DEUX MOINEAUX SUR MÊME ÉPI
Il communiqua son projet a la tribu; on discuta. Les Tieux hochèrent la tète ; les jeunes crièrent à plein bec que les ètourneaux donneraient à leurs enfants l'éducation qui leur manquait ; que ce serait pour tout le monde une grande joie d'entendre l'oJyssée de leurs voyages pendant les longues soirées d'hiver; que ceux qui ont beaucoup vu peuvent avoir beaucoup retenu, et que, par conséquent, la présence des illustres voyageurs assurerait la prépondérance des chardonnerets sur les pinçons, linots, mésanges et grives du voisinage. Cet avis prévalut, et on envoya une ambassade aux ètourneaux pour les prier de s'arrêter aux bords de l'Euphrate.
Les ètourneaux, étant quelque peu las, acceptèrent et se mirent en disposition de déménager du bois.
Cependant quelques chardonnerets inquiets se rendirent chez une vieille pie qui avait bâti son nid dans un antique noyer.
Cette pie, qui datait du temps où les anges se promenaient sur la terre, passait pour sorcière dans le pays ; tous les oiseaux venaient la consulter, et ses prophéties n'étaient jamais démenties par l'événement. La pie s'assit à l'entrée de son nid , les deux pattes appuyées sur ime béquille qui lui servait à marcher; puis, ayant .écouté les chardonnerets, elle cac[ueta cette réponse symbolique :