Cf. Hurmuzaki, III, 2, p
regni di detto paese ; intese lamente di detti populi; vidde i paesi et i passi per gl'esserciti, et considéré la facilita et il modo per scacciare il ïurco dall' Europa. Il che tutto brevemente e con ogni sincerità si mette in consideratione alla Santità Vostra...
Le Père Cumuleo évalue ainsi les forces que Ton pourrait tirer des pays d'Orient : en Albanie et dans une partie de l'Epire on trouverait 40.000 combattants ; dans le reste de TEpire et en Macédoine, plus de 100.000; en Herzégovine, Esclavonie et Croatie 100.000; en Serbie 100.000 ; en Bosnie et sur les rives du Danube jusqu'à Belgrade 200.000 ; de Belgrade à la mer, le long du Danube, du côté de la Turquie 200.000 ; la Bulgarie et la Thrace sont de grands pays « ma li Bulgari non sono homini valorosi per combatere » ; en tout il y aurait là plus de 400.000 combattants.
Tous ces pays chrétiens ne demandent qu'à être aidés pour se délivrer des Turcs. Cumuleo indique comment on doit les aider :
Il modo d'aiutare o liberare tutti questi et anco à un tempo scacciare il Turco dall' Europa, frà tutti gli altri par il megliore fosse il seguente : Far la lega col Moscovita1, et accordarsi con esso lui; rotta che fosse l'armata del Turco o vero l'essercito suo,
1. L'idée d'une Ligue avec les Moscovites contre les Turcs avait déjà été poursuivie par les Papes Pie IV et Pie V (Pierling, p. 69-106). Bien avant, le Pape Léon X, par une lettre du 29 novembre 1513. adressée « Basilio Duci Moscovie », le priait de s'allier aux Rois de Pologne et de Hongrie contre les Turcs : « Optimum existimavimus esse factu venerabilem et nobis in Ghristo clarissimum fratrem nostrum Thomam tituli S. Martini in montibus s. ecclesie Romane cardinalem, verum patriarcham Constantinopolitanum, legatum de latere nostro, decernere ad ea régna, que huic Turcarum et Tartarorum periculo oposita precipue putantur : Germanie vid. Hungarie, Polonie, tui etiam ducatus Moscovie aliarumque his adherentium et fînitimarum provinciarum, qui, cum Dei auxilio concordia et pace inter omnes conciliata, conjunctis omnium vestrum viribus, unum christiani nominis robur ad resistendum sevissimushostibus efïiceret... Depositis inimicitiis. . . ad recuperandum Constantinopolitanum imperium... » (Rurmuzaki, II, 3, p. 110.) Suit (p. 113-115) le bref, daté du 15 juillet 1513, par lequel l'Archevêque de Strigonium (Gran), le Cardinal Thomas, est envoyé en mission pour prêcher la Croisade en Hongrie. Pologne, Valachie, Transylvanie, Moscovie, etc.
all'hora si muovesse con 100/m. di suoi, et calasse perla Podolia nella Moldavia, doue lo aspettano con gran desiderio, per passare diritto a Constantinopoli ; il quale innanziche arrivasse nella Turcia, haverebbe l'essercito di 200/m. huomini passando poi il Danubio gran parte delli sudetti huomini de! paese del Turco, chelo bramano, subito, anderebbero à unirsi con esso lui, di modo che in manco di 15 di, poichè fosse arrivato in Turchia detto Moscovita, traverebbe l'essercito di cinque o sei centomila huomini valorosi per combattere ; col quale essercito senza provarscontro alcuno arriverebbe in poco tempo aile porte di Constantinopoli, le quali, si crede che trovarebbe aperte per intrarvi; et se nô, con aiuto di 50 galère Ghristiane in manco di tre di lo pigliarebbe ; sendo che délia parte del mare e debolissimo. Pigliata la città di Constantinopoli senza dubio alcuno tutti gl'altri luoghi e città del Turco in Europa qu'ellistesso anno dall'altri Christiani sudetti del paese de Turco si pigliarebbono; sendo che in tutto detto paese del Turco altre fortezze non sono, che quelle, che mantiene alli confini.
Ainsi le père Cumuleo pensait que le meilleur moyen de chasser les Turcs serait de faire une alliance avec les Moscovites ; une armée de 100.000 hommes passerait par la Moldavie, où elle est attendue avec impatience, et avant d'arriver au Danube, elle aurait déjà 200.000 hommes et continuant à faire boule de neige, en moins de quinze jours, l'armée moscovite parviendrait au chiffre de 500.000. A Constantinople elle trouverait déjà les portes ouvertes et, au cas contraire, avec Faide de 50 galères chrétiennes, en moins de trois jours, on prendrait la ville ! Il faut convenir que le légat italien avait la foi robuste.
Suit la correspondance du Père Cumuleo i avec le Saint- Siège, portant le titre : Relaiione de P. Bon Alessandro
1. Publiée dans la revue : Starine, na soiet Izdoje Jugoslawenska Akademija Znanosti i um jeinosti, Knjiga XIV, U Zagrebu (Agram), 1882, p. 83-124. J'ai pris connaissance de cette intéressante publication, grâce à l'amabilité de S. E. M. Novakovitch, ancien Président du Conseil des Ministres de Serbie et mon ancien collègue à Constantinople, OU il représentait la Serbie.
Cumuleo, archiprete di S. Hieronymo di Roma sopra le cose del Turco.
Les observations du Père Cumuleo, partout où il passe, sont assurément très intéressantes. En février 1594 il écrit d'Alba Julia, en mars de Jassy, en avril de Lemberg, en octobre et novembre de Cracovie1. Non seulement il exécute avec sagacité le plan de faire une alliance avec les Moscovites, mais il insiste sur cette idée. A Jassy, le Prince de Moldavie2 accède à sa proposition d'entrer dans la ligue chrétienne : « Mi disse che farà ogni cosa che sia di mente di sua santita. » Il n'en était pas de même du prince de Valachie3 : « Col principi di Valachia non accade hora trattare. » Il loue avec enthousiasme la richesse des pays roumains : « Non c'è paese in tutto universomondo dovi multiplichino più li cavalli, bovi, pécore et altri simili, che ivi... Ma a vista non c'è paese in tutto il mondo più bello d'essa. »
Au point de vue politique, il faut encore remarquer le conseil du Père Cumuleo d'empêcher les Autrichiens de faire la paix avec les Turcs \
1. Là il tomba malade, comme l'écrit Speziano au Cardinal de San Giorgio, le 11 octobre 1594 : « Li medesimi moldavi dicono che don Alessandro Gomuleo è amalato in Polonia ». (Hurmuzaki, t. XI, publ. par M. Nie. Jorga, 1903. p. 11.)
2. Emmanuel Aron, qui envoya au Pape une lettre le 31 mars 1594, par l'entremise de Cumuleo : « Aron était mal vu dans son pays, à cause de ses rapines antérieures, qui avaient porté jusqu'à Rome la renommée de ses richesses ». (A. Xenopol, Istoria Romanilor, III, p. 193.) Ce Prince négocia avec les Cosaques une alliance contre les Turcs : Relatione delVHebreo venuto di Polonia, adi 7 marzo 1594 : « Un eugnato di Koslinski, passato in Moldavia da Aron Vaivoda per concluder lega con Koslinski contra Tatari e Turchi. » (Hurmuzafci, XII, 1903, p. 2.)
3. Le grand Prince Michel le Brave, qui réunit plus tard sous son sceptre la Valachie, la Moldavie et la Transylvanie. Le Père Comuleo est
lal renseigné sur la Valachie ; aussi, dans ses instructions au Nonce di
îrvia, le Pape Clément VIII écrit : « Col Valacco non diede anime a Don
Jessandro d'abbocarsi giudicandolo troppo unito et interessato col
'urco ». (Hurmuzaki, III, 2, p. 395.) Et pendant ce temps, Michel le Brave
guerroyait terriblement avec les Turcs t
4. Speziano écrit, de Prague, le 17 octobre 1594, au Cardinal Minuccio : « Intendo tanto bene dal medesimo signor moldavo del nostro signor
Enfin le missionnaire exprime l'espoir que, dans deux ans^ il n'y aura plus de Turcs dans toute l'Europe : « Ne sarà dubio alcuno, che in due anni, alla più longa, il detto mohamedano si scacciarà da tutta l'Europa con l'aiuto dTddio. >> Si son rêve ne s'est pas réalisé, le Père Gumuleo a eu la consolation d'être en très nombreuse et très distinguée compagnie de personnages qui partagèrent ses désillusions. Il n'en est pas moins vrai que sa mission diplomatique en Orient avait été brillante. Speziano écrivait de Prague, 1er novembre 1594, au cardinal de San Giorgio (Aldobrandini)1, louant « il gran frotto che havera fatto il signor Alessandro Cumuleo » et il était persuadé que, si l'on pouvait unir le Prince de Transylvanie au Roi de Pologne, comme on avait réussi à unir les Princes de Moldavie et de Valachie, on irait jusqu'à Constantinople : « Se si puo unire col Transilvano il Rè Pollaco, essendo già uniti il Moldavo et Valacco, si saria potuto andare sino a Constantinopoli2. »
En Pologne, chez les Cosaques et à Moscou, Gumuleo échoua. Il rentra à Rome en 1598 et mourut dans les premières années du xvne siècle.
Comuleo, che se allegreria Vostra Signoria, chi è suo amico personale : che all'industria sua si attribuisce tutta la vittoria che li Cosacchi e Polacchi hanno avuto contra Tartari ». (Ib., p. 13.) Le même, du 18 octobre 1594 : a Et questa congiontione di Cosacchi et Polacchi, dicequestambasciatore moldavo, l'hà fatta il signor Alessandro Comuleo, di cui dice béni incredibili. » (1b.)
1. Le 23 décembre 1600, Délia Torre proposa à l'Empereur la nomination du Cardinal de San Giorgio comme Gouverneur de la Transylvanie. {Hurrnuzakù t. XIII, publ. par N. Jorga, 1903, p. 1117.)