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MALADIES DU SYSTÈME RESPIRATOIRE

Avant la découverte de l’auscultation, les maladies de poitrine n’étaient diagnostiquées que par la symptomatologie. Portai121 établissait

dix variétés de phtisie pulmonaire, qu’il désignait sous les qualifications de scrofuleuse, pléthorique, exanthématique, catarrhale, asthmatique, arthritique, scorbutique, vénérienne, nerveuse et par suite de couches. Bayle(I), en 1810, élimina de cette maladie les lésions qui ne lui appartenaient pas : il en donna une description très exacte et la divisa en six espèces : tuberculeuse, granuleuse, mélanique, ulcéreuse, calculeuse et cancéreuse, d’après les lésions anatomiques. Il subdivisait la phtisie tuberculeuse en trois variétés, selon que le tubercule était dur, mou ou fondu.

La découverte de l’auscultation et la publication du livre de Laënnec121 ont singulièrement éclairé la pathologie des organes respiratoires et en ont facilité le diagnostic. Laënnec considéra le tubercule comme une sorte de corps étranger, opinion que combattit Broussais, qui ne voyait dans le tubercule qu’un produit de l’inflammation. Immédiatement après l’apparition du livre de Laënnec paraissaient les travaux de Bayle sur l’œdème de la glotte, de Laënnec sur l’emphysème pulmonaire, sur la gangrène du poumon, sur la dilatation des bronches. Les travaux de Louis131, d’Empis(i), d’Hérard et Cornil151, etc. , apportèrent une importante contribution à l’étude de la phtisie, surtout au point de vue anatomo-pathologique. Mais la découverte la plus importante fut celle de Villemin, qui, le 5 décembre i865 , exposait à l’Académie de médecine ses expériences sur l’inoculabilité de la tuberculose et sur sa spécificité, et qui publia, en 1868, ses Études sur la tuberculose, œuvre magistrale, qui ne fut d’abord accueillie qu’avec réserve. Trois ans après, Chauveau démontrait la transmission de la tuberculose par les voies digestives, et, en 1878 et 1882, Giboux(6) établissait sa contagiosité par les voies respiratoires. Le danger des crachats des phtisiques en était la conséquence,

(1) Bayle, Recherches sur la phthisie pulmo-

(S) Louis , Recherches anatomico-palkologiqaes

leuse, i865. 9 9 ***

(5> Hérard et Comil, De la phthisie pulino-

1878] 22 mai 1882.

ÉVOLUTION

Toutefois la bactériologie ouvrait un nouvel horizon. En 1880, Bouchard1'1 supposa l’existence d’un microbe, et il démontra que la théorie parasitaire est l’hypothèse la plus vraisemblable. Mais c’est un allemand, Koch, qui découvrit ce bacille, qui l’isola, le reproduisit par inoculation , en suivant les procédés de Pasteur.

Quant à l’opinion émise sur la contagion de la phtisie, elle n’est pas nouvelle. Fracastor(2), mort en 1 553 , a écrit que la contagion peut se faire par la cohabitation, par les vêtements, même après deux ans, par les draps du lit, etc. C’est la découverte du bacille qui a démontré expérimentalement les faits annoncés par Villemin.

Dès lors, les maladies du poumon ont été divisées en maladies bacillaires et maladies non bacillaires. L’examen microscopique des crachats a fait donner une grande précision au diagnostic et au pronostic des affections pulmonaires. Ces questions sont magistralement traitées dans le livre que vient de publier Straus, sur La tuberculose et son bacille®.

Les épanchements pleurétiques ont également bénéficié de ces procédés d’investigation. La pleurésie séro-fibrineuse avait été décrite par Laënnec : la pleurésie purulente l’avait été par Bayle. De nos jours, on a étudié d’autres variétés, telles que la pleurésie hémorragique, la pleurésie infectieuse, et c’est la bactériologie qui est venue en aide au médecin. La thérapeutique médico-chirurgicale s’est enrichie de procédés nouveaux pour l’évacuation du liquide épanché dans les plèvres, et les aspirateurs de Dieulafoy et de Potain ont laissé biën loin la canule de Reybard et sa baudruche. Les inflammations de la séreuse pleurale ont été traitées comme celles de quelques autres séreuses, par l’évacuation du liquide et par des injections médicamenteuses.

C’est la thèse d’Itard, en i8o3, qui contient le premier travail sur le pneumothorax.

eomm curation, lib. Il, cap. ix. — m Paris, i vol. in-8‘ de 900 p. et 72 fig. i895.

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