‹ Cent proverbesChapitre 34 sur 257 · S'I'N VA LA MEMOIRE · texte numérisé non relu

S'I'N VA LA MEMOIRE

Le 1^ août (lo Tan 18/tO, M. Jean-François-Claiule Perrin, chef do la maison Jean-François Perrin, Duinolanl et C'", était dans un grand trouble et dans un grand émoi.

Proverbe synonyme de cet autre : les lioiDicurs cliaiifient les mœurs.

70 QLANn VII' \T L.\ GLOIRp:,

L'honuiHe manufacturier n'avail pas dormi depuis trois nuits, et, dès l'aurore de cette fameuse journée, sa cuisinière l'avait vu se ijlisser dans son cabinet, déjà rasé et portant la cravate blanche des solennités et l'habit noir des cérémonies. C'est que, ce jour-là, la destinée électorale de M. Jean-François-Claude Perrin allait se jouer au jeu du scrutin. Il s'agissait de vaincre ou de mourir; de rester l'une des unités inscrites au grand livre des vingt-cinq mille adresses, ou d'être député; de n'être rien ou d'être tout.

Tandis que. pour la vingtième fois, il supputait les listes électorales, marquant à l'encre rouge les noms douteux, un domestique vint lui annoncer à voix basse, en homme qui comprenait toute la gravité des circonstances, que 31. Dumolard. son associé, et deux messieurs demandaient à lui parler.

— Mais qu'ils entrent donc! s'écria le candidat en s'avançant \ers la porte. Eh! c'est mon lidèle Achate, avec Buisson et ce cher Coustou, mes deux appuis dans le collège! Est-ce à vous à vous faire annoncer? Je croyais que ma maison était la vôtre.

— Excellent Perrin! répondit Duniolanl; toujours le même! Ah çii . mon cher associé, vous savez que c'est aujourd'hui que nous triomphons. Je viens de voir nos amis, j'ai réchaulTé leur zèle; nos chances sont excellentes ce matin.

— I,es voix portées hier sur 31. Ragon se porteront sur vous, dit 31. Coust(ju.

— Et vous serez nommé à une imposante majorité, s'écria 31. Buisson.

— C'est à vous que je devrai mon mandat, dit alors^ 31. Jeaa-Fi'ançois Perrin en serrant la main à ses amis.

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