‹ Cent proverbes (volume 2)Chapitre 135 sur 156 · JOURNÉE QUATRIEME · texte numérisé non relu

JOURNÉE QUATRIEME

-^ Une prison de Lisbonne. —

Don Alvah. — Taisez-vous, Manrique. N'ajoutez pas le mensonge à la trahison.

Don Fernand. — Un Almeïda, \endr(! ses hôtes! Oui aurait pu s'y attendre?

Don Manrique. — Nobles seigneurs, écoutez-moi : par tout ce qu'il y a de plus saint et de plus sacré au monde, je n'ai ])oint fait ce dont vous m'accusez. Je vous ai gardé

%€mi

\\\i\i \\V'A\fO\\ ^\\VC aV\^ OU \< ^".OVX ^C \o:\\ d 0\V \V\ \^^\V\C v\\W\\\C.

l'AIMF.R \)K roi. .LIT)

en 1)011 ol lidMo «icntillioiniiK'; j"ai veillû siii" vous, coiiiinc sur le Irésor de ma maison. Lue seule ])ersomie au moii(l(> savait que j'étais riehe : une seule, que je vous avais recueillis chez moi.

Don Ai.vah. — VA cette personne...

Don MANRlon:. — (^elte personne est la [)lus Icndre, la plus lovale et la [)lus candide des femmes, celle (pic je devais épouser, une àme pure et droite connue il n'en lui jamais.

Don Alvar. — = Et par elle nous allons périr.

Don Fernand. — Par elle , nous sommes livi'és à nos bourreaux.

Don Alvar. — Son innocence même et sa simplicité nous ont perdus.

Don Fernand. — Sa loyauté nous coûte la vie.

Don Alvar. — Fiez-vous donc à la candeur dune témme.

Don Fernand. — Celles-là qui ne vous trompent pas à dessein , vous trahissent sans le vouloir.

Don Alvar. — Dans un cœur de boue, nos secrets sont à la merci des serpents.

Don Fernand. — Dans une àme de cristal sans tache, ils sont à la merci des espions.

Don Llus, paraissant au fond du racliot. — Sans doute, sans doute; mais pourquoi tant de belles métaphores? Dites plutôt avec le proverbe :

MURAILLE BLANCHE, l'AHlEU UE loi.

Et maintenant, Seigneurs, debout, s il nous plait!

Secouez VOS chaînes, et saluons gracieusement la noble assemblée. Elle voudra bien, en faveur de ce beau dicton, excuser les fautes de l'auteur.

PU y ©il Lg¥J\flW AIGRIT GRAND'PATE

iiicoiHjiK' a ('té 011 Aiilriclio sait qii(> les auberges de Vienne ne Talent pas grand" chose; encore doit-on supposer qu'elles sont supérieures aux tavernes de celte même ville en l'année du Christ 1195. A cette époque , et dans un des plus humbles caravansérails queùt alors la capitale de T Autriche , trois voyageurs arrivèrent un jour.

Page 1