LV. MIRL EST POUX
Chi.oé. — Vous croyez?
Daphnis. — J'en suis sûr.
Cnr.oÉ. — Je ne vois pas pourquoi je ne vous rendrais pas ce petit service; d'autant plus que je me sens très-fatiguée : asseyons-nous donc sur l'herbe. Ètes-vous mieux?
Daphnis. — Bien mieux.
CuLOÉ. — L'amour s'en va.
Dapuîvis. — Au contraire, il augmente.
CnLOÉ. — ■ Je ne vous comprends plus. L'amour est une maladie, et quand elle augmente, vous vous trouvez mieux?
Daphxis. — Oui.
CuLOÉ. — J'en suis charmée pour vous.
Daphnis. — Chloé!
Chloé. — Daphnis!
Daphnis. — Vos yeux sont doux.
Chloé. Palémon me le disait hier. . .
Daphnis. — Votre bouche est divine.
Chloé. — Myrtile me le dira ce soir.
Daphnis. — Vos joues ont l'éclat de la rose et la blaocheur du lait.
Chloé. — Chut!
Daphnis. — Quoi donc?
Chloé. — N'entendez-vons pas du bruit derrière la charmille?
Daphnis. — Sans doute quelque nymphe vous aura vue, et, pleine de dépit, elle agite les branches en s'enfuyant.
Chloé. — C'est possible.
Daphnis. — J'ai dans mon étable quatre chevreaux qui ont à peine brouté le cytise du mont Aliphère.
Chloé. — Ah!