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MALADIES CUTANÉES

Avant l’enseignement officiel de la Faculté, les maladies cutanées, comme les maladies syphilitiques, recevaient un enseignement clinique libre, et la demande de la commission nommée en i83o était restée sans effet. C’est à l’hôpital Saint-Louis , aux cours cliniques d’Alihert, de Bazin, Devergie, Cazenave, Hardy, Besnier,Laillier, etc., que les étudiants s’initiaient à la connaissance des maladies cutanées.

En 1798, on suivait la classification de Willan, qui partageait les maladies en huit classes. Alihert a pris pour base de sa classification , non pas un seul caractère, la lésion initiale, mais la réunion des caractères principaux de l’affection, caractères empruntés à la lésion, à la cause, à la marche, à la gravité. Il fit l’arbre des dermatoses111. Bazin, qui passa sa vie médicale à l’hôpital Saint-Louis, et qui, concurremment avec Hardy, a enseigné avec tant de succès la dermatologie à plusieurs générations de médecins, s’appuyait sur des opinions doctrinales à peu près semblables à celles de ce dernier, mais s’en séparait pour quelques détails. Bazin divisait les maladies cutanées en deux classes, fondées sur l’étiologie, et reconnaissait des affections de cause externe (parasitaire ou autre), et des affections de cause interne (fébriles, diathésiques), et, en second lieu, des difformités

ÉVOLUTION

cutanées!'1. On sait les services immenses que Bazin a rendus en appelant l’attention sur les diathèses, question si importante dans la pathologie générale, et en précisant la nature des teignes (i854).

Hardy a partagé les dermatoses en dix classes et s’est plus particulièrement appuyé sur la physiologie1'21. Il professait qu’on étendait peut-être un peu trop le cercle des maladies parasitaires, et il s’attachait d’abord à déterminer la nature de l’éruption.

Depuis une trentaine d’années, l’étude des maladies de la peau est entrée dans une voie nouvelle, par suite des travaux histologiques. La connaissance des microbes a fait ranger dans le parasitisme beaucoup de maladies dont l’origine était méconnue. L’enquête faite sur la lèpre par Zambaco-Pacha, ancien chef de clinique de la Faculté de Paris, a prouvé sa véritable nature131.

Mais voici que, en dehors du microbe pathogène, un nouvel élément étiologique vient de se révéler. Les travaux de Charcot, Vulpian, Brown-Séquard, etc., ont démontré l’influence du système nerveux sur la production de certaines maladies cutanées151, et les dermatologistes ont admis une classe nouvelle, les dermato-névroses, les tropho-névroses, sous l’influence des nerfs vaso-moteurs. La maladie décrite par Maurice Raynaud Sous la désignation de asphyxie locale des extrémités est due à un spasme des nerfs vaso-moteurs*51.

Quant au traitement, il est subordonné à la cause, et si beaucoup de médicaments nouveaux encombrent les formulaires, ce ne sont en général que des agents microbicides.

L’étude des maladies cutanées est entrée dans la période vraiment scientifique.

<’> Hardy, Traité pratique et descriptif des

l’I ZambaJ! Voyages chez les lépreux , 1 89 1 . — La lèpre dans le midi de la France, 1893. —

Bull.de VAcad. de méd., 1893, t. XXIX, p.5o4.

(4) Journal de physiologie de l'homme et des animaux, 1869, t. II, p. 108.

W Raynaud, De l'asphyxie locale et de la gangrène symétrique des extrémités, 1862, Th.

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