‹ Cent proverbesChapitre 133 sur 257 · TIRER LE DIABLE · texte numérisé non relu

TIRER LE DIABLE

celui qui, à l'exemple du diable, se laissait prendre par la queue?

N'est-ii pas vrai, mon cher notaire, vous à qui je dédie c£ travail sur ce vieux proverbe, à qui nous avons autrefois tant sacrifié ensemble, qu'on ne doit pas, comme on le fait souvent, le regarder d'un mauvais œil, et que. pour ne pas éprouver l'ennui et la satiété au sein de l'abondance, pour ne pas devenir enfin un lourd et assommant Crésus, d'un charmant et bienheureux pauvre diable qu'on était autrefois, il faut peut-être avoir conmiencé l'existence par :

TIRER I, R DIABLE PAR r, A QUEUE.

Note. « Il est des cas où l'on doit procéder, dans l'explication de certaines formules proverbiales, comme au jeu du baguenaudier. Elles sont tellement enchaînées l'une à l'autre, rentrent si bien l'une dans l'autre, qu'on ne peut avoir la clef de celles qu'on cherche si l'on n'a pas la clef de celles qui les précèdent. Ainsi, pour arriver à l'origiae du dicton Tirer le diable par la queue, il faut partir d'un proverbe antérieur qui nous apprend que le diable, c'est-à-dire le malheur personnifié dans l'être iniernsi\, est souvent à la porte d'un pauvre homme. Ce proverbe a fait supposer entre le diable et le pauvre homme une lutte dans laquelle celui-ci, n'osant attaquer de front son adversaire, sans doute à cause des cornes et des griffes, le saisit par derrière afin de l'éloigner de son logis ; et l'inutilité de ses efforts a été exprimée par une métaphore empruntée de ces bêtes récalcitrantes qui s'obstinent à avancer au lieu de reculer quand on les tire par la queue.

Le mitron qui tire le diable par la queue est un symbole de la lutte incessante de l'homme contre le malheur et du travail opiniâtre auquel il est condamné pour se procurer sa subsistance.

On connaît cette phrase originale que l'auteur de Lucrèce Borgia, M. V. Hugo, a mise dans la bouche de Gubetta : « Il faut que

la queue du diable lui soit soudée, chevillée et vissée à l'échiné d'une manière bien triomphante pour qu'il résiste à l'innombrable multitude de gens qui la tirent perpétuellement. »

Le comte de Conflans plaisantait un jour le cardinal de Luynes de ce qu'il se faisait porter la queue par un chevalier de Saint- Louis. L'Éminence, piquée au jeu, répondit que tel avait été toujours son usage, et que, parmi ses caudataires, il s'en était même trouvé un qui prenait le nom et les armoiries de Conflans. — Il n'y a rien d'étonnant en cela, repartit le comte avec gaieté : dans ma famille, on a été réduit plus d'une fois à tirer le diable par la queue, n {Diclionnaire des proverbes, etc., par P. -M. Quilard, 184-2.)

Ce qui vient de la flûte s'en retourne au tambour

S£N UETOURXl:: AU TAMB'M

Allusion -à la conduite des ménétriers qui, on i>cnéral, dépensent vite à manger et à Loire le pi'oduil des pains qu'ils ont feils en jouant de leurs insli rigoureux du proverbe est qu'on il ([u'on a gagné sans p(^'""

Les Espagnols c dinero del mcr'slcih — L'argent du sacrit;/a!:i s'en va en chantant.

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