CHER ET VÉNÉRÉ CONCITOYEN
Le Conseil municipal et le Conseil général de la Seine, dont je suis ici le modeste représentant, ont tenu à s'associer aux hommages qui vous sont rendus dans cette enceinte. ù
Ils ne pouvaient oublier que, depuis trois quarts de siècle, Paris a l’honneur de vous posséder, qu'il a été le témoin de vos labeurs et de vos triomphes, que vous n'avez cessé de partager ses épreuves et ses joies, qu’en des circonstances douloureuses, sur lesquelles je ne veux pasinsister, vous lui avez donné de nobles et patriotiques exemples, que les droits méconnus de la civilisation trouvèrent-en vous un éloquent et implacable défenseur.
Ils ne pouvaient oublier surtout que votre existence tout entière a été consacrée au travail, que les élus d’une cité, grande elle-même par le travail, doivent avoir à cœur d’honorer.
‘Ce sont là vos titres particuliers à l’affection et à la reconnaissance de Paris. Mais vous en avez d’autres à notre admiration, qui sont et resteront dans la mémoire de tous les Français. Souffrez que je les redise.
Vous êtes, cher et vénéré Concitoyen, l’une des gloires de notre siècle et de notre patrie.
Vous le devez, non pas seulement à vos immortels travaux, à votre méthode pour interroger la nature, qui semble, pour vous, n’avoir plus de secrets, à vos découvertes qui ont révolutionné nombre d'industries ou en ont créé de nouvelles, vous le devez aussi à votre abnégation, à votre antique désintéressement, qui sont comme la marque distinctive de votre génie.
En vous offrant ici le témoignage de notre respectueuse sympathie, je suis sûr de traduire fidèlement les sentiments de la population parisienne pour le grand citoyen, pour l’illustre savant, pour l’homme de bien, qui
a porté si haut et si loin l’honneur du nom français et qui n’a cessé un seul jour de servir la cause de la vérité et du progrès, c’est-à-dire de l'humanité.
Très cher et vénéré Concitoyen, je me félicite d'avoir été choisi par mes collègues pour vous remettre la médaille que le Conseil municipal et le Conseil général ont fait frapper en commémoration de votre glorieux centenaire. Permettez-moi d’y ajouter tous mes vœux pour la continuation de votre belle et verte vieillesse.
Discours De M. Cnaumerox,