‹ Cent récits d'histoire contemporaineChapitre 23 sur 86 · Villemain · texte numérisé non relu

Villemain

2. C'étaient : le duc de Chartres, né à Palerme (1810) ; à l'avènement de son père, il prit le nom de duc d'Orléans ; le duc de Nemours, né à Paris (1814) ; le prince de Joinville, né à Neuilly (1818); le duc d'Âumale, né à Paris (1822) ; le duc de Montpensier, né à Neuilly (1824) ; Louise-Marie d'Orléans, née à Palerme (1812) ; Christine-Mario-Âdélaïde de Valois, née eu 1813; Marie-Climer.tine, née en 1817.

une éducation populaire, les envoyant dans les lycées. Il affectait la familiarité dans ses manières, mais sa bonhomie apparente cachait une grande finesse. Tel était le souverain qui allait, pendant dixhuit ans, régner sur la France.

Le premier ministère constitué en toute hâte par Louis-Philippe, le 11 août 1830, ne put se mettre d'accord sur la politique à suivre. LaffiUe, DuponI (de l'Eure), le maréchal Gérard et le baron Bignon voulaient qu'on tînt compte des sentiments démocratiques et qu'on rétablit l'ordre en donnant plus de satisfactions aux combattants de Juillet. Hors du ministère, ils avaient l'appui du général Lafayette. Le comte Mole, le baron Louis, le général Sébastiani, Casimir Périer, MM. Guizot, Dupin et de Broglie, voulaient au contraire séparer la royauté nouvelle des circonstances d'où elle étail sortie, lui faire en quelque sorte renier son origine, réduire le changement à la substitution d'une dynastie et à quelques garanties qui n'amélioraient nullement la situation des classes inférieures.

On ne s'aperçut pas tout d'abord de l'incohérence du cabinet. L'attention publique était distraite par les prestations et les refus de serment, les ordonnances qui rendaient le Panthéon à la sépulture des grands hommes, les pensions accordées aux veuves et aux orphelins des combattants de juillet, les députations qui venaient féliciter le nouveau roi. Puis la mort mystérieuse du prince de Condé qu'on trouva pendu à l'espagnolette d'une fenêtre de sa chambre, frappa vivement les imaginations et donna cours aux suppositions les plus malveillantes (27 août). L'agitation des ouvriers sans travail soulevait des problèmes inquiétants. Enfin on observait l'attitude des rois de l'Europe.

L'Angleterre avait reconnu le nouveau gouvernement. L'Autriche et la Prusse se montraient disposées à nouer des relations avec le nouveau roi des Français. Mais Louis-Philippe trouvait dans la Russie une hostilité qui devait durer pendant tout son règne, et Ferdinand VII d'Espagne affectait de traiter l'ambassadeur de Charles X comme le véritable ambassadeur français. Les rois avaient peur de la révolution de Juillet, mais les peuples s'en réjouissaient, et, dans tous les pays voisins, de sourdes rumeurs annonçaient une prochaine explosion. A l'extérieur aussi, la politique de Louis-Philipe devait avoir bientôt à se prononcer pour le mouvement ou pour la résistance.

: f\0AJyA7

Page 1