‹ Cent proverbesChapitre 21 sur 257 · ZI-PI1IR[\K · texte numérisé non relu

ZI-PI1IR[\K

— Je lui écrivis, et je nie rappelle encore ma première lettre :

a Vierge de mes songes, je t'ai vue, et je t'ai aimée ; te voir et te le dire, voila ma seule ambition. Tu es belle comme Vénus, et modeste comme ^linerve. La rosée que l'Aurore dépose au sein des neu'S est moins pure que toi. Ame de mon âme, tu tiens ma vie entre tes mains; aiinemoi, si tu ne veu\ voir mouiir à tes pieds celui que lu peuK faire le plus lieureu\ ou le plus malheureux des mortels. »

Après une correspondance des plus orageuses, elle me répondit qu'elle m'aimait, en post-scriptum. Je baisai et rebaisai cent fois le bas de sa lettre, et je me mis à marcher à grands pas dans ma chambre, cherchant les moyens de me réunir pour jamais à celle que j'adorais, et de l'arracher à un métier qui n'était pas fait pour elle.

Non, m'écriai-je dans mon enthousiasme, tu n'es point née pour vivre avec des saltimbanques qui abuseront tôt ou tard de ton innocence, pour te faire avaler des cailloux et des lames de sabre! Je saurai soustraire ton palais à celte ignominieuse e\trémilé ; ta voix, qui s'enroue à vanter les superbes qualités de la femme sauvage, ne devrait murmurer que des paroles d'amour; ta main, si fine et si petite, ne devrait tenir d'autre baguette que celle d'une fée; je te rendrai au monde dont lu léras le plus bel ornement; avant un mois, je veux que tu ilanses dans les salons de la préfecture !

J'en étais là de ce monologue, quand j'entendis ma porte s'ouvrir doucement, et je reçus dans mes bras Zéphirine palpitante.

Avec (juel plaisir je la regardais! Avec quelle anxiété je suivais sur ses traits la trace des émotions que devait

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