‹ Centenaire de la Faculté de médecine de ParisChapitre 76 sur 146 · FÊTES SOLENNELLES · texte numérisé non relu

FÊTES SOLENNELLES

Les fêtes-étaient nombreuses dans l’ancienne Faculté de médecine, mais la plus importante était la fête de saint Luc, patron des médecins, qui se célébrait en grande pompe le 18 octobre, jour de la rentrée des Écoles (1). Tous les docteurs régents, en grande robe rouge, les licentiandes, les bacheliers en robe noire, assistaient à une messe chantée en musique dans la chapelle de la Faculté; le 19, messe basse pour les docteurs décédés dans l’année. L’assistance était obligatoire. Cette coutume disparut avec l’ancienne Faculté.

La nouvelle École de santé voulut aussi avoir ses fêtes, mais elle leur donna un caractère patriotique, et la municipalité y participait. La première fête eut lieu le 3o mars 1798 dans l’édifice Sulpice, sous la désignation de Fête de la jeunesse. On y distribua des prix aux élèves de l’École pratique, et Alibert fut un des premiers lauréats. Un an après, le 3 o mars 1799, pour solenniser l’ouverture des cours d’été, on plantait un arbre de la liberté dans la cour de l’École, comme nous l’avons vu faire en i848.

La municipalité fut invitée à la cérémonie, qui eut lieu à dix heures du matin, et qui fut suivie d’un banquet fraternel, a douze francs par tête, à la maison Marigny, rue du Froid-Manteau.

Une délibération du 19 fructidor an vii (6 septembre 1799) établit que, chaque année, l’École tiendrait, pour l’ouverture de ses cours et

la distribution des prix de l’École pratique, une séance publique. La première séance solennelle eut lieu le 2 1 vendémiaire an vm (i3 octobre 1799) et le directeur de l'École, Thouret, prononça un discours faisant ressortir les' importantes modifications que subissait l’enseignement médical, les progrès qui devaient résulter de la « nouvelle chimie» due aux savants français, des recherches anatomopathologiques, de l’enseignement clinique. Il manifestait le désir de voir créer une chaire d’anatomie pathologique, d’augmenter le nombre des cliniques, à savoir : deux internes, deux externes, une de perfectionnement, une d’inoculation, une des maladies syphilitiques et une d’accouchements, augmentation nécessitée par l’accroissement du nombre des élèves qui s’élevait à plus de i,5oo.

Dans ce discours, Thouret a rendu un compte exact des premiers efforts tentés en vue d’améliorer l’enseignement de la médecine, de ce qu’il était naguère, de ce qu’il était actuellement et de ce qu’il devait être (i).

L’année suivante, le professeur Fourcroy faisait connaître, dans son allocution, les progrès accomplis et les améliorations réalisées depuis l’ouverture de l’École de santé31 et, en 1801, en présence du Ministre de l’intérieur Chaptal, Sabatier131 exposa les perfectionnements accomplis dans la médecine opératoire pendant le xvin' siècle. Il rappela que c’est à l’active philanthropie de Percy qu’on doit cette convention qui consiste à regarder les hôpitaux militaires comme des asiles sacrés, convention rajeunie et consacrée aujourd’hui sous la qualification de Convention de Genève.

Chaque année le président rendait compte des travaux accomplis dans l’École. A la séance du 2 4 novembre 1 808 , le professeur Richerand, dans son discours, ne se contenta pas de faire connaître les travaux de l’année; il inaugura cet excellent principe d’exprimer les regrets que laissaient les collègues disparus dans l’année. Plus tard, les membres de la Société de médecine eurent aussi leur place dans

ORGANISATION

les discours solennels, et enfin on fit l’éloge de quelques autres célébrités médicales. Le 18 novembre 1822, le professeur Desgenettes, dans son discours, prononça l’éloge de Hallé, mort quelques mois auparavant I!|. Des désordres eurent lieu, qui amenèrent la dissolution de la Faculté de médecine, par ordonnance royale du 2 1 novembre, et sa réorganisation le 2 février 1823®.

Ces séances solennelles étaient bonnes en elles-mêmes, car elles mettaient en présence maîtres et élèves, et elles fournissaient à un professeur l’occasion de faire l’éloge de ses collègues morts dans l’année et d’exposer publiquement l’état de la Faculté. Mais elles donnèrent quelquefois lieu à des désordres; la jeunesse, étant naturellement expansive, profitait de la circonstance pour saluer de ses applaudissements l’entrée de chaque professeur sympathique et pour manifester par un accueil plus que froid les ressentiments plus ou moins mérités contre tel ou tel professeur. C’était un thermomètre de popularité.

La séance de 1862, lors du décanat de Piayer, fut très orageuse. Des désordres analogues eurent lieu en i865, sous le décanat de Tardieu, qui avait perdu sa popularité à la suite du congrès de Liège, et ces solennités ont complètement disparu depuis 1866.

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