‹ Centre complet d'Élevage surveillé des Hospices de Montpellier (Œuvre préventive d'abandon)Chapitre 14 sur 31 · PHASE · texte numérisé non relu

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Malheureusement, nous parlons du royaume de l’utopie, la réalité est tout autre. I] faut espérer, pour le bonheur de l'humanité, que l’utopie du présent soit la réalité de l'avenir.

Actuellement, la misère est loin d’être bannie du monde :; elle est la cause de 60 % des abandons. Que fait-on pour les prévenir ? Très peu de chose. Il y a des Œuvres, il y a des Secours préventifs d'abandon.

a) Les ŒUVRES.

On ne peut pas donner le titre d'œuvres préventives d'abandon aux consultations de femmes enceintes et de nourrissons, aux maternités, aux crèches, aux Gouttes de laït, aux Chambres d’allaitement dans les usines. Ces œuvres-là combattent la mortalité infantiles, elles ne sont que très secondaires au point de vue de la prophylaxie de l'abandon. Les bons conseils que lon peut donner dans les consultations et dans les matern'és me peuvent rien contre l’impossibilité matér.elle dans laquelle se trouve la femme d’élever son enfant. Elles ne peuvent servir que comme orientation vers les secours.

La, clientèle des Crèches «et des Chambres d’allaitement est composée par les enfants d'ouvriers qui sont loin d’être dans la détresse ; ce sont les enfants qui iront plus tard dans les écoles. maternelles, On me peut pas dire qu’ils sont en imminence d'abandon.

La seule œuvre qu’il faut retenir et qui a donné déjà d'excellents résultats, c’est la Maison Maternelle.

La conception de la Maison maternelle est très ancienne en France, Déjà la Convention Nationale, par décret du 28 juin 1793, art. 3, prévoit la fondation dans chaque département d’une maison où les filles enceintes puissent entrer, n'importe quand, afin d’ac-

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coucher. Elle a le droit aussi à l’aide de la Nation en cas qu'elle veuille allaiter son enfant.

La Maison maternelle est « une institution où, sous la garantie d’un secret absolu, les femmes enceintes bien portantes sont abritées jusqu’à l'accouchement ; elles peuvent éventuellement y -accoucher et y rester pendant toute la durée de l'allaitement (TriILLAT, Congrès Int. de Prot. de l'Enf., Paris, 1928).

Elle permet aux femmes d'accomplir dans les meilleures conditions possibles le cycle complet de leur maternité. Elle abrite les femmes pendant tout le temps de la symbiose intra-utérine et de la symbiose extra-utérine, pendant la période de l'allaitement.

Dans une atmosphère de paix et de tranquillité, loin de tout souci immédiat économique ou moral, bien nourries, bien logées, s'employant à des travaux de ménage qui servent plutôt pour les moraliser que pour les fatiguer, elles accomplissement les préceptes lies plus siricts de l'hygiène, pour que leurs enfants puissent se développer dans tes meilleures conditions possibles. Elles se préparent moralement pour jouer leur rôle de mère ; l'allaitement au sein épanouit dans leur cœur cet amour maternel, que seulement les soucis matériels et la méchanceté humaine aumaient pu étouffer.

La maison maternelle est assez généralisée dans tous les pays. Elle n’est pas réalisée sous une forme univoque ; il y en a qui sont seulement des asiles prénataux, d’autres sont des abris pour la période de lal-

Yaitement. Le temps de séjour est très variable, de

quelques jours à plusieurs mois. Il est à remarquer que la plupart de ces maisons sont dues à l'initiative privée, l'Etat n’en possède que très peu.

La véritable maison maternelle, ceile dont la créa-

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