DE PEU DE DRAP, COURTE CAPE
Si jeunesse savait!... Si vieillesse pouvait
SI JEUNESSE SAVAIT
SI VIEILLESSE POUVAIT
L'abbé Siiger,. ministre Ci vil', rapporte qu'on onîeiaiit • de !a vieillesse, se plaindn hiii);aiue qui réunit rai :
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SI JEUNESSE SAVAIT
SI VIEILLESSE POUVAIT
L'abbé Suger, ministre de Louis YI dont il a écrit la vie, rapporte qu'on entendit souvent ce roi, aux approches de la vieillesse, se plaindre du malheur de la condition humaine qui réunit rarement le savoir et le pouvoir; et l'historien Velly pense que le proverbe peut être venu de ces paroles. Je crois, au contraire, que ces paroles étaient venues du proverbe antérieurement connu, non-seulement dans notre langue, mais dans la langue castillane qui en
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offre l'analogue suivant : cl mozo, por no saber, el viejo par no poder,dejan las cosas perder, — traduction littérale: le jeune, pour ne savoir, le vieux, pour ne pouvoir, laissent les choses perdre.
Il s'énonçait primitivement chez nous eu ces termes: si jeune savait et vieux pouvait, l'homme un Jupiter serait; et comme la conclusion était entachée de paganisme, on y substitua dans la suite celle-ci : jamais disette n'y aurait, laquelle finit à son tour par rester sous-entendue, ce qui rendit la formule proverbiale susceptible d'un plus grand nombre d'applications et lui donna un tour bien plus concis et plus vif.
Elle s'applique le plus souvent aujourd'hui aux occasions favorables en amour, que les galants novices et les galants émérites laissent également échapper, les premiers par inexpérience et les seconds par impuissance. C'est la double idée que Grandville a mise en action dans son dessin avec un art et un naturel parfaits. Elle ne pouvait y être développée d'une manière plus expressive et plus propre à captiver l'attention. On ne se lasse point de regarder cette aimable belle étendue sur un banc rustique, à l'ombre d'un arbrisseau, tenant un roman, dont elle a interrompu la lecture pour se livrer à de fantastiques rêveries, peut être à des suaves réminiscences; et l'on se plaît ;i envelopper sous le même regard cet adolescent planté devant elle comme \m héliotrope devant le soleil, attiré vers elle par un vif désir, retenu par une excessive timidité, flottant entre des velléités de courage et des accès de découragement, les yeux toujours fixés sur elle, les pieds dirigés en sens contraire, se grattant l'oreille d'une main, ayant à l'autre une épitre amoureuse qu'il n'ose lui remettre et qu'il laisse voir, comme s'il se flattait
SI VIEILLESSE POUVAIT
qu'elle la lui demandera. La scène est charmante, et le contraste du vieux roué qui y assiste en cachette, avec le re£!;ret de ne pouvoir en être acteur, y ajoute un attrait des plus piquants.
Mais pourquoi analyser ce qui est fait pour être senti? Contentons-nous d'admirer ce petit chef-d'œuvre si remarquable par l'unité de l'ensemble et parla variété des détails, et dans le([uel le réalisme brille si bien sous les reflets poétiques de Tidéal.
OxN A SOUVENT BESOIN
La porte principale de l'hôtel du prince de N., situé à l'entrée du fauboug Saint-Honoré, était ouverte à deux battants, et laissait voir fiicilcment de la rue ce qui se passait dans l'intérieur. Les persiennes , e\acteiuent fermées, annonçaient que le maître devait être absent, ce qui assurait aux valets la faculté démettre en action