‹ Cent récits d'histoire contemporaineChapitre 31 sur 86 · Duval, Tableau de l'Algérie · texte numérisé non relu

Duval, Tableau de l'Algérie

un petit pécule, qui lui permette d'acheter un champ autour de son village.

L'Arabe n'a point, les qualités du Kabyle, qu'il n'aime point. Voyageur, pasteur, nomade, dédaignant de s'enchaînera une maison de boue, l'Arabe parcourt à cheval ses verts pâturages et promène d'un champ à l'autre sa charrue, sans sortir toutefois d'une circonscription qui constitue le domaine propre de chaque tribu. L'Arabe du Sahara conserve seul avec fidélité le type poétique du cornctère national ; ennemi du travail, dont il abandonne aux femmes la part inévitable, amoureux des chevaux, des courses, des vers, des fêtes, de l'éclat, du mouvement, de toutes les joies qui se résument en un seul mot, synonyme du bonheur suprême: la fantasia*. »

En arrivant au trône, Louis-Philippe trouvait notre drapeau planté sur les murs d'Alger. Mais nous ne possédions que cette ville : on ne songea d abord qu'à la conserver sans s'étendre au delà de sa banlieue. Dans les premières années on délibérait même s'il no vaudrait pas mieux abandonner l'Afrique. Toutefois, l'avantage de posséder un port de plus sur la Méditerranée et d'ouvrir un nouveau champ à l'activité française, détermina le gouvernement à garder la nouvelle colonie, si précieuse par son voisinage et sa fertilité. Le général Clauzel, envoyé comme gouverneur, établit une ferme-modèle et prépara plusieurs projets d'assainissement pour la plaine de la Mitidja. Au général Clauzel, succédèrent le général Berthezène, puis le duc de Rovigo, qui entoura une partie des massifs d'Alger par des camps appelés blockhaus et agrandit notre territoire. La ville de Bône avait d'abord, dès les premiers jours, été occupée sans difficulté comme celle d'Oran. Mais elle était retombée au pouvoir d un chef turc et la garnison de zouaves avait même été massacrée. Mais en 1832, profitant du désordre qui régnait dans cette ville en réalité sans maître, deux capitaines, d'Armandy et Yousouf, réussirent, avec trente marins de la Béarnaise, à s'introduire dans la citadelle de Bône (25 mars) ; ils gagnèrent les soldats turcs à la cause française et firent flotter notre drapeau sur la ville que se préparait à attaquer un lieutenant du bey de Conslantine. Les Français arrivèrent bientôt en nombre et l'antique Hippone resta décidémeni, ea notre pouvoir.

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