‹ Cent-vingt jours de service actif [microforme]Chapitre 34 sur 70 · CHAPITRE Il · texte numérisé non relu

CHAPITRE Il

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Dans le but de procéder systématiquement au récit des événements qui se ratiachent au séjour de l'aile gauche du 65e bataillon dans les forts qu'il a eu pour mission de défendre, Edmonton suit immédiatement Ostell Après la compagnie No. 1, passons à No. 2. L'auteur a hésité quelque temps à placer le récit de la défense d'Edmonton à la seconde place, car son importance lui donne droit à la première. A Edmonton en effet étaient les quartiers généraux du commandant en chef de toute la ligne de défense de Calgarry à Fort Pitt. Ce n’est qu'après mûre réflexion et pour rendre plus claire dans l'esprit du lecteur la position de chaque compagnie du bataillon, que l’auteur s'est décidé à faire le récit eu se basant sur l’ordre des compagnies dans le bataillon.

Edmonton n'est rien autre chose qu'un gros bourg que les citoyens de l'endroit ont qualifié du titre pompeux de (town) ville. Gette ville (puisqu'on l'appelle ainsi) est située à un mille de la Saskatchewan et est, en général, bien bâtie. Toutes les constructions sont en bois, il n'y a que deux maisons en brique. Les habitants de la ville sont pour la

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plusgrande partie des Anglais, les Canadiens résident aux environs sur les terres qu'ils ont défrichées. Sur les bords de la Saskatchewan s'élève le fort de la Baie d'Hudson. Ce fort, dont les murs consistent en pieux enfoncés en terre et fortement liés les uns aux autres, renferme ! magasin de la Baie d'Hudson, les quartiers des employés et des dépendances considérables, Comme il est muni d'un bon puits qui peut fournir de l’eau ad libitum à une garnison assez considérable, il pourrait soutenir un assez long siége contre des troupes quine seraient pas munies d'artillerie. Sans être d’une libéralité excessive ni d’une politesse extraordinaire, les employés de la compagnie de la Baie d'Hudson nous ont cependant témoigné assez de sympathie. Les marchands nous ont bien vendu leurs marchandises au plus haut prix, et l’on sait ce que c’est Que le plus haut prix dans l'Ouest; mais c'était pour eux une occasion unique de voir de leurs yeux de l'argent. Car il faut dire que cette expédition du Nord-Ouest a été un bonanza pour cette région. Lorsque nous y sommes arrivés, l'argent y était des plus rares, le culuvateur, le producteur échangeaient leurs produits contre de la marchandise et la plupart du temps l'argent n’entrait pour rien dans toutes ces transactions. Notre arrivée a été comme un torrent d’argent qui a envahi le pays. Les semences étaient presque terminées et les cultivateurs attendaient la moisson les bras croisés; tout-à-coup, grâce à la révolte, les voilà qui louent leurs chevaux au gouvernement à raison de 88.00 par jour pour deux chevaux et de $12.00 pour quatre. Ils vendent jeurs animaux cent pour cent plus qu'ils ne valent et

ainsi de suite pour leurs autres produits. La com. pagnie de la Baie d'Hudson avait une quantité de provisions en magasin, le gouvernement à tout acheté au maximum. Si on pouvait en ce cas.ci appliquer, pour trouver la cause de la rébellion, le vieux proverbe ‘le vrai coupable est celui à qui le crime profite,” on n'aurait pas besoin de se deman. der si certains fournisseurs ne sont pas au fond de cette affaire, car plusieurs y ont fait fortune, D'un autre côté, les missionnaires ont perdu toute leur influence sur les Métis et les Sauvages en révolte, Les chefs de ces rebelles leur ont représenté les prêtres comme des traîtres vendus au gouvernement. [La preuve, c'est que les Sauvages ont massacré deux missionnaires, Ce que n'avaient jamais fait aujaravant mème les Sauvages idolâtres.

Les blancs ont a':ssi à se plaindre du gouverne. ment. {l y a ici d’honnêtes colons canadiens et anglais qui sont établis sur des terres qu'ils possèdent depuis plusieurs années et qui, cependant, n’ont encore pu obtenir de lettres patentes.

Si les choses continuent ainsi, avant longtemps, nous aurons une seconde rébellion à abattre et cette fois ce ne serait plus une révolte de Métis mais de colons canadiens et anglais. L'on se plaint aussi beaucoup du monopoie exercé par la compagnie de la Be d'Hudson et de la conduite des agents des Sauvages. L'on tisnt ces derniers responsables en grande partie des troubles qui ont éclaté dans cer. taines tribus, On leur reproche leur incapacité, leur malhonnêteté dans certains cas et souvent leur ignorance complète des mœurs et coutumes des gens sur les intérêts desquels ils ont la charge de veiller.

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Ce sont toutes des nominations politiques; tant qu'il en sera ainsi, les choses ne changeront pas.

Les notes qui précèdent ont été cueillies çà et là, elles ont été fournies à l’auteur par les colons canadiens des environs, si elles ne sont pas exactes, elles réprésentent du moins l’état d'esprit dans lequel se trouvaient nos compatriotes de l'Ouest quand nous sommes passés à Edmonton.

Le bataillon droit du 65e arriva à Edmonton le fer mai, quatre jours plus tard le bataillon gauche entrait aussi au Fort. Après que la division du bataillon eût été décidée, le général Strange confia à la compagnie No, 2 la garde de cette place importante. Le capitaine des Trois-Maisons, assisté des Lits. DesGeorges et Charest, était l'officier en charge du détachement du 65e, mais le général Strange qui y tenait encore ses quartiers généraux, en était le commandant. Le 14 mai, le Lieut.Col. Ouimet arriva de Calgarry à Edmonton, accompagné du Major Brisebois, ancien officier de la Police à cheval et fondateur du Fort Brisebois counu aujourd'hui sous le nom de Calgarry. Le voyage de Calgarry à Edmonton, deux cent quinze milles, avait été fait en quatre jours. L'arrivée du colonel fut saluée par des cris de joie de la part de tous les soldats du bataillon. A peine descendu de voiture, le colonel alla se rap, porter au Major-Général Strange qui le félicita sur son heureux retour. Il le remercia des services qu'il avait rendus à la division d’Alberta par la manière habile dont il s'était acquitté de sa mission à Otlawa, ajoutant qu'il regrettait que pour des raisons politiques il s'était répandu tant de fausses rumeurs au sujet de ce voyage.

La même après-midi, le général Strange quittait Edmonton en bateau, accompagné du 92ème dl:

fanterie Légère de Winnipeg, en route pour Victoria où lattendait le bataillon droit du 65ème. Un ordre

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