JARDIN BOTANIQUE
Aussi loin que nous puissions remonter dans l’histoire de notre Faculté, nous y trouvons l’existence d’un jardin botanique, bien primitif, il est vrai, et consistant, au xve siècle, en quelques toises de terrain attenant à l’École de médecine de la rue de la Bûcherie et dans lequel on pénétrait par la rue des Rats ou rue de l’hôtel Colbert et entretenu aux frais des bacheliers, qui payaient chacun dix-huit sous par an. Plus tard, quelques docteurs-régents entretinrent à leurs frais, en dehors des murs de la ville, des jardins particuliers dans lesquels les élèves étudièrent la botanique (1). Mais peu à peu ces jardins furent abandonnés, et c’est au Jardin du Roi qu’on apprit cette branche des sciences naturelles. Mais à la création de l’École de santé, on décida de former un jardin botanique (séance du 27 nivôse an iii), et, en 1798, le professeur Claude Richard lit planter le jardin dans l’enclos du couvent des Cordeliers. Les plantes furent rangées selon le système sexuel un peu modifié. Le jardinier en chef, Denis Marthe, publia en 1801 le catalogue du Jardin médical de Paris. Poiteau, qui succéda à Marthe en 1814, publia en 1816 un petit volume in- 12 de
278 pages, ayant pour titre : Le Jardin botanique de l'École de médecine, dans lequel les plantes sont divisées en vingt-cinq classes : les vingtquatre premières classes comprennent les plantes ayant les organes sexuels existants; la vingt-cinquième comprenait les agamies ou fou-
Une loi du 27 germinal an vi (16 avril 1798) avait affecté les terrains situés dans le Jardin du Luxembourg à la formation de pépinières nationales, mais les études pratiques de botanique continuaient à avoir lieu dans le jardin de l’ancien couvent des Cordeliers.
Le prolongement de la rue Racine, en i834, prit une partie de ce jardin. Une ordonnance royale du 4 juillet i834 mit la partie Est du jardin du Luxembourg à la disposition de la Faculté de médecine, pour y transporter son Jardin botanique, et affecta la partie Ouest au service du Muséum, comme annexe de cet établissement.
Mais en 1869, k Jardin du Luxembourg fut mutilé par le percement de rues nouvelles, et le Jardin botanique de la Faculté fut supprimé et reporté rue Cuvier, n° 1 2 , en face du Muséum. Le professeur Bâillon en a été lorganisaleur et il y a réuni plus de 2,000 espèces appartenant à 3oo familles1'1. Il a successivement introduit dans les serres et dans l’École de pleine terre un grand nombre de plantes utiles; le jardin est trop petit pour contenir autre chose que les végétaux relatifs à la thérapeutique et les espèces vénéneuses et alimentaires. Elles sont classées suivant une méthode nouvelle qui respecte les affinités multiples. Depuis sa nomination. Bâillon dirigeait, tous les dimanches, dans les environs de Paris, des herborisations qui étaient très suivies.
Il est mort le 1 8 juillet 1895.
jjgj Bâillon, Le Jardin hotanitjae de h Faculté de médecine, 1884.
ENSEIGNEMENT
TABLEAU CHRONOLOGIQUE