DENTISTES
Le 19 vendémiaire an iv (11 octobre 1795) Mahon, qui exerçait la profession de dentiste à Paris, adressa à l’assemblée des professeurs une pétition pour la création d’une chaire de maladies des dents. Sa demande fut rejetée.
Le 9 fructidor an xiii (26 août 1799) Laforgue, dentiste, avait présenté à l’assemblée des professeurs un mémoire demandant qu’un dentiste fût attaché aux hôpitaux. Il ne fut pas plus heureux que Mahon.
Parmi les chirurgiens qui, avant la Révolution , devaient subir leurs examens sous la présidence de docteurs régents, trois seulement
ORGANISATION
prirent les maladies des dents pour sujets de thèse (1). Avant le décret du 18 août 1792 qui supprimait les Universités et les Facultés, les dentistes étaient obligés de se faire recevoir au Collège de chirurgie et de prêter serment. Mais le décret du mois de mai 1791, qui proclamait la liberté de toutes les professions, affranchit les dentistes de toute espèce de tutelle : leur profession devint tout à fait libre et chacun put se proclamer dentiste, sans titre officiel et sans examen probatoire.
Cet état de choses dura jusqu’au 3o novembre 1892^', où fut promulguée la loi interdisant la profession de dentiste à toute personne non munie d’un diplôme de docteur en médecine, ou de chirurgiendentiste délivré à la suite d’examens subis devant un établissement d’enseignement supérieur médical de l’État.
Un décret du 28 juillet i8g3 fixa à trois ans la durée des études des étudiants aspirant au diplôme de chirurgien-dentiste. Ils doivent produire, pour prendre leur première inscription, soit un diplôme de bachelier, soit le certificat d’études prévu par le décret dû 3 o juillet 1.888, modifié par le décret du 3o juillet 1893, soit le certificat d’études primaires supérieures. Enfin, après la douzième inscription, ils subissent trois examens sur les matières suivantes : 1 " examen, éléments d’anatomie et de physiologie; anatomie ét physiologie spéciale de la bouche. — 2' examen, éléments de pathologie et de thérapeutique, pathologie spéciale de la bouche, médicaments anesthésiques. — 3’ examen, clinique, affections dentaires et maladies qui y sont liées, opérations. Exécution d’une pièce de prothèse dentaire. Les examens sont subis au siège des Facultés et Écoles de médecine où l’enseignement dentaire est organisé, devant un jury spécial, présidé par un professeur de Faculté de médécine. Les droits à payer sont de 3 o francs pour chaque examen, 20 francs pour chaque certificat et 100 francs pour le diplôme. .
La première session eut lieu à Paris le i4 mai 1894.