‹ Cent proverbesChapitre 3 sur 257 · II. n'y a IMS m; rr. r sans riMiiic · texte numérisé non relu

II. n'y a IMS m; rr. r sans riMiiic

On voulait porter en trionqihe le proverbe de l'arlitice ; mais le palais de llanunes s'éteignit aussitôt, et il en résulta une fumée si noire et si épaisse, que les spectateurs, tout endouiru's f[u"iis étaient, furent obligés de se froller les yeu\ en proclamant la veriti' du provei'be.

F.eurs yeux se rouvrirent pour contempler un spectacle d un tout autre genre. La pelouse parut illuminée d'innombrables liougies et ornée de roses du Bengale, de buissons vert-pomme, de cascades bleues, de piédestaux, de vases, de statues; chacun reconnut l'ile des Ballets.

On vit sortir de dessous terre de charmants petits Amours, hauts de trois ])ieds tout au plus, ayant les cheveux couleur d'a/.ur. portant des colliers formés de cailloux transparents, une urne sous le bras, des couronnes de cresson sur la ti'le. Ils allèrent tous se jeter les uns après les antres, la tète la première, dans un réservoir entouré de fleurs, placé sur le ilevant de la scène. Quand le dernier Amour eut fait le saut périlleux, il s'éleva du fond du léservoir une nymphe d'une haute stature, couronnée de roseaux, aux mouvements sinueux, qui se mit à exécuter plusieurs pas charmants en forme de méandres.

Li'S iM',()vi:i!i!i'S vi::xoi!;s. 7

On dcinamla rauleur. vl on a|)])ril (juc ce ballet avait ele composé par un \ieu\ pro\erbe connu sinis le nom de :

LES PETITS UUISSEAUX l'OKT LES G 11 A N' 1) E S niVIÈ l\ES.

jMais voici que tout à coup s'élève de terre une ville d'Oi'ient avec ses fontaines odoriférantes . ses dômes, ses minarets, ses t(jurs en pieri'cs dorées; c'est Bagdad du tem|)s du célèbre llaroun-al-Rasohid. Un pauvre jeune

c'est ce bon Abou-Hassan, le DormeLir Éveillé. . . (P. S.)

homme s'avance et déploi'c la ])erte de ses biens; on apprend par son récit (ju'il est devenu le plus pauvre particulier de Bagdad : mais un moment après il est l'Iiounne

8 LKS PROVI-liBllS Vl'XGES.

le plus riche et le plus puissant de la ville, car le voilà assis sur le trône du caiil'e lui-même; il est vêtu de brocard, d'or et de perles, entoure d'eunuques noirs, d'émirs et de dames de la plus grande beauté, qui attendent un de ses regards. Chacun le reconnaît; c'est ce bon Abou- Hassan, le Dormeur Éveillé; on applaudit. — C'est moi, dit à demi-voix un vieillard en habit de brahmane, caché dans l'ombre, qui suis le véritable auteur de cette vive et brillante comédie; moi, qui ne suis pourtant qu'un pauvre vieuK proverbe qu'on appelle :

LA FORTUMÎ VIENT F.S nnnMANT.

Au même instant, une divinité descend sur un nuage; c'est la Vérité. Elle ouvre un livre d'or, cjui n'est autre que le li\re des proverbes, et elle trace au premier feuillet celte phrase au milieu de tant d'autres du même genre que Rabelais, Cervantes, La Fontaine, i\Iolière, Boileau, Sterne, Lesage . n'ont pas dédaigné d'inscrire de leur propre main dans ce registre iuuuortel.

Je renonce, mesdames, à vous décrire toutes les scènes drolatiques, mythiques, allégoriques, comiques, satiripies on même pastorales, que représentèrent successivement les étranges magiciens qui s'étaient tout à coup emparés du parc et du château. Mais je vous laisse à deviner quel fut l'étonnement des personnes que nous avons vues dans le milieu du jour réunies sur la j^elouse et accalilées d'un si mortel ennui, lorsqu'à leur réveil elles se trouvèrent transportées, comme par enchantement, dans le château, et se virent revêtues d'habits de théâtre, poudrées, fardées, prêtes enfin à figurer dans toute espèce de comédies.

,1-s i'ii()vr:r!iii;s vI'NGt.s.

On enlcn lit aussil'jt s:)nnci' un:' i-lorlu'. iiiiiis (jui, celte luis, u'avail rien de ilia!io!i;iue; — c'etiiil la r'()c!:e

. . . ra sj vjrcul re\ûtnes d■iulllU^ d^ Llicàtiv". . . {V.

du dinei'. On passa dans la salle à nian,L;er; une porte à deu\ hattants s'ouvi'it, et on aperçut une galerie oii se li'oLisail un théâtre (jui avait dJ être improvisé en moins tle (pielipie,^ heures. Le litleau se leva, et on vit savaneor, en costume de Bacehus, le chevalier, ([in dit, après s'être incliné profondément : — Le proverbe , mesdames . que nous allons avoii' l'honneur de représenter devant vous ce soir, a poui' tilie...

■ — (lonnnent! nous allons it'[)resenlei' lui pr(.)\i'rl)el... Est-il M'ai'.'... Se peut-il'.'... ()n applaudit de tous les C('»t S; on cria cival aux proverbes qui s'étaient si bien

.10 LES rMiOVERBES VENGÉS.

vengés par euNL-raêmes en se faisant commenter, conter, orner et metlre en scène par leurs détractem's. — Mais enfin. le titre du proverbe que nous allons jouer?... — Le titre du proverbe, mesdames, dit le chevalier en avalant un verre de vin de Cliampagne, est :

Page 1