‹ Cent projets de partage de la Turquie, 1281-1913 (volume 2)Chapitre 8 sur 280 · PREFACE VII · texte numérisé non relu

PREFACE VII

Comment se fait-il que cette question du partage de la Turquie ait été agitée pendant des siècles sans que le caractère singulier de ces négociations dans lesquelles la vie d'un État était en jeu ait apparu à l'opinion publique? Que les souverains aient envisagé sans scrupule leur agrandissement aux dépens d'un État avec lequel ils étaient en relations régulières, cela se comprend à la rigueur et cela n'étonne pas trop quand on songe au partage de la Pologne froidement concerté entre Frédéric II et Catherine II, accepté par Marie- Thérèse, désolée de participer à des actes que sa conscience réprouve, mais se consolant si elle a une part suffisante dans les dépouilles de la victime. Ce ne sont pas seulement les souverains ambitieux qui ont visé à la conquête, c'est tout le monde qui l'a acceptée sans hésitation ; s'il y a eu des résistances à certains projets, c'est par des considérations purement politiques, par un souci d'équilibre, non par égard pour l'État menacé. Tout cela s'explique par le caractère particulier de la domination turque.

Sans doute, la force a joué un rôle prépondérant dans la fondation et le développement des divers États, mais l'action de la force brutale n'a, en général, duré que pendant un temps limité. Le conquérant, après une période plus ou moins longue, qui a varié suivant son caractère et celui du peuple vaincu, s'est assimilé les populations du territoire incorporé dans sa domination; il lésa fait profiter des bienfaits de cette assimilation, de sorte que les regrets de l'ancienne patrie se sont peu à peu atténués. Rien de semblable pour les Turcs qui ont envahi bien des pays différents, qui s'y

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