‹ Centenaire de la Faculté de médecine de ParisChapitre 118 sur 146 · MALADIES DES OS, DES ARTICULATIONS. — ORTHOPÉDIE · texte numérisé non relu

MALADIES DES OS, DES ARTICULATIONS. — ORTHOPÉDIE

L'étude de ces maladies a fait de grands progrès depuis la fin du siècle dernier. A cette époque, des deux côtés de la Manche, on imaginait une des grandes opérations de la chirurgie conservatrice, la résection des os. Park en Angleterre, Moreau à Bar-le-Duc, pratiquaient en même temps, sans qu’on puisse en attribuer la priorité à l’un ou à l’autre, la résection osseuse qui permettait d’éviter certaines amputations. Les guerres terribles qui allaient ensanglanter l’Europe pendant une vingtaine d’années, devaient fournir un vaste champ aux opérations chirurgicales de toute nature.

En 1792, Moreau pratiqua avec succès la résection du genou; peu après, il fit également avec succès la résection tihio-tarsienne, puis la résection totale du coude. En 1812 , Dupuytren réséqua le maxillaire inférieur, plus tard une partie du maxillaire supérieur. L’opération était entrée définitivement dans la pratique chirurgicale, et les études sur le périoste permirent de faire les résections sous-périostées. Les connaissances anatomiques et physiologiques firent progresser la pathologie osseuse.

Vers la même époque où Moreau pratiquait les résections, on admettait déjà avec Du Hamel1'1 que le périoste est l’agent de reproduc-

tion du tissa osseux, que cette membrane, après les fractures, s’enflamme, s’interpose entre les fragments, se transforme en cartilage puis en tissu osseux. C’était une manière d’expliquer la formation du cal dans les fractures. Pour Bichat, toutes les parties de l’os divisé concouraient à la formation du cal. Dupuytren , en 1812, confirmait les idées de Du Hamel et admettait deux cals, l’un provisoire, l’autre définitif. En 1 8 1 6 , Cruveilhier admettait que le périoste sert à la formation du cal, ainsi que les parties molles. Malgaigne, plus tard, soutint qué le cal était dû à l’épanchement d’une lymphe plastique, secrétée probablement par le tissu médullaire et par le périoste, peut-être aussi par les surfaces fracturées.

La voie était déjà bien ouverte aux travaux futurs de Flourens sur le périoste.

Un autre chirurgien, Gerdy(1), étudiant la structure des os, avait décrit le premier, et cela d’une manière précise, les canalicules des os, et il admit plus tard quatre espèces d’ostéite, basées sur les modifications de l'état anatomique des os. Mais il y a autre chose que des inflammations dans les maladies osseuses; on y a trouvé toutes les lésions pathologiques. En 1812, Léveillé décrivait la phtisie des os12; : en 1816, Delpech en décrivait les tubercules dans son Précis élémentaire des maladies réputées chirurgicales, travail repris par A. Nélaton en i836, dans sa thèse inaugurale. Toutes les diathèses marquèrent leur empreinte dans la pathologie osseuse.

Lorsque Flourens, en i84o-i84i, fit connaître ses travaux sur le développement des os, il sanctionna en partie les idées de Du Hamel sur le périoste, et dès lors les résections rentrèrent dans la chirurgie courante. En 1 855 , Baudens pratiquait la résection de la tête de l’humérus en conservant le périoste, et il fit quatorze fois cette opération en Crimée Pi.

Mettant à profit les opinions de Du Hamel et les travaux de Flourens sur le périoste, Ollier, deLyon, en i858, fit sur les animaux des

I Gerd.v- Pt-yâologie médicale, i83o, p. 4o5. — <!> Léveillé, Nouvelle doctrine chirurgicale, t. IV, p. 3 10. — (3) Gazette médicale , i855, n“ 1 x et i5.

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