‹ Centenaire de la Faculté de médecine de ParisChapitre 125 sur 146 · MALADIES MENTALES · texte numérisé non relu

MALADIES MENTALES

Bien que l’enseignement officiel des maladies mentales ne remonte qu’à 1879, cette branche de la médecine était dignement représentée par des praticiens qui se nommaient Pinel, Esquirol, Leuret, Foville, Falret, Voisin, Baillarger, Calmeil, Delasiauve, Lasègue, Moreau (de Tours), Marcé, Legrand du Saulle, Bail, pour ne parler que de ceux qui ne sont plus.

Au point de Vue humanitaire, Pinel a fait ùne révolution. Il est le premier qui ait montré des sentiments affectueux pour ses malades, qui les ait délivrés des chaînes, des saignées obligatoires et de la

Pinel établit : i° que la folie proprement dite est absolument distincte du délire des maladies aiguës; 20 qu’il n’y a pas de lésions anatomiques dans la folie, mais que celles qu’on rencontre parfois sont les conséquences et non les causes de la folie; 3° que le grand remède c’est l’isolement et que les autres moyens ne sont qu’accessoires; 4° que l’aliéniste doit appliquer aux lésions de l’entendement les procédés habituels de l’observation médicale.

A la manie, la mélancolie, la démence, formes généralement adoptées, Pinel joignit l’idiotisme. Esquirol, son élève, y ajouta la monomanie. et la manie.

A côté de la lésion cérébrale on a étudié l’influence des affections des autres organes sur les troubles de l’esprit, telles que les pertes séminales, la puerpéralité, les affections utérines, certaines lésions intestinales, celles du foie, du cœur, les diathèses et principalement la diathèse syphilitique, certaines maladies aiguës, les altérations du sang, l’alcoolisme, les intoxications, etc.

™ PineL Traité médico-phiksopkitine sa r l'aliénation mentale, a' éd., 1809, p. 201, 3i8. Les

ÉVOLUTION. 509

Au nombre des maladies mentales étudiées par les aliénistes français , se trouve la paralysie générale , entrevue par Esquirol en 1 8 1 4 , qui ne voyait dans cette affection que les lésions des mouvements. En 1.820, Georget la désigna sous le nom de paralysie musculaire chronique. En 1822, Bayle appela l’attention sur les attaques de congestion cérébrale et sur les idées ambitieuses, avec paralysie. Il appartenait à Baillarger de donner à cette maladie le nom quelle porte aujourd’hui et de lui assigner une place dans la pathologie mentale, sous le nom de Paralysie générale des aliénés1'1.

Moreau (de Tours) n’admettait aucune distinction radicale entre le délire et la folie; Lasègue, en 1862 , a détaché le délire de persécution du groupe déjà si vaste de la mélancolie. On a créé d’autres variétés nombreuses, telles que la folie circulaire, la folie émotive, la folie lucide (Trélat) la folie goutteuse (Berthier), la folie morale, la folie paludéenne, la folie raisonnante, la folie syphilitique, les exhibitionnistes, etc.

Aux classifications fort incomplètes de Pinel, d’Esquirol, on a ajouté les formes délirantes se rattachant aux névroses convulsives, à l’alcoolisme, aux grandes diathèses, à l’hérédité.

Actuellement le courant porte à rechercher les lésions physiques qui produisent les maladies mentales.

1869. ? V P T'my

Page 1