MALADIES DES VEUX
L’enseignement officiel à la Faculté ne date que de 1879. Sichel avait fondé, dès i836, une clinique gratuite pour les maladies des yeux, qui lui attira promptement une grande réputation. Desmarres, son élève, continua l’enseignement clinique libre, et publia, de i854 à l858, son Traité théorique et pratique des maladies des yeux.
L’enseignement de l’ophtalmologie à la Faculté rentrait dans le programme du cours de pathologie chirurgicale ou bien dans celui de clinique chirurgicale. Velpeau, en i84o, avait publié un Manuel pratique des maladies des yeux. En ophtalmologie, on piétinait, pour ainsi dire, sur place, lorsque Helmoltz inventa, en 1 85 1 , l’ophtalmoscope, qui lit faire un pas immense à la pathologie oculaire. Follin, à Paris, fit connaître les précieux usages qu’on pouvait tirer du nouvel instrument; il le perfectionna avec Nachet, et lui donna ses lettres de naturalisation, en i852. L’ophtalmoscope fit timidement son apparition dans les cliniques particulières, et, en 1 858 , Follin fit, à l’hôpital de la Charité, des leçons sur l’application de l’ophtalmoscope au diagnostic des maladies des yeuxw. Foucher, Cusco et Panas ont continué cet enseignement complémentaire, jusqu’à la création de la chaire de clinique ophtalmologique.
ÉVOLUTION
Avant l’emploi de l’ophtalmoscope , on diagnostiquait facilement les maladies de l’œil externe, mais on n’avait que des idées vagues sur les maladies profondes. Cet instrument a permis de faire le diagnostic des altérations des milieux transparents de l’œil, et de perfectionner celui des membranes superficielles. On a pu préciser les lésions des membranes profondes, de la choroïde, de la rétine, du nerf optique, etc., saisir les lésions au début et y porter remède. Bouchut s’en est servi, en 1 866 , pour établir la relation existant entre les maladies du cerveau et de la moelle et les lésions du nerf optique, de la rétine, de la choroïde11'. Ces recherches ont été continuées par Galezowski. Une découverte comparable à celle de l’ophtalmoscope, quoique d’une importance moindre, est celle de la kératoscopie ou skiascopie, due à Cuignet, ancien médecin principal de l’armée et professeur à la Faculté de médecine de Lille. La kératoscopie, expliquée et perfectionnée par Leroy et Parent, rend très simple et très facile le diagnostic des vices de réfraction de l’œil, myopie, hypermétropie, astigmatisme, et la détermination des verres de lunettes appropriés à ces divers états.
Si l’iridectomie vient d’Allemagne (Wenzel), l’opération de la cataracte par extraction est d’origine française, et c’est Daviel qui l’érigea en méthode (1745).
Au commencement de ce siècle, on était revenu à l’opération par abaissement, et Dupuytren n’opérait pas autrement. Laugier, Jobert, Velpeau, Lenoir suivaient son exemple. Boyer, Roux faisaient l’extraction qui, aujourd’hui, est la méthode universellement adoptée, et qui a subi quelques modifications quant à l’incision de la cornée, qui peut être divisée dans sa partie inférieure (Daviel) , ou obliquement en bas et en dedans (Wenzel) ou à lambeau supérieur (Richter). C’est ce dernier lambeau que tous les oculistes pratiquent actuellement.
C’est à Laugier que l’on doit le rappel du procédé d’extraction par succion ou par aspiration (1847), procédé déjà connu des Arabes
111 Bouchut, Du
(Razès, Abulcasis) , très perfectionné de nos jours par l’emploi de divers appareils, de l’aspirateur de Rédard, en particulier.
L’ophtalmoscope a rendu beaucoup plus facile et plus complet le diagnostic des cataractes et de leurs diverses formes; d’autre part, le perfectionnement des instruments, des procédés opératoires et des modes de pansement, a donné à l’opération une sécurité presque absolue.
Landouzy père a signalé, en i84g, l'affaiblissement de la vue dans l’albuminurie111; depuis cette époque, la découverte de l’ophtalmoscope a rendu beaucoup plus précoce dans certains cas le diagnostic des néphrites et du diabète, et il a notablement éclairé le pronostic de ces affections.
L’examen du nerf optique à l’ophtalmoscope joint à l’examen fonctionnel (acuité visuelle, champ visuel, sens des couleurs) a apporté de même une large contribution à l’étude des maladies de la moelle et du cerveau. Une grande partie de ces travaux est due à Charcot et à son école (amblyopie hystérique, hémianopsie, migraine ophtalmique).
L’opération du strabisme, si fréquente aujourd’hui, ne date que de ce siècle (Stromeyer, Diffenbach, 1839). Jules Guérin a été le promoteur de la ténotomie.
Les opérations pratiquées sur les paupières datent presque toutes du xix' siècle. Tout récemment, Paul Berger a repris avec succès et perfectionné la blépharoplastie par la méthode italienne.
Les maladies de la conjonctive ont été éclairées par les recherches bactériologiques, en particulier la conjonctivite diphtéritique (Sourdille).
Il faut encore signaler les travaux récents sur les sinus de la face, en particulier ceux de Panas et de ses élèves sur l’empyème des sinus frontaux.
(1) Landouzv, De V affaiblissement de la vue comme Reims,. i84g.
symptôme initial de la néphrite albumineuse.
ÉVOLDTION.