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CHAPITRE IL

AVÈNEMENT Dü MICROSCOPE. — BACTÉRIES.

INFECTION PÜRULENTE. — PANSEMENTS. — ANTISEPSIE. — GA1VANO-CAUSTIE. ÉCRASEMENT LINÉAIRE. — ANESTHÉSIE.

L’emploi du microscope’ occupe aujourd’hui une place prépondérante dans la médecine, bien que son introduction officielle soit assez récente11^. Les études de Donné sur le lait (1837), sur les animalcules spermatiques ont été exposées dans son Cours de microscopie (i844-i846). Toutefois Lebert, en i845p), établissait que «le rôle du microscope ne commence qu’après l’emploi des autres méthodes susceptibles de dévoiler la nature des maladies», l’observation clinique restant toujours la base de la pathologie.

Le mouvement avait été donné lors de la discussion à l’Académie de médecine sur les corps fibreux, en 1 844 p)- C’est alors que Charles Robin 14!, Follin, Broca et Verneuil s’adonnèrent aux recherches microscopiques. De son côté, Mandl, que rien n’attachait à la Faculté, faisait à l’École pratique des leçons sur la microscopie, et avait publié, en 1837, un Traité pratique du microscope et de son emploi dans l’étude des êtres organisés. Lereboullet père, Küss et Morel (5), à Strasbourg, se livrèrent à ces études que d’autres allèrent perfectionner

logie.p. 332, et chap. xVitr, Chaire de patho- p. 36o.

daction, p. ix. (5) Morel, Précis d’histologie humaine, 18S0.

en Allemagne, à l’école de Virchow, et qui portent aujourd’hui des

noms faisant autorité dans la science.

La découverte de la bactéridie charbonneuse par Davaine(1), les travaux de Coze et Feltz sur les maladies infectieuses*^, les études de Pasteur sur les fermentations etc. , ont ouvert un nouvel horizon à la pathologie. Le parasite est devenu aujourd’hui l’agent producteur de la maladie : c’est lui qui envahit nos tissus, nos organes; c’est lui qui les altère, les désorganise. L’attention s’est portée du côté de ce nouveau monde; on en voulut connaître les habitants; on leur donna des noms, et une science nouvelle est née, la bactériologie. Ce monde des infiniment petits porta différents noms : ils furent appelés microbes, bactéries, bacilles, vibrions, schizomycètes. On les divisa, selon leur forme, selon leurs caractères, en microcoques, staphylocoques, bactéries, bacilles, leptothrix, beggiatoa, vibrions, spirochètes, actinomycètes, etc. Pasteur et ses élèves ont été les géographes de ce monde de Lilliputiens. Dès lors on afflua dans le laboratoire de Pasteur, et on se mit à la recherche de tous les microbes. Ses travaux sur le vinaigre (1868); sur les maladies des versà soie (1870); sur la bière (1876), avaient été le point de départ de nouvelles recherches. En 1880, il exposait devant l’Académie des sciences sa méthode générale de culture microbienne. La veran , de son côté , confirmait la natu re parasitaire de l’impaludisme-. Une fois engagés dans cette voie, les médecins voulurent trouver le microbe pathogène de toutes les maladies. C’est le renversement dé l’ancienne médecine, c’est le règne du parasitisme. Par suite d’une nouvelle évolution dans la microbiologie, ce n’est plus le microbe lui-même qui est dangereux, c’est le produit qu’il secrète, c’est la toxine. La destruction de tous ces agents infectieux constitue l’antisepsie.

'» Comptes rendus de l’Académie des sciences. 1857. >858.

(4) Laveran, Nature parasitaire des accidents de V impaludisme, Paris, 1881, 1 vol. in-8\

ÉVOLUTION

INFECTION PURULENTE. — SEPTICÉMIE.

Au commencement du siècle, on expliquait l’infection purulente par la métastase ou par la résorption du pus. A la fin du xvm' siècle (1784), Hunter avait signalé le mélange du sang avec le pus dans les veines. Hodgson en i8i5. Rites en 1816 avaient accepté cette opinion, et c’est en 1828 que Dance exposa d’une manière définitive la théorie de la phlébite*1), qu’acceptèrent Blandin, Cruveilhier et beaucoup d’autres praticiens, mais qui. fut repoussée par Dupuytren. En 1849, Sédillot entraîna toutes les convictions par son Mémoire sur l’infection purulente ou pyohémie, mot inventé par Piorry. La présence des caillots qu’on avait constatés dans les veines fut considérée comme le résultat de la phlébite, et si Legroux en 1827, Alibert en 1828 entrevirent la question, c’est Virchow qui décrivit les thromboses et les embolies, de i846 à i856. Sachons rendre aux étrangers la justice qui leur est due; mais si c’est en Allemagne qu’on a spécifié la question, c’est en France qu’elle a pris naissance.

Toutefois ces théories ne satisfirent pas tous les médecins et les physiologistes. Bouillaud (2), en 182 5, avait déjà signalé la pénétration des matières irritantes dans le système veineux comme cause des fièvres graves, des infections septiques , putrides ou typhoïdes. Piorry confirma ces idées. Sédillot pensa que c’étaient les détritus détachés des plaies en suppuration qui étaient absorbés par les veines et qui déterminaient la fièvre hectique.

A. Guérin admit que l’empoisonnement avait beu par l’air: il en faisait une sorte de typhus chirurgical. Verneuil, tout en acceptant ces idées, les modifia : il crut trouver dans le fluide sanieux sécrété

m Archives generales de médecine, t. XVIII ;î) Bouiilaiid, Recherches cliniques pour ser

cl XIX.: vir à l’histoire de la phlébite , p. 26.

par les plaies la cause de cette infection; il l’appela virus traumatique. Il résulterait d’une action chimique que l’air exerce sur les plaies, et ce virus, analysé par Bergmann, contient l’agent pathogène appelé sepsine. La présence de cet agent dans le sang déterminerait la septicémie. Cette sepsine s’attache à tous les corps, à tous les objets de pansement, se répand dans l’atmosphère, se fixe aux vêtements du chirurgien, aux draps de lit, aux rideaux, est absorbée par la plaie elle-même, d’où l’auto-infection. Cette théorie de Vemeuil a été combattue et n’a pas convaincu tous les chirurgiens.

Laissant de côté ces théories diverses, il est établi que l’atmosphère des salles de blessés est imprégnée d’émanations délétères provenant des plaies, quelles se déposent sur les surfaces traumatiques ellesmêmes, qui les absorbent et produisent l’angioleucite, lérésipèle et, à un degré plus avancé, l’infection purulente. Les agents pathogènes sont les microbes de la suppuration : ce sont eux qui produisent la

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