honorablement, cela me chagrine au delà de toute expression 2. » Mais pendant que la mère se lamentait, le fils réalisait.

Louis XVI connaissait les divergences politiques qui séparaient Marie-Thérèse de Joseph II; il écrivait, à ce sujet, à Vergennes, de Versailles, le 15 avril 1775 :

Je vous renvoie, Monsieur, la dépêche de M. de Saint-Priest; je ne crois pas que la maison d'Autriche entende son intérêt, en ne voulant pas demander la liberté du commerce de la mer Noire; toutes les démarches que le Cabinet fait depuis quelque temps sont bien obscures et bien fausses ; je crois qu'il est embarrassé de ses nouvelles usurpations en Moldavie et qu'il ne sait comment se les faire adjuger; la cour de Russie les désapprouve et la Porte ne consentira jamais à les céder à l'Empereur. Je ne crois nullement à ce nouvel accord entre les cours co-partageantes, je les crois plutôt en observation vis-à-vis les unes des autres et se dé-

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