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laiciil l)i('ii; mais loiil à i'nii|> un ^raiu! chaii^cinciil s'csl opriv dans le l'araclôrc de .la((|n(il. Lni, (|n(Mioiis avons \nsi docile, si irsi^iK", si bon j^airon , il rs( dcNcnii rclir, ond)i'a^(Mi\ ; il se nicl à hiaiic à ('lia((iie iuslaul , sans rime ni raison. Sil [loilc (l(>s sacs an inoidiii, il feint do l'aire un faux pas. el il laisse loini)ei' sa cliai'^c ; si le niciiniei- l'enibiirche , il elioisil à dessein l'endroil le ])liis raboteux pour se uiellre à Irollei-; si l(>s enlanls lui appoitent une poignée dasoine on ICeorce IVaîehe et appétissante d'un melon, il dédaigne ces marques d'amitié qui lui étaient autrefois si ])récieuses , et répond par des ruades aux caresses de ses amis. Sans doute quelque vieux mendiant en haillons , jaloux d'entendre partout l'éloge de Jacquot, lui aura jeté un sort en passant le soir devant le moulin.
Ce n'est point un malétice qui tourmente Jacqnot ; ou plutôt c'est le plus grand, le plus terrible, le plus funeste de tous les malélices : l'amour ;, puisqu'il faut l'appeler ])ar son nom. Jacquot n'a pu se soustraire à runiverselle loi. une invisible tlècbe a percé son cœur, il est amoureux fou d'une jeune ànesse qui demeure à une lieue de chez lui , l'ànesse du curé. Elle est blanche, elle est grasse, elle est potelée; quand elle monte au moulin, elle tient constamment les yeux baissés sans prendre garde aux ruades d'admiration, aux braiments d'enthousiasme que sa présence excite de tous côtés. Comment Jacquot pouvait-il résister à tant d'innocence et de candeur?
Dans un élat de civilisation oii l'on tiendrait plus comj^te qu(> dans le nôtre des intérêts du cœur, Jacquot serait devenu l'époux de Jacqueline (c'était le nom de l'ànesse ) ; mais par un sot orgueil on la maria à un cheval. Fa\ a])pre-
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liant cette iiouAelle, Jaeqiiot devint fou de désespoir; quand on Yonlail lui mettre son bât. il se roulait par terre; si on le conduisait à la Aille, il quittait brusquement le grand cbemiii et courait comme un insensé dans la campagne, rechercliant la solitude des forêts pour braire à l'écho le nom de son Amaryllis. 11 en fit tant et tant que le meunier le vendit pour s'en débarrasser.
Son nouveau maîti'e était un loueur d'ànes de Montmoleucy. Le temps et réloignemeiit rendirent à Jacquol une ])artie de son ancien calme. La condition dans laquelle il se trouvait n'était pas trop mauvaise. On n'avait pas pour lui les mêmes soins ni les mêmes attentions que dans la famille du meunier; le bourgeois était grossier, mal parlant, et très-prompt à se mettre en colère; il nentendait plus la meunière lui dire de sa douce voix : Allons, Jacquot, du courage. Mais quelquefois des grisetles de Paris caressaient sa crinière courte et épaisse; elles tendaient leur tablier devant lui pour que sa grande bouche vînt y saisir quelque bon gros morceau de galette ou de pain d'épioes ; puis elles montaient sur son dos et couraient dans les bois, riant, folâtrant, causant de leurs amours; tout cela rappelait à Jacquot sa blanche Jacqueline, il songeait aux lieux qui lavaient vu naître, au moulin, et il ne se trouvait plus aussi malheureux quil avait craint de l'être quand on l'amena pour la première fois à Montmorency.
Rien n'est durable sur cette terre, pas même ces semblants fallacieux qu'on est bien forcé, faute d'autre chose, de prendre pour le bonheur. L'été avait été phivieux , les amoureux s'étaient vus forcés de rester à la ville ; quand vint l'hiver , le loueur d'ànes fut obligé de réduire son personnel.