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tion devrait être encouragée dans chaque département, doit garder les femmes depuis que leur grossesse devient apparente jusqu’au sevrage. Elle doit ètre composée d’un abri de femmes enceintes, d’une maternité et d’un asile d'allaitement ; elle doït être située à côté de l’hospice dépositaire ou de la pouponnière d'entraînement des enfants assistés, pour faire profiter ceux-ci de l’allaitement au sein. Cet ensemble d'œuvres est appelé par Le Docteur MERLIN la Maison familiale départementale. | La Maison nationale de Saint-Maurice est la meïlleure de France, seulement la durée de séjour est très courte : deux mois, mais elle peut être doublée. Il y en a plusieurs, plus ou moins complètes, dans . quelques départements, comme la maison de Saint- Etienne, celle de la Marne, celle du Mont Saïit-Aïgnan, la maison de l'Œuvre de la Samaritaine, à Lyon, etc.
La Casa Maternitat i Exposits de Barcelona, en Espagne, réalise d’une façon idéale cette maïson famiiale départementale. Son abri pré-natal a une permanence de 30 à 40 femmes pauvres et surtout fillesmères. Dans son service de maternité, ouvert aussi aux femmes du dehors, il y a une moyenne de 600 accouchements par an ; les mères sans ressources peuvent rester pendant la durée de l’allaitemient ; s’il y a abandon, l'enfant passe à la pouponnière, qui est à côté, où il habite jusqu’à l’âge de sept ans. La mère peut facilement récupérer son enfant.
Malgré les gros avantages que la maison des mères réalise, elle n’est pas acceptée facilement par toutes les femmes. La perte de la liberté pendant de longs mois, la promiscuité et ennui sont souvent plus forts que la bonne volonté des femmes. Une bonne ouvrière ne veut pas perdre sa place. Il faudrait permettre
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à la femme d’aller travailler au dehors après le deuxième mois de l'accouchement, comme on le fait en Allemagne.
La maison maternelle réalise donc les meilleures conditions de sauvetage de l'enfant, tant au point de vué médical que social. « Elle sauve l'enfant ou du moins sa santé, .en lui conservant le lait et les soins de la mère. Elle sauve «et réhabilite la mère en l’attachant à son enfant ». Mais il ne suffit pas d'obtenir ce résultat, qui est déjà très important, il ne suffit pas que la mère soit attachée à son enfant, il faut aussi qu’à sa sortie de la maison maternelle, elle puisse trouver des conditions de vie qui lui permettent de travailler en gardant son enfant. Pour cela, il faudrait que, dans chaque maison, il y ait un service social qui s'occupe d'apprendre un métier aux femmes, de leur
- chercher du travail, des secours, etc.
La maison maternelle de Châtillon-sous-Bagneux, ‘ ouverte en août 1922, est une annexe de l’Hospice des Enfants assistés. Elle a été créée en vue de diminuer le nombre d’abandons dans le département de la Seine. Elle est un asile d'allaitement seulement. Les mères reçoivent 1 fr. 50 par jour ; si elles ont beaucoup de laït, elles peuvent entrer comme nourrices à J'Hospice des Enfants assistés avec un bon salaire. En quittant la maison elles rejoignent parfois le père de l'enfant, ou rentrent dans leurs familles, d’autres se placent dans des œuvres privées avec leurs nourrissons où les mettent en nourrice. « En 1928, 52 mères se sont classées dans les premières catégories ; 118 ont pu se placer avec leur enfant et 77 ont mis Jeur. bébé en nourrice. En 58 mois, la maison a reçu 1.198 enfants avec leurs mères ; la mortalité générale
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a été de 3,67 % :; en 1927, elle était de 0,63 % » (Ad-
ministration générale de VA. P.).
b) LEs SECOURS.
Les cantines maternelles, les mutualités maternelles, les allocations familiales et les caisses de compensation, Ja loi sur le repos des femmes en couches, Îles assurances sociales, les primes à l'allaitement et celles aux familles nombreuses, représentent de secours plus'ou moins appréciables, maïs ils ne s'adressent pas,
et ils ne seraïent pas efficaces, à la prévention de
l’abandon.
La loi du 27 juin 1904, qui réglemente le sort des
enfants abandonnés, établit en même temps les secours temporaires que les départements doivent dispenser aux femmes nécessiteuses pour prévenir J’abandon. Les taux de ces secours sont différents dans chaque département.
L’Assistance Publique, par définition même, devra;it être da plus pure «et la plus importante des œuvres de collaboration sociale ; son principal but, pour ne pas dire son seul but, devrait être d’aider les mères pauvres à nourrir et élever leurs enfants, «et d’empêcher par tous les moyens la séparation de la mère et de l’enfant. Malheureusement, elle est tout le contraire de ce qu’elle devrait être. Elle donne toutes Îles facilités pour l'abandon ; elle fait tout son possible pour que la mère oubfie à jamais son petit par de mystère dont elle entoure ses malheureux pupilles ; elle pousse l’immoralité jusqu’à donner aux nourrices un saiaire deux à trois fois supérieur au secours. qu’elle aurait donné à la mère pour qu’elle garde son enfant.
Le résultat de toute cette politique est le suivant :
L'Etat dépense plus de 300 millions par an pour en-