DEUX MOINEAUX. SUR MÊME EPI NE SONT PAS LONGTEMPS UNIS
Après qu'elle eut parlé, elle demanda deux douzaines de figues pour sa récompense, et rentra dans son domicile.
— Bon ! il s'agit de moineaux! s'écria l'un des oiseaux; ça ne nous regarde pas.
NE SONT PAS LONGTEMPS UNIS. ST
— lluin ! la lettre tue ! murmura un vieux chardonneret.
Mais on ne l'écouta pas, et les étourneaux s'établirent dans le jardin des chardonnerets.
Pendant les premiers jours, tout alla pour le mieux; les étourneaux racontaient leurs voyages; on venaitles entendre de tous les vergers, de toutes les prairies, de tous les bois d'alentour. On ne se lassait pas de les écouter. Chaque soir, c'était un nouveau plaisir, et l'on dansait après. IMais, tandis que les discours allaient leur Irain, les vivres diminuaient à vue d'œil ; chaque élourneau mangeait pour trois chardonnerets.
11 fallut songer aux provisions; les chefs de la tribu assemblèrent les plus forts, et on fut à la picorée; celui-ci rapportait une prune, celui-là une cerise; les plus vaillants traînaient un abricot. Pendant que la colonie s'épuisait en eiïorts, les étourneaux, qui restaient au logis, faisaient la cour aux plus jolies filles de leurs hôtes. D'étranges perturbations éclatèrent au njilieu des nids ; les chardonnerets s'en aperçurent, et prièrent les étrangers de voler aux champs avec eux.
Les étourneaux se mirent à silllerde toutes leurs forces; les plus roués d'entre eux chansonnèrent les pauvres maris, et plus d'un chardonneret dut s'esquiver au milieu des éclats de rire.
En attendant, les déjeuners, les dîners et les soupers allaient de plus belle. Tout ce que récoltaient les pauvres chardonnerets disparaissait ii mesure. Quand les travailleurs rentraient le soir, il trouvaient les étourneaux frais, reposés, la queue bien peignée, l'œil brillant, les ailes lustrées, jouant aux jeux innocents, de iniisson en buisson, avec