CHATIE BIEN
hommes font a eiirs femmes, car il loiet bien (est bien loisible) à l'homme de battre sa femme. Le mari la doit châtier selon toute manière qu'il verra que bien sera, excepté mort ou niehaing- (mutilation). »
Il arrivait même quelquefois que cette exception était
méconnueimpunénient : témoin le fait suivant rapporlédans la Chronique bordelaise, année 1324. Un homme de Bordeaux, accusé d'avoir tué sa femme, comparut devant les juges et dit pour toute défense : « Je suis bien fâché davoir tué ma femme ; mais c'est sa faute, car elle m'avait grandement irrité. »
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Les juges ne lui en demandèrent pas davantage, et ils le laissèrent se retirer tranquillement, parce que la loi, en pareil cas, n'exigeait du coupable qu'un témoignage de repentir.
La pitié pour les femmes paraissait une faiblesse ridicule, et le mari qui négligeait de châtier la sienne était honni de ses confrères. On avait pour maxime qu'elles ressemblaient aux côtelettes, qui ne deviennent tendres que lorsqu'elles sont bien battues, et, de peur que la chose ne fût mise en oubli, des almanachs, où les actions qu'on devait faire se trouvaient indiquées, jour par jour, donnaient cette recommandation : Bien battre sa femme en hui.
Cette odieuse coutume , qui se maintint légalement en France, suivant Fernel, juscju'au règne de François P". remonle à une époque reculée. Le chapitre cxwi des lois anglo-normandes porte que le mari est tenu de châtier sa femme comme un enfant, si elle lui a fait infidélité pour son voisin. 5* deliquerit vicino suo, tenelur eam casligave quasi puenim.
^Mahomet permet aux musulmans de battre leurs épouses lorsqu'elles manquent d'obéissance. ( Koran . IV, 38.)
Un canon du concile tenu à Tolède, l'an iOO, dit : <i Si la femme d'un clerc a péché, le clerc peut la faire lier dans sa maison, la faire jeûner et la châtier, sans attenter à sa vie, et il ne doit pas manger avec elle jusqu'à ce qu'elle ait fait pénitence. »
Il fallait que ce concile eût des raisons bien graves pour rendre une telle décision.