MALADIES DES ARTICULATIONS
Le traitement des maladies articulaires entra, avec le xix° siècle, dans une période de progrès. Toutes les luxations ont été étudiées de nouveau par les chirurgiens français, et une partie de leurs travaux a été contrôlée par Malgaigne. Les traitements ont subi des modifications selon que l’on a affaire à des luxations traumatiques, ou à des tumeurs blanches, ou à des déviations.
Pour les premières, on a cherché à remplacer les procédés de violence par les procédés de douceur, les tractions forcées par les tractions méthodiques réglées par le dynamomètre ou par les bandes ou les tubes de caoutchouc (Legros et Anger). L’anesthésie a été un puissant auxiliaire. Grâce à l’antisepsie, on a pu ouvrir les articulations et réduire à ciel ouvert.
Si les tumeurs blanches étaient connues depuis longtemps, ce n’est guère que depuis les importantes recherches de Richet, en i844(2), que leur pathologie a été bien étudiée. Son Mémoire®, couronné par l’Académie de médecine, constitue la plus précieuse monographie. On cessa de considérer les articulations comme une sorte d’arche sainte à laquelle on ne pouvait toucher : on les vida avec l’aspirateur capillaire; on y fit des injections vineuses, alcooliques, iodées. Chassaignac y introduisit son tube à drainage, et aujourd’hui on ne se contente plus de la ponction sous-cutanée, on ouvre largement,
w Lucas Championnière, Traitement îles (S) Annales de la chirurgie française et étrun- { vol grf in-8°. 9 9 J « Mém. de VAcad. de m
néd., i853,t.:
on fait des lavages antiseptiques et on obtient des succès remarquables.
De toutes les lésions articulaires chroniques, celles du genou et celles de la hanche étaient les plus fréquentes. La coxalgie attira plus spécialement l’attention des chirurgiens. J.-L. Petit, dès 1722, avait exactement décrit la coxalgie et sa pathogénie. Un médecin de Caen, Lesauvage, en 1 835, publia, le premier, dans les Archives de médecine, un Mémoire historique sur les luxations dites spontanées ou consécutives, et en particulier sur celles du fémur'l!. Bonnet, à Lyon, fit depuis i84o des études patientes et expérimentales sur la nature, l’étiologie de ces affections articulaires, et son travail fut une révolution dans le traitement de la coxalgie. Son Traité des maladies des articulations, paru en i845, est une œuvre magistrale.
Bonnet porta aussi son attention sur les ankylosés et se contentait du procédé de Verduc, qu’il perfectionna.
Dieffenbach , s’inspirant des essais faits en F rance , n’avait pas reculé devant le redressement brusque. Il fut imité par Palasciano, de Naples, et Bonnet, enhardi par l’emploi des anesthésiques, porta la méthode au plus haut degré de perfection.