MALADIES DES OREILLES
Les maladies des oreilles n’étaient pas étudiées dans le siècle précédent. Nommé en 1800 médecin de la Maison des sourds-muets, Itard est le premier en France qui ait porté son attention sur les maladies de l’oreille, et son Traité (1), publié en 1821, a ouvert la voie. Ménière, Deleau, Triquet, Bonnafont, Miot, Duplay, etc., ont continué à cultiver cette branche de la pathologie, et des instruments spéciaux, le spéculum auris, l’otoscope, les miroirs réflecteurs, ont permis d’apporter de notables perfectionnements à la précision du diagnostic des maladies de l’oreille externe et de l’oreille moyenne, d’instituer des traitements appropriés et d’étudier les conséquences de ces maladies sur les autres fonctions.
Au commencement du siècle, Sabatier reconnut sur le cadavre la possibilité d’injecter les trompes par les narines. L’opération se fit, timidement d’abord, et aujourd’hui elle constitue une des opérations courantes de la pathologie auriculaire, et, grâce à elle, on fait des douches d’air ou de liquides médicamenteux. On est allé plus loin encore : Itard, Bonnafont, Miot, S. Duplay, etc., ont pratiqué avec des bougies la dilatation de la trompe. L’agrégé Ménière s’occupa des maladies du labyrinthe: il décrivit une otite labyrinthique, appelée aujourd’hui maladie de Ménière, et qui simule la congestion cérébrale apoplectiforme121.
L’invention des instruments nouveaux pour le diagnostic des maladies du larynx permit d’examiner l’ouverture de la trompe d’Eustache et d’expliquer certaines surdités dont la cause restait inconnue. Le laryngoscope, le rhinoscope, donnèrent l’explication de phénomènes qu’on attribuait exclusivement au lymphatisme, et les tumeurs
Itard, Traité des maladies de Y oreille et de {i) Bail, de l’Académie de médecine, 1861,
adénoïdes du pharynx nasal prirent alors leur place dans la patho-
Avec le laryngoscope, on peut aujourd’hui étudier le mécanisme de la voix, reconnaître les polypes du larynx dès leur début, les attaquer ensuite, soit avec l’instrument tranchant, soit par les caustiques ou par le thermo-cautère.
C’est à la chirurgie française, c’est à l’influence de l’enseignement de Nélaton , qu’il faut attribuer la plus grande part des progrès accomplis dans l’étude et le traitement des polypes naso-pharyn-
ÉVOLUTION