LABORATOIRES
La création de laboratoires à la Faculté de médecine est ancienne, l’article 36 du règlement du i4 messidor an iv (2 juillet 1796) avait prescrit la création de laboratoires pour exercer les élèves aux opérations chimiques et pharmaceutiques. Ce laboratoire n’existait que de nom, quand le 10 décembre 1847, sur Ie rapport de Dumas, le Ministre de l’instruction publique, Salvandy, institua un laboratoire de physique et de chimie; un Chef des travaux chimiques fut mis à la tête de ce laboratoire. Cette place, supprimée le i4 février 1861, fut rétablie en 1869.
Lorsque Rayer, en 1862 , fut nommé professeur de médecine comparée et doyen de la Faculté, il profita de son influence auprès du chef de l’Etat pour demander la création d’un laboratoire de médecine comparée et d’un laboratoire d’histologie, et un arrêté du 24 mars 1 863 lui accorda un crédit de 2,3o3 francs pour l’acquisition du mobilier scientifique.
En 1868, le professeur Lorain, qui avait été chargé d’une mission à l’étranger pour étudier certaines parties de l’enseignement de la médecine, avait publié le résultat de ses observations, et avait demandé la création de laboratoires de clinique®. Le 12 avril 1869, le doyen Wurtz adressait au Gouvernement un rapport à ce sujet, mais sa demande rencontra dé l’opposition de la part du directeur de l’Assistance publique, Husson. Si l’administration hospitalière tenait à être maîtresse chez elle, on rencontra plus de bienveillance de la part du
Conseil municipal qui, le 3o juillet 1869, avançait un crédit de i4,6g5 francs pour l’installation à l’Ecole pratique de deux laboratoires, l’un de micrographie, l’autre de pathologie comparée, laissant au Ministère le soin de fournir le reste.
Toutefois la Faculté ne se tint pas pour battue. Après les événements désastreux de 1870-1871, elle reprit son projet et ne trouva pas chez le nouveau directeur de l’Assistance publique, Môring, la même opposition que chez son prédécesseur. Le i4 décembre 1872, l’Assemblée nationale consacra la création de laboratoires annexés aux cliniques de la Faculté, et le i4 mars 1873, le Ministre de l’instruction publique, Jules Simon, rendit l’arrêté suivant :
Art. 1". Il est institué un laboratoire dans chacun des hôpitaux de Paris, où la Faculté possède un enseignement clinique (Hôtel-Dieu, Charité, Pitié, Cliniques).
Art. 2. Chaque laboratoire aura un chef qui sera nommé par le Ministre, sur la présentation des professeurs de l’hôpital auquel il devra être attaché.
Art. 3. A l’Hôtel-Dieu et à la Charité, il y aura en outre un préparateur de chimie, placé sous les ordres du Chef de jAboratoire.
Les préparateurs seront nommés dans la même forme que les Chefs de labora-
Art. 4. Le traitement des Chefs de laboratoire est fixé à 2,4 00 francs par an ; celui des préparateurs à 1 ,800 francs.
Ces traitements sont soumis à la retenue pour la pension de retraite.
L’Assemblée nationale avait voté une somme de 3o,ooo francs pour la création de ces laboratoires.
Pour les travaux d’anatomie pathologique, la Faculté désigna les agrégés Liouville pour l’Hôtel-Dieu, Corail pour la Charité; pour les travaux chimiques, elle désigna Hardy pour l’Hôtel-Dieu, Daremberg pour la Charité et Hybord pour les Cliniques.
A côté des chaires il fut établi des laboratoires d’enseignement, d’expériences et de recherches. Le 21 octobre 1874, il était alloué 16,000 francs pour douze laboratoires.
Il n’y avait rien de commun entre ces laboratoires et les laboratoires de clinique.
ORGANISATION
Le 21 mars 1878, un règlement, signé du ministre Bardoux, établit les attributions du personnel :
Art. 1er. Les laboratoires des cliniques médicale et chirurgicale sont institués pour faire les recherches microscopiques, chimiques, physiologiques et physiques
Art. 2. Le personnel comprend :
Un Chef de laboratoire, à a,4oo francs;
Un Chef adjoint chargé des travaux chimiques;
Deux aides de laboratoire, attachés spécialement, l’un à la clinique médicale, l’autre à la clinique chirurgicale.
Ces fonctionnaires sont nommés par le Ministre pour trois ans, après avis de la Faculté, et les professeurs de clinique intéressés spécialement entendus.
Les fonctions de Chef de laboratoire sont incompatibles avec celles de médecin ou de chirurgien des hôpitaux.
Cette disposition n’aura pas toutefois d’effet rétroactif.
Art. 3. Le Chef de laboratoire est chargé de faire, avec l’assistance des aides du laboratoire, toutes les recherches anatomiques et histologiques réclamées par les
les pièces qui lui sont soumises. Il y consigne en détail les résultats des examens histologiques.
Il place le registre sous les yeux des professeurs toutes les fois que ceux-ci lui en font la demande.
Il tient également ce registre à la disposition du professeur d’anatomie pathologique de la Faculté, à qui il communique les pièces anatomiques jugées utiles à son enseignement.
Art. 4. Les autopsies sont faites et dirigées, après observation des formalités réglementaires, par les professeurs de clinique qui réclament, dans la mesure qu’ils jugent convenable, l’assistance du Chef de laboratoire et de ses aides.
Art. 5. L’exploration et l’analyse chimique des liquides provenant des services des cliniques sont faites par le Chef adjoint de laboratoire, chargé des travaux chimiques, lequel inscrit et catalogue le résultat de ses recherches sur un registre spécial tenu à la disposition des professeurs de clinique.
Art. 6. Le Chef de laboratoire, le Chef adjoint et les deux aides doivent se trouver au laboratoire de 8 heures et demie du matin à 1 1 heures, tous les jours, excepté le dimanche, sauf les cas où leur présence est réclamée pour une autopsie ou pour une leçon des professeurs. Hs doivent tenir prêtes les préparations pour
l’examen desquelles les professeurs se transporteraient au laboratoire ou dont ils demanderaient l’envoi à l’amphithéâtre des leçons.
Sur la demande des professeurs, le Chef de laboratoire et le Chef adjoint pourront être appelés à donner à l’amphithéâtre, devant les élèves, la démonstration de leurs préparations.
Aivt. 7. Le Chef de laboratoire et le Chef adjoint pour les travaux chimiques sont autorisés, en outre, à recevoir les pièces anatomiques et les liquides provenant des autres services de l’hôpital ou des hôpitaux voisins, et à les soumettre, après la
Actuellement il y a des laboratoires de clinique à l’Hôtel-Dieu, à la Charité, à Necker, à Saint-Antoine, à la Salpêtrière, à Saint-Louis, aux Enfants-Malades, à Sainte-Anne.
Les laboratoires d’enseignement sont ceux de pharmacologie, de physique, de chimie, de pathologie expérimentale, de pathologie générale, de thérapeutique, de médecine opératoire, d’anatomie, d’histoire naturelle, de tératologie, de médecine légale pratique et d’hygiène.