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ORTHOPÉDIE

Ce n’est qu’au xixc siècle que l’orthopédie scientifique a commencé en France. On avait fondé des établissements orthopédiques aux portes de Montpellier, de Lyon et de Paris : on conseillait la gymnastique; on appliquait les appareils et on était ainsi arrivé jusqu’à i83o sans avoir fait aucun progrès sensible. L’Académie des sciences mit au concours la question des difformités, et en 1837 elle accorda un prix

'l) Archives générales de médecine , novembre i83

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de 10,000 francs à Jules Guérin, et un autre de 6,000 francs à Bouvier, agrégé de la Faculté. Mais ni l’un ni l’autre n’avaient pratiqué les opérations chirurgicales.

En 1816, Delpech, de Montpellier, avait fait avec succès la section du tendon d’Achille pour un pied-bot(1). En 1822, Dupuytren pratiqua la myotomie sous-cutanée du sterno-mastoïdien. Ce furent les deux premières opérations faites en France. N’en déplaise aux médecins étrangers, c’est en France que la section orthopédique des tendons et celle des muscles ont pris naissance : elles ont traversé le Rhin et ne sont revenues chez nous que onze ans après. En i835, Vincent Duval fit à Paris la première section sous-cutanée du tendon d’Achille, par le procédé de Stromeyer. En i836, Bouvier pratiqua la section sous-cutanée du sterno-mastoïdien et celle du tendon d’Achille, en ne faisant qu’une seule ouverture. J. Guérin les pratiqua l’année suivante, et, dès lors, la méthode rentra dans la chirurgie courante. On coupa le biceps, le demi-tendineux, le demi-membraneux, le droit interne , le couturier, le ligament latéral externe, le ligament latéral interne, et les fléchisseurs palmaires et plantaires, etc. Quant à la myotomie oculaire, elle est d’origine allemande, et c’est en i838 que Stromeyer fit ses premières ténotomies oculaires pour guérir le strabisme.

Bonnet, de Lyon, publia en i84i son Traité des sections tendineuses et musculaires, et le Traité des maladies articulaires. A Bouvier on doit de nombreux mémoires et travaux sur les maladies chroniques de l’appareil locomoteur, et à Vincent Duval le Traité pratique du pied-lot. Malgaigne, en 1860, voulut que l’orthopédie prît place dans l’enseignement officiel, et il l’enseigna à la Faculté.

Dans les hôpitaux de Paris, Bouvier, qui était agrégé et médecin des hôpitaux, fut chargé d’un service d’orthopédie. Quoique Jules Guérin n’appartînt ni à la Faculté, ni à l’Assistance publique, on lui confia un service orthopédique de douze lits à l’Hôpital des Enfants,

1"1 Delpech, Chirurgie clinique, t. I", p. 177.

service qu’on iui retira en i848. Vincent Duval fut alors chargé du service orthopédique des hôpitaux de Paris et donnait au Parvis Notre-Dame (Bureau central) des consultations qui étaient très suivies. Aujourd’hui tous les chirurgiens font de l’orthopédie; mais, à 1 Hôpital des Enfants, De Saint-Germain a institué un excellent service clinique, qui comble cette lacune de l’enseignement officiel qui est actuellement représenté par l’agrégé Kirmisson.

Quant à lostéoclasie, elle a pris naissance à l’étranger, ainsi que l’ostéotomie.

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