JOURNÉE QUATRIEME
-^ Une prison de Lisbonne. —
Don Alvah. — Taisez-vous, Manrique. N'ajoutez pas le mensonge à la trahison.
Don Fernand. — Un Almeïda, \endr(! ses hôtes! Oui aurait pu s'y attendre?
Don Manrique. — Nobles seigneurs, écoutez-moi : par tout ce qu'il y a de plus saint et de plus sacré au monde, je n'ai ])oint fait ce dont vous m'accusez. Je vous ai gardé
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en 1)011 ol lidMo «icntillioiniiK'; j"ai veillû siii" vous, coiiiinc sur le Irésor de ma maison. Lue seule ])ersomie au moii(l(> savait que j'étais riehe : une seule, que je vous avais recueillis chez moi.
Don Ai.vah. — VA cette personne...
Don MANRlon:. — (^elte personne est la [)lus Icndre, la plus lovale et la [)lus candide des femmes, celle (pic je devais épouser, une àme pure et droite connue il n'en lui jamais.
Don Alvar. — = Et par elle nous allons périr.
Don Fernand. — Par elle , nous sommes livi'és à nos bourreaux.
Don Alvar. — Son innocence même et sa simplicité nous ont perdus.
Don Fernand. — Sa loyauté nous coûte la vie.
Don Alvar. — Fiez-vous donc à la candeur dune témme.
Don Fernand. — Celles-là qui ne vous trompent pas à dessein , vous trahissent sans le vouloir.
Don Alvar. — Dans un cœur de boue, nos secrets sont à la merci des serpents.
Don Fernand. — Dans une àme de cristal sans tache, ils sont à la merci des espions.
Don Llus, paraissant au fond du racliot. — Sans doute, sans doute; mais pourquoi tant de belles métaphores? Dites plutôt avec le proverbe :
MURAILLE BLANCHE, l'AHlEU UE loi.
Et maintenant, Seigneurs, debout, s il nous plait!
Secouez VOS chaînes, et saluons gracieusement la noble assemblée. Elle voudra bien, en faveur de ce beau dicton, excuser les fautes de l'auteur.
PU y ©il Lg¥J\flW AIGRIT GRAND'PATE
iiicoiHjiK' a ('té 011 Aiilriclio sait qii(> les auberges de Vienne ne Talent pas grand" chose; encore doit-on supposer qu'elles sont supérieures aux tavernes de celte même ville en l'année du Christ 1195. A cette époque , et dans un des plus humbles caravansérails queùt alors la capitale de T Autriche , trois voyageurs arrivèrent un jour.