‹ Centenaire de la Faculté de médecine de ParisChapitre 136 sur 146 · THÉRAPEUTIQUE CHIRURGICALE · texte numérisé non relu

THÉRAPEUTIQUE CHIRURGICALE

La thérapeutique chirurgicale s’est considérablement enrichie à l’école française depuis un siècle. Il faudrait un volume entier pour exposer les progrès accomplis à l’école de Paris et dans les autres Facultés. Nous nous contenterons d’un aperçu sommaire, fait, pour ainsi dire, à vol d’oiseau et en suivant autant que possible l’ordre topographique. Une partie considérable a été traitée à l’article des Pansements(1); toutefois il est bon de rappeler les principales conquêtes faites par nos chirurgiens.

Pour les affections osseuses *2), signalons les résections, les désarticulations des bras, par les procédés de Dupuytren, de Lisfranc, de Larrey, les amputations tarso-métatarsiennes, par les procédés de Chopart et de Lisfranc, les amputations médio-tarsiennes, par les procédés de Chopart et de Sédillot, les amputations sous-astragaliennes, par les procédés de Malgaigne, de Verneuil, les amputations tibiotarsiennes de Le Fort, les amputations inter-scapulo-thoraciques de Berger et Farabeuf.

Ollier, de Lyon , mérite de figurer ici pour ses travaux sur les résections osseuses.

A Roux nous devons la staphylorraphie; à Trousseau, la vulgarisation de la trachéotomie.

Voir II* partie, ch.

La région sous-diaphragmatique est celle qui a le plus profité de l’habileté et de la sagacité de nos chirurgiens.

Jobert a proposé et exécuté, le premier, l’adossement des séreuses dans les plaies intestinales. Lembert a imaginé la suture qui porte son nom. La gastrostomie a été pratiquée par Sédillot et l'estomac a été incisé, amputé partiellement par Labbé.

Les conduits biliaires ont été incisés, évacués par Terrier, par Tillaux, qui ont pratiqué avec succès la cholécystotomie.

L’entérotomie a été pratiquée par Dupuytren, et son procédé a été modifié par Nélaton, Richet, Denonvilliers et Malgaigne.

La cure radicale des hernies, tentée par Gerdy, est devenue une opération courante depuis les travaux de J.-Lucas-Championnière.

Amussat a pratiqué l’anus artificiel et a donné son nom à son procédé.

Dans la procidence de la muqueuse anale, Dupuytren a fait l’excision des plis intestinaux; Robert a imaginé un procédé spécial d’anorraphie.

Si l’extirpation de la rate a été faite à l’étranger au xvne siècle, cette opération était tombée dans l’oubli ; elle a été pratiquée de nouveau en 1867 par Kœberlé et par Péan, qui a obtenu un nouveau succès en 1876.

Chassaignac a enlevé les hémorroïdes et incisé les fistules rectales avec son écraseur.

Rreschet avec ses pinces, Vidal avec ses fils métalliques, Ricord avec son serre-nœuds, ont tenté la guérison du varicocèle.

Jobert, le premier, a traité avec succès les fistules vésico-vaginales.

L’aspiration pneumatique est d’origine française. Gabriel Pelletan avait présenté en i83i, à l’Académie de médecine, un trocart pneumatique pour l’évacuation des épanchements pleuraux. On l’oublia vite. Plus tard, Jules Guérin inventa le trocart à robinet; c’est en 1869 que Dieulafoy présenta à l’Académie de médecine l’aspirateur qui porte son nom, et qui a été modifié, perfectionné non seulement pour F évacuation des liquides , mais aussi comme moyen de diagnostic.

ÉVOLUTION

Les maladies des yeux, des oreilles, du nez, du larynx, ont avantageusement profité des travaux de Panas, de Duplay, de Tillaux.

Il n’est aucune partie de la chirurgie sur laquelle ne se soit montrée la sagacité de nos chirurgiens, auxquels on pourrait appliquer le vers d’Horace :

Nil intentatum nostri reliquere . . .

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