‹ Cent projets de partage de la Turquie, 1281-1913 (volume 2)Chapitre 70 sur 280 · Charrière, III, p · texte numérisé non relu

Charrière, III, p

3. Hurmuzaki, II. lro partie, p. 590-591. Par ses instructions, datées du 6 septembre 1572, à Montluc, Charles IX promet, si le duc d'Anjou est élu roi de Pologne qu'il « s'emploiera fort volontiers en cas qu'ils le requierront, à remettre la Valaquie sous la domination dudict royaume » (Hurmuzaki, suppl. I, t. I, p. 25). Cf. Jorga, IV, p. 148.

de Pologne un ennemi de la Maison d'Autriche ', mais encore elle ambitionnait, en obtenant la main de Marguerite de Valois pour le prince Zapolya, de mettre celui-ci sur le trône de l'empire romain. De son côté, Grantrye de Granchamps intriguait pour obtenir les pays roumains, qu'il s'engageait de céder ensuite au prince Zapolya et à Marguerite de Valois. Même si la destruction de l'empire romain était impossible à réaliser, tout de même la réunion des forces polonaises, valaques, transylvaines et moldaves aurait constitué un puissant obstacle aux ambitions envahissantes de la maison d'Autriche. L'ensemble de ces projets était encore coloré de l'idée d'une colonisation huguenote.

On sait de reste que Catherine de Médicis voulait se débarrasser des Huguenots, pour mettre fin à la guerre civile en France. Dans ce but, elle aurait désiré coloniser de huguenots soit la Transylvanie et les pays roumains, soit l'île de Chypre, soit l'Algérie, soit même l'Amérique du Nord, où l'on avait fait un essai de colonisation à Floride. Charles IX aurait décidé l'expulsion des huguenots, dès 1565. Grandchamp connaissait ces desseins et négocia avec Pierre-le- Boiteux à Tergoviste, capitale de la Valachie2. Hammer nous apprend que le prince roumain et sa mère la princesse

1. Le frère de Marguerite réussit à monter sur le trône de Pologne. Catherine de Médicis voulait établir son fils bien-aimé, le duc d'Anjou, en Algérie « idée que le Roi, jaloux de son frère adopta volontiers dans le but de l'éloigner ». Mais la Porte, en compensation du royaume d'Alger, offrit la cession au duc d'Anjou des conquêtes que les forces françaises et ottomanes réunies pourraient faire sur la monarchie Espagnole. On projeta ensuite de le mettre sur le trône de Pologne, v acant pour le moment; la Porte accéda à ce désir; le duc d'Anjou fut élu Roi de Pologne, mais une année après, il succéda, sous le nom de Henri III, à son frère Charles IX (Saint-Priest, p. 56-58). « La première idée d'élever le duc d'Anjou au trône de Pologne vint de la Porte ottomane et remonte à Vannée 1569 » (Charrière, III, p. 73).

2. « Istesso Ambassadore fu in quel tempo a uisitare il Transiluano et doppo subbito entro à trattare col Valacco per haucre una sua sorella permoglie » (Ed. deProvisionali à l'Empereur Maximilien II, le 11 mars 1567, Hurmuzaki, t. II, 1" partie, p. 571).

Kiajna dépensèrent 210.000 ducats (environ 2 millions et demi de francs) à Gonstantinople pour lutter contre les intrigues de Grandchamp1. Celui-ci connaissait bien les mœurs orientales de l'époque; le 9 février 1570, il écrivait à M. de Foix : « Depuis vingt ans que je suis esté nourry parmi eulx (les Turcs) 2. »

Mais les deux combinaisons matrimoniale et religieuse échouèrent; en 1567 éclata, en France, la seconde guerre religieuse, suivie d'une troisième, et du massacre de la Saint- Barthélémy (1572).

1. « Myrtsché (fils de la Princesse Kiajna, il s'agit du Prince Pierre-le- Boiteux que les historiens appelaient du nom de son père Mircea, comme ils appelaient également la Princesse Kiajna Mirceoia), s'était arrangé de façon à ce que son arrivée fût précédée d'un envoi de quatre millions

d'aspres (80.000 ducats) Néanmoins Sélim refusa de rendre au voié-

vode sa dignité et lui donna pour successeur son frère Alexandre : Myrtsché eut seulement la vie sauve et fut ainsi que sa mère envoyé en exil à Koniah, où il mourut peu de temps après. » (Rapport d'Alb. de Wyss, de mai 1568). « Vers ce même temps (janvier 1569) Sélim ajouta vingt aspres par jour à la pension du fils de Myrtsché, naguère Prince de Valachie, en récompense des cent trente mille ducats livrés par sa mère : celle-ci ne reçut en retour de sa révélation que dix mille ducats (Hammer, t. Vf, p. 328-331. Voy. le Rapport du 27 janv. 1569, adressé au doge de Venise, Hurmuzaki, t. VIII, 136. Cf. Le rapport de Rym adressé le 23 oct. 1570 a l'Empereur (Hurmuzaki, t. II, lr« partie, p. 607).

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