‹ Cent projets de partage de la Turquie, 1281-1913 (volume 2)Chapitre 5 sur 280 · IV PREFACE · texte numérisé non relu

IV PREFACE

chauds avec un climat admirable et une vie de repos et d'abondance est infaillible pour ceux qui subissent un ciel rigoureux, une terre rebelle et, par conséquent, une vie de travail et de peine. » Le philosophe qui n'avait rien d'un idéaliste ajoute : « Ce qui s'est passé à l'égard de la Pologne autorise à penser que les cours de Vienne et de Saint-Pétersbourg pourront s'entendre encore une fois pour un partage. » Que doit faire la France où Ton pense généralement qu'on a intérêt à l'existence de l'empire ottoman? « Puisque, dit Volney, nous ne pouvons défendre la Turquie, la prudence nous conseille de céder au temps et de nous former un système. »

On voit que le philosophe admettait comme choses très naturelles les partages des Etats et ne se préoccupait en rien des sentiments et des intérêts de ceux qui habitaient les territoires morcelés pour être attribués à l'un ou à l'autre suivant des considérations purement politiques ou économiques.

Tout le monde, au xvme siècle, ne pensait pas à une fin aussi prochaine pour la Turquie. Montesquieu, dans un passage judicieusement cité par M. Djuvara, fait la remarque suivante : « L'empire des Turcs est à présent à peu près dans le degré de faiblesse où était autrefois celui des Grecs, mais il subsistera longtemps, car, si quelque prince que ce fût mettait cet empire en péril, en poursuivant ses conquêtes, les trois puissances commerçantes de l'Europe connaissent trop leurs affaires pour n'en pas prendre la défense sur-lechamp. » Pendant longtemps, cette prévision s'est vérifiée. Durant la plus grande partie du xixe siècle, c'était

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