‹ Céphalopodes. Études générales. Extraits du Système silurien du centre de la Bohême. Vol. II, texte v. Chap. XVII-XIXChapitre 68 sur 89 · Epoques du développemeut maximum des types des · texte numérisé non relu

Epoques du développemeut maximum des types des

Il nous reste encore à considérer et à comparer les époques, qui correspondent au développement maximum des types, c. à d. à leur plus grande richesse en formes spécifiques. Il est clair que. pour les genres secondaires, d'une ccmrte (Jurée, D n'y a lieu d'établir, ni un maximum, ni un minimum. Nos observations ne peuvent donc s'appliquer qu'aux genres, qui présentent à la fois une longue existence et un nombre considérable de formes spécifiques.

En jetant un coup d'oeil sur notre diagramme relatif aux Céphalopodes de la Bohême, ci-après, V, on voit qu'un maximum prononcé se manifeste sur l'horizon de notre bande e2, pour les genres suivants:

Trochoceras.

Cyrtoceras.

Orthoeeras.

Phragmoceras.

Oomphoceras.

Chacun de ces genres se distingue par un grand nombre d'espèces. Mais, si nous faisions abstraction du nombre absolu des formes spécifiques, il conviendrait d'ajouter encore à ces 5 types: 1. Nautilus, qui est représenté dans la bande e2 par 5 espèces, tandisque jnous n'en connaissons que 3, qui ont apparu dans la bande g 3. Mais, ce genre était réservé à un développement beaucoup plus considérable, durant les faunes postérieures, dont nous allons parler. 2. Ascoceras, qui a fourni 11 espèces concentrées

dans la bande e2 et qui sont les dernières.

Ces observations faites en Bohême, sur les Céphalopodes de la seconde phase de notre faune troisième, nous conduisent à reconnaître la répétition des mêmes maxima vers la même époque, dans l'ensemble de toutes les contrées. Il y aurait seulement lieu d'ajouter Huronia, qui se trouve isolée au Canada, pendant l'âge correspondant.

Il serait difficile de se rendre raison d'un semblable phénomène, auquel ont probablement concouru diverses causes, que nous ignorons.

Mais, nous pouvons observer un contraste entre certains genres, dont les uns n'ont présenté qu'une seule fois un développe-

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ment remarquable, tandisqiie, dans d'autres, nous observons une sorte de retour du même phénomène.

Parmi ces derniers, nous citerons principalement Phragmoceras, qui se distingue par 25 espèces dans la bande e2 et qui en a déjà fourni 21 dans la bande g 3, y compris celles de notre Série tardive.

Ncmtilns, pendant la durée incomparable de son existence, nous offre un autre exemple non moins remarquable. Voir le diagramme, p. 84. Dabord, l'époque de son développement maximum, au lieu de coïncider avec celle des 5 genres principaux, nommés ci-dessus, dans les premières phases de la faune troisième, a été retardée jusqu'à l'époque carbonifère. Dans la suite des âges, nous retrouvons, pendant la période crétacée, un autre développement spécifique de ce genre, qui n'est pas égal au premier, mais qui mérite encore d'être remarqué. Si nous ajoutons aux 63 espèces crétacées, indiquées sur notre diagramme, 14 nouveaux Nautiles récemment publiés par M. le Prof. Schliiter et énumérés dans notre Série tardive, p. 260, nous obtenons le nombre de 77, peu éloigné du chiffre 84 admis pour les faunes carbonifères.

En parcourant les figures de nos diagrammes, qui représentent approximativement les nombres des espèces de chaque genre, caractérisant chacun des âges géologiques, on doit être frappé du contraste presque habituel, qui existe dans la succession d'un minimum par un maximum et réciproquement d'un maximum par un minimum. Il est difficile d'expliquer ces contrastes fréquemment renaissants. Nous pouvons seulement reconnaître, qu'ils sont en pleine discordance avec les théories, qui • assignent des causes lentes et successives à tous les grands phénomènes de l'univers et en pai*ticulier aux manifestations diverses de la vie organique, durant la série des âges géologiques.

Un contraste analogue, sur une plus grande échelle, se montre entre les faunes, qui correspondent à ces âges. Nous rappelons en particulier les faunes permiennes, dans lesquelles les Céphalopodes sont réduits à 9 espèces aujourd'hui connues, tandisque les formes spécifiques représentant les antres ordres des mollusques sont relativement plus nombreuses, quoique inférieures en nombre à celles des faunes antérieures et postérieures. Ainsi, M. le Prof. Geinitz, dans son ouvrage intitulé Byas^ compte, dans les faunes permiennes d'Europe. (II, p. 319):

142 Distribution verticale.

Sauriens ..... 16 espèces.

Poissons 37 „

ni i. 1 /Nautil. . 2 „

Gastéropodes . . .

29 espèces.

Conchifères ....

Brachiopodes . . .

Classes inférieures .

191 espèces.

Ensemble :

Nous ne pouvons pas nous empêcher de considérer comme très pauvre une faune générale, réduite à 191 espèces. Cette faune a été précédée par la faune carbonifère, possédant entre autres 355 formes de Céphalopodes, indiquées sur notre diagramme p. 86. Elle a été suivie par la faune triasique, dont la richesse numérique n'est pas encore établie à notre connaissance, mais que nous supposons pouvoir rivaliser avec celle de la faune carbonifère.

En présence d'un semblable phénomène, on peut se demander, quelle est la cause de cette extinction presque subite des formes animales et quelle est la cause de la rénovation presque soudaine.

Nous avons déjà fait remarquer, en 1872, dans notre brochure : Crustacés divers et Poissons, p. 86, que la faune permienne ou du Dyas semble pour ainsi dire représenter une époque de stérilité des forces vitales. Nous avons ajouté, que personne n'oserait nous enseigner, que la réduction des Céphalopodes, dans la faune permienne, a été le résultat de la lutte pour l'existence, poursuivie jusqu'à outrance. Cette interprétation ne concorderait pas avec le fait de la coexistence de nombreux poissons dévouions et carbonifères avec des centaines d'espèces de Nautilides et de Goniatides.

n resterait ensuite à trouver le procédé admirable, par lequel 9 Nautilides permiens ont pu donner naissance à des centaines de Nautilides et d'Ammonides, qui ont fait partie des faunes triasiques, sans que leur existence ait été compromise par celle des poissons contemporains.

Si, par le progrès de l'organisation représentée par les poissons dans les faunes permiennes, les Céphalopodes ont dû être éliminés de la concurrence vitale, pourquoi les conséquences de ce progrès acquis ne se sont-elles plus manifestées dans les âges subséquents? En effet, durant les faunes mésozoiques, les Sauriens ou les Poissons jouent un grand rôle, sans que les Céphalopodes et notamment les Ammonides cessent d'être largement représentés par des centaines d'espèces.

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