‹ Cent proverbes (volume 2)Chapitre 69 sur 156 · LE LOUP LES MANGE · texte numérisé non relu

LE LOUP LES MANGE

Mais ({iicllc lut sa surprise, lorsque le soir, en l'aisanl son (léuouihrcnieul . il s'aperç^'ut que pas une ne nuuKpiail à rap])el ! Uohiu, le l'ermier, le eoniplimenla de ce cpi'il avait euliu appris à faire bonne garde.

Le lendemaiu, les choses allèrent de même; Guillol résolut de ne s'occuper que de danses, de teudres propos et de chansons, sans même s'inquiéter si le loup venait ou non rendre visite à ses brebis. Cette nouvelle manière de gardeison troupeau lui réussit également ; mais il conqn-it bientôt pourquoi le loup était devenu tout à coup si humain. Un jour qu'il jouait de la musette au milieu des autres bergers , s' étant retourné par hasard , il aperçut derrière un arbre voisin le loup qui se tenait les pattes croisées, la tète inclinée, dans une attitude d'extase et de dilettantisme, prêtant l'oreille aux jolis airs que jouait le jeune berger. La musette de Guillot le transportait dans le troisième ciel ; pouvait-il songer à croquer ses brebis?

Guillot rentrait chaque soir à la ferme eouroimé de fleurs et de rubans que lui donnaient les nymphes du Lignon; on l'eût pris pour un dieu, tant il était vif, aimable, brillant. Lui, naguère pauvre et triste compteur de brebis, gardait maintenant son troupeau comme Apollon avait autrefois gardé celui d'Admète, avec des vers et des chansons.

Robin le fermier avait une tille très-jeune et très-belle nonnné Gillette, qui devint éperdument éprise de Guillot, et linit par déclarer à son père qu'elle n'aurait jamais que lui pour époux. Robin, ([ui avait dejiins longtenq)s renoncé' à donner des coups de bàtou à (iuillot et qui savait «pi il est impossible de contrarier les inclinations des iilles du Lignon, n'essaya pas, suivant l'habitude des pères de sop-

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