Falloux., I
leurs ennemis communs... Une flotte en Sicile renverserait tous les desseins des Turcs1.
Le roi d'Espagne envoya cinquante galères, sous le commandement d'André Doria; Pierre de Monte, grand maître de Malte, fournit trois galères, le duc de Savoie quatre, Zanne commandait l'escadre vénitienne et Marc-Antoine Golonna les vaisseaux du pape. La flotte chrétienne mit à la voile le 25 août et aborda à Candie.
La flotte ottomane accosta à l'île de Chypre au commencement de juillet 1570. Le 8 septembre il y eut une attaque générale ; les Turcs prirent la capitale Nicosie. L'escadre espagnole fit défection, en se retirant; Colonna et Zanne durent se replier sur Corfou. A la nouvelle de cet échec, Pie Y expédia de nouveaux envoyés en Europe. Le 25 janvier 1571 il écrivait au roi de France : « L'affaire de la trèssainte alliance en faveur de la république chrétienne nous tient tellement à cœur que nous ne pourrons trouver de repos ni le jour ni la nuit, tant que Votre Majesté ne sera pas entrée dans la même ligue2. » Charles IX se retranchant derrière les traités qui l'unissait à la Porte, s'attira du pape cette réponse : « Il ne faut jamais faire le mal pour qu'il en résulte du bien. Votre Majesté ne peut s'exempter de reproche, si en vue d'un avantage qui lui est personnel ou de tout autre que ce soit, elle pense devoir continuer ses relations amicales avec les infidèles3. » Le 30 novembre 1572,