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OUI AIME BIEN

Ce mode de correction, que réprouvent les mœurs actuelles, exista chez tous les peuples dès la plus haute antiquité. Il fut regardé comme excellent en Chine, jusqu'au temps oîi Confucius en signala les graves inconvénients. Il devint en Grèce un des points fondamentaux de la méthode de stoïcien Chrysippe, pour l'éducation des enfants. Il fit même partie de la doctrine socratique, s'il faut en croire Aristophane, qui a représenté, dans la quatrième scène du cinquième acte des A'uées, un disciple de Socrate battant son père et disant: «Battre ce qu'on aime est l'effet le plus naturel de tout sentiment d'affection. Aimer et battre ne sont qu'une même chose. »

A Rome, le rhéteur Orbilius de Bénévent, que le poëte Horace, son élève, a nommé^j/a^/osHm [Epit. I, liv. II). introduisit l'usage du fouet dans son école, et c'est à cause de cela que tout pédagogue observateur de ce honteux usage a été désigné par le surnom iVOrbilianile, auciuel on substitue souvent aujourd'hui le surnom plus caractéristique de monsieur Cinglant.

Maïs ce n'est pas seulement pour ramélioration des élèves, c'est aussi pour celle des épouses c]u'une telle discipline fut en vigueur.

Nos vieilles chroniques sont remplies de faits qui attestent qu'elle était strictement pratiquée à l'époque même dont on a tant vanté les mœurs galantes et chevaleresques.

La plupart des chartes de bourgeoisie autorisaient alors les maris à, battre les femmes jusqu'à effusion de sang, pourvu que ce ne fût point avec un fer émoulu et qu'il n'y eût point de membre fracturé.

On lit dans les CoiUitmes de Beauvoisis par Dumanoir : « La justice ne se doit entremettre des griefs que les

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