‹ Cent projets de partage de la Turquie, 1281-1913 (volume 2)Chapitre 95 sur 280 · Loc. cit., p · texte numérisé non relu

Loc. cit., p

2. A propos de cette Haute Institution Européenne, je signalerai, comme rapprochement, la citation suivante de Kant : « On peut appeler cette sorte d'alliance de quelques Etats, fondée pour le maintien de la paix, un Congrès permanent des Etats, auquel il est permis à chaque Etat voisin de s'associer. Telle fut (du moins en ce qui concerne les formalités du droit des gens relativement au maintien de la paix) l'Assemblée des Etats généraux qui eut lieu à La Haye dans la première moitié de ce siècle et où les ministres de la plupart des cours de l'Europe et même des plus petites républiques portèrent leurs plaintes sur les hostilités commises par les uns contre les autres et firent ainsi de toute l'Europe comme un seul Etat fédéré, qu'ils prirent pour arbitre de leurs différends politiques. » (Barni, p. 228).

tution de ce Tribunal International ou Cour Suprême, qu'il appelle modestement Conseil général :

Pour régler tous les différens qui fussent nez entre les confédérez et les vuider sans voye défait, on eût établi un ordre et forme de procéder par un Conseil général, composé de soixante personnes, quatre de la part de chacune des quinze Dominations, lequel on eut placé dans quelque ville au milieu de l'Europe, comme Metz, Nancy, Cologne ou autre, ou on en eut encore fait trois autres en trois différens endroits chacun de vingt hommes, lesquels tous trois eussent eu rapport au Conseil général qu'on eût pu appeler le Sénat de la République chrétienne; il (Henri IV) espérait former ce corps en moins de trois ans1.

Le vaste projet de Sully fut jugé impraticable. « Pendant vingt ans Henri IV n'eut guère le loisir - de remanier, même sur le papier, les affaires d'Orient. Sully dit que c'est en 1607 qu'il commença à l'entretenir de son grand dessein; cette pensée l'absorba en 1607 et 1608; il y renonça lorsqu'il reconnut qu'elle était irréalisable3 ». Que ce soit Henry IV ou Sully, qui ait conçu cette idée, le fait est que le Béarnais y renonça ou n'y attacha pas une trop grande importance*.

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