‹ Centenaire de la Faculté de médecine de ParisChapitre 119 sur 146 · ÉVOLUA · texte numérisé non relu

ÉVOLUA

expériences qui démontrèrent la reproduction artificielle des os par le périoste, et il fit connaître le résultat de ses expériences dans son Traité expérimental clinique de la régénération des os et de la reproduction artificielle du tissu osseux (1867).

Lannelongue, de son côté, fit, soit seul, soit en collaboration avec quelques-uns de ses élèves, des travaux originaux sur la pathologie osseuse, — en 1879, sur l’Ostéomyélite chronique ou prolongée, et sur l’Ostéomyélite pendant la croissance, — en 1886, sur la Coxotuberculose, — en 1888, sur la Tuberculose vertébrale, — en 1891, sur les Affections congénitales, etc. En un mot, la pathologie osseuse n’est point restée en arrière dans l’évolution de la chirurgie.

Le traitement des fractures subit des modifications. Destinés à maintenir les fragments dans un rapport aussi complet que possible, les appareils ont pour but de s’opposer aux déplacements, d’agir par une compression méthodique pour maintenir les os dans leur position normale et les immobiliser. Pour les fractures des os longs, on se servait d’attelles et de coussins. L’appareil de Scultet (dont le véritable nom est Schultzeil;) était le plus souvent utilisé pour les fractures des os du bras, de la jambe ou de la cuisse. On le perfectionna. Pour les fractures du membre inférieur, Desault, Boyer, Velpeau, Jobert, etc. firent l’extension continue, et le nombre des appareils est considérable. Chaque chirurgien apporta des modifications, en vue d’éviter le raccourcissement du membre et les plaies du talon. Les gouttières en bois, en fer-blanc, employées autrefois par Paré et d’autres chirurgiens , ont été remplacées par des gouttières en fil de fer, ou gouttières métalliques, convenablement matelassées, qui s’appliquent également dans les fractures du membre supérieur et du membre inférieur.

“> Ni à Ulm , il exerça la médecine de 1 6a5 à i645:

Pour éviter les appareils lourds de Scultet, H. Larrey proposa en i832 les bandages inamovibles. Il remplaça les attelles par des fanons de paille, convenablement disposés. Il rendait son appareil inamovible en enduisant les pièces de pansement d’un liquide agglutinatif, composé d’eau-de-vie camphrée, d’extrait de satume et de blancs d’œufs. L’idée étant donnée, elle fit du progrès. On perfectionna l’appareil; Seutin, à Bruxelles, remplaça la mixture de Larrey par la colle d’amidon ( 1 8 3 4 ) ; Velpeau employa la dextrine ( 1 8 3 7 ) ; Laugier, le papier collé (i838). Les appareils plâtrés nous sont venus de l’étranger, et les appareils silicatés sont abandonnés pour ces der-

Pour prévenir les déplacements, ou pour y remédier, Malgaigne imagina les griffes à pointe métallique (1837), maintenues dans un arc spécial. Ollier, B. Anger modifièrent encore cet appareil.

Baudens, en i84o(1), avait employé la suture pour immobiliser les fragments dans une fracture compliquée du maxillaire inférieur. Avec l’antisepsie, cette opération donna de bons résultats.

Malgaigne, dans son Traité des fractures et des luxations, paru de 1847 à i854, a laissé un modèle d’érudition dont la chirurgie française a le droit d’être fière. Il a tout soumis à une critique impartiale, et s’il n’a rien innové, il a rendu à chacun le mérite qui lui était dû.

La section des os avait été pratiquée dans l’antiquité pour remédier aux cals vicieux après la consolidation des fractures. Cette opération était tombée dans l’oubli, lorsqu’un chirurgien français, Lemercier, en 181 5, scia les deux fragments du tibia '-'L Clémot, de Rochefort, l’imita l3). Us eurent des succès, mais ils opérèrent quelques mois seulement après la réduction de la fracture, quand la consolidation n’était pas encore parfaite.

Quant à l’ostéotomie pour le traitement des ankylosés coxo-femorales, elle est d’origine américaine.

(1) Gazette des hôpitaux , i84o,p. 249. — (î) Gazette de santé, i8i5, p. 7$. — P) Gazette des hôpitaux , i836, p. 249. (Mémoire présenté à l’Académie de médecine, le 24 mai i836.)

ÉVOLUTION

J. -Lucas Championnière® a apporté une importante modification dans le traitement des fractures, par le massage et la mobilisation. Il fait ainsi disparaître la douleur, l’œdème, les indurations, hâte la résorption des ecchymoses et ramène plus promptement l’activité musculaire.

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