‹ Céphalopodes. Études générales. Extraits du Système silurien du centre de la Bohême. Vol. II, texte v. Chap. XVII-XIXChapitre 71 sur 89 · Etat de Géorgie, omis dans l'énumération de · texte numérisé non relu

Etat de Géorgie, omis dans l'énumération de

Contrées dans lesquelles la faune primordiale nous a été connue après 1870.

1858. Nébraska, Black Hills. Faune primordiale découverte par M. le Doct. F. W. Hayden.

1859. Big Horn Mountains in the Rocky MountainS: — Faune primordiale découverte par M. le Doct. F. W. Hjayden.

180 Bésamé général.

Dans VAnntMl Bqport of fhe Unit. Stat. Geolog. and Geograph. Swrmy, pour 1874, publié par M. F. W. Hayden en 1876, nom trouvons sur la p. 111 Findication de plusieurs contrées, qui nous semblent indépendantes et qui présentent la faune primordiale. Ce Beport est celui du géologue A. C. Peale« Comme il est très concis en ce qui concerne les formations de la faune primordiale et ne dte aucun fossile, nous avons peine à distinguer les régions dans lesquelles cette faune a été observée de celles qui renferment seulement le grès calcifère ou le groupe de Québec, c. à d. les 2 premières phases de la faune seconde.

Voici quelles sont les contrées dans lesquelles Thorizon de la faune primordiale nous paraît sûrement établi, dans le Beport que nous venons de citer.

Le grès de Potsdam a été bien reconnu par M. le Doçt. Newberry, près du Colorado-River dans l'Utah.

Comstock l'indique aussi, comme se trouvant avec les mêmes caractères, dans les montagnes nommées Wind-River.

M. A. C. Peale affirme avoir découvert le grès de Potsdam, dans diverses localités du Colorado, en 1873, mais sans y rencontrer de fossiles. Le même savant reconnaît le même horizon, en 1873, sur les bords de Eagle-River. Il constate, que le grès de Potsdam repose sur le gneiss. Cette formation primordiale est aussi supposée exister sur les bords de Grand-River.

Nous savons également, que M. Clarence King a reconnu Fexistence de la faune primordiale dans les monts Wahsatch, d'après une annonce faite dans le journal de Silliman.

M. PoSepny confirme l'indication de la faune primordiale dans les monts Wahsatch et dans les monts Uintah, sur le territoire de l'Utah. (Jahrh. Geol Beichsanst. Nr. 6, 1877, p. 102.)

Dans le Beport sur la Géologie de la partie orientale des monts Uintah, publié par M. J. W. Powel, en 1876, nous trouvons sur la p. 79 quelques lignes de M. le Doct. Ch. A. White, indiquant l'existence de la faune primordiale. Elle est reconnue par la présence des genres Lingulella et Obolélla. Ces documents sont malheureusement très incomplets.

1876. M. le Doct. Emanuel Eayser de Berlin nous fait connaître une nouvelle contrée, qui présente la faune primordiale, la plus distincte. Cette contrée est d'autant plus importante, qu'elle

BéBumé général. 181

est sHuée dans la partie méridionale du continent amérieain, sur le territoire de la République Argentine. Les localités indiquées au nombre de 3 sont: Salta, Nevado de Castillo, Tilcuya.

Les fossiles primordiaux recueillis dans ces localités par M. le Prof. Lorentz et M. le Prof. Hyeronimus de l'université de Cordoba, présentent très nettement les caractères de la faune primordiale. M. Èin. Kayser fait bien ressortir leur contraste par rapport à ceux qui constituent la faune seconde, dans des contrées voisines.

La phase représentée par les Trilobites primordiaux est celle des Olenus, qui a succédé à la plus ancienne des Paradoxides,

n convient de remarquer, que les formes primordiales, décrites par M. Kayser, ofeent des relations très reconnaissables avec celles du Nord de l'Amérique, tandisqu'elles contrastent avec celles de la faune primordiale de la Bohême. (Beitr. z. Geolog. u. PaU aeontol. d. Argentin. Republik, IL)

D'après ces documents on voit, que nous comptons 17 contrées distinctes, parmi celles qui nous étaient connues en 1870, comme possédant la faune primordiale, sans aucune trace de Céphalopodes.

Mais, il faut remarquer que* parmi ces régions, il y en a plusieurs qui présentent divers bassins, géographiquement isolés, dont la faune primordiale est également connue. Nous citerons l'Espagne^ la Suède, le Texas . . . &c . . . Le nombre 17 est donc au dessous de la réalité.

Parmi les contrées, dont nous avons acquis la connaissance depuis 1870, malgré quelques incertitudes sur leurs connexions géographiques, nous pouvons en compter au moins 8, qui sont indépendantes. Malheureusement, pour la plupart de ces contrées, les recherches paléontologiques sont encore très incomplètes. Mais» elles s'accordent à nous montrer, que les fossiles reconnus sur l'horizon primordial sont uniquement des Trilobites, des Ptéropodes, ou des Brachiopodes. Leur nature générique ou spécifique garantit l'antiquité de leur origine.

On doit remarquer que, dans aucun cas, il n'a été fait mention de Céphalot)odes trouvés dans ces nouvelles contrées, dans le Nord-Ouest ou bien dans le Sud de l'Amérique.

Le beau mémoire de M. Kayser constate nettement que, dans les régions de la République Argentine, dont il a étudié les fossiles,

182 Résumé général.

la faune primordiale ne renferme que des Trilobites, quelques Ptéropodes et des Brachiopodes, habituellement existant sur cet horizon, tandisque, dans les formations les plus voisines de la faune seconde, on a rencontré 2 espèces d'Orthocères, non nommées.

Ainsi, dans cette nouvelle région, remarquable par son isolement, sur la partie méridionale du continent américain, nous retrouvons exactement le même phénomène de l'absence des Céphalopodes, qui caratérise la faune primordiale dans toutes les contrées jusqu'ici explorées.

Sans doute ce fait, malgré sa reproduction sur les 2 continents, reste purement négatif. Mais, en se répétant dans plus de 25 régions, largement disséminées sur • le globe, il acquiert une importance, qui dépasse celle de beaucoup de faits positifs admis dans la science.

Nous avons déjà fait remarquer, dans l'une de nos publications antérieures, que, pour plusieurs classes, ordres ou familles, on a déjà constaté l'apparition sporadique et prématurée de certaines formes, que notre illustre maître Louis Agassiz a nommées prophétiques, tandisque nous les avons désignées par le nom de précurseurs, ou avant-coureurs. D'après cette observation, nous avons constamment attendu la découverte d'un véritable Céphalopode, dans une véritable faune primordiale. Mais, jusqu'à ce jour nos prévisions ne se sont point accomplies.

Deux fois seulement, la découverte d'un Céphalopode primordial à été annoncée.

La première fois, le nom de Orthoceras avait été inscrit par M. Matthew parmi les fossiles réellement primordiaux, trouvés à St. John, New-Brunswick. Ce fait ne s'est pas confirmé. C'est ce que nous avons constaté dans notre Distribution en 1870, p. 62, 4^ et p. 114, 8<>.

Depuis cette époque, une annonce analogue, mais beaucoup moins positive, d'une semblable découverte, a été faite par M. Jules Marcou, en 1875. Dans une énumeration des localités de la faune primordiale, il s'exprime comme il suit:

«Braintree, près Boston, qui renferme, dans des schistes quartzeux, fortement clivés, à 3 pieds de distance du plus ancien granit syénitique, connu, de l'Amérique du Nord les fossiles suivants :

Résumé général. 183

Fmadoxides Harlcmi, Green, lé plus grand (?) de tous les Paradoxides connus;

un Gonocephalites inédit et l'empreinte végétale d'une plante marine ;

plus, peut-être, un fragment de Céphalopode.

Ce gisement n'a que 40 pieds carrés de superficie • . . &c . . .**

(Explication d'une seconde édition de la carte géologique de la terre^ par Jules Marcou, 1875, p, 24.)

Nous constatons, que cette découverte nous a été annoncée par M. Marcou, dans une lettre particulière, en date de Cambridge, Mass. 29. mars 1872. Voici le passage en question:

„Le Rev. J. B. Perry me dit, qu'il a trouvé un Céphalopode à Braintree avec Paradox. Harlani; mais je n'ai pas encore vu l'échantillon."

Dans sa publication de 1875, M. Marcou n'affirme pas davantage avoir vu le fossile et avoir reconnu sa nature. Dans ces circonstances, nous le félicitons d'avoir fait l'heureuse découverte des expressions: „peut-être^ u/n fragment de Céphalopode". Ce „peut-être" est éminemment utile sous 2 rapports. D'abord, il offres à M. Marcou une sauvegarde indispensable de sa sincérité et de ses connaissances paléontologiques. Pour nous, au contraire, il est un préservatif assuré contre toute crédulité prématurée, avant les preuves qu'exige la science pour constater un fait de cette nature.

Pendant que ces pages passent sous la presse, nous recevons de M. S. W. Ford, une lettre en date de N. York, 10 Août 1877. Nous en traduisons le passage suivant:

„I1 y a aujourd'hui 2 semaines que je suis allé à Braintree et j'y ai passé un jour pour examiner les couches à Paradoxides. Je n'ai pu recueillir qu'un petit nombre de spécimens, parcequ'on travaille beaucoup actuellement dans cette carrière, et presque tous les matériaux meubles ont été transportés à Boston pour lest. Mais, j'avais à peine passé une heure dans la carrière, lorsque je découvris un spécimen, qui me convainquit, que j'avais sous les yeux une preuve de l'existence dans cette localité d'un Céphalopode de même nature que celui sur lequel M. Marcou fonde son assertion.**

184 Résumé général.

«Ce spécimen consiste dans, la partie apiciale de Tune des pointes céphaliques du grand Par ad. Harlani. J'ai pu m'en convaincre, par la comparaison avec d'autres spécimens et par une minutieuse étude de cet exemplaire lui méme.^

„Ce spécimen a une longueur d'environ 2 pouces, et il est parfaitement droit, excepté au gros bout, où on peut reconnaître qu'il s'élargit un peu vers l'un des côtés."

«H était enfermé dans une roche de schiste gris-bleuâtre et ressemblait beaucoup, à première vue, à un petit Orthocère. Je ne doute guère qu'un semblable spécimen a induit en erreur M. Marcou et a servi de fondement à son assertion."

«Autant qu'il m'est possible de m'en assurer, Paradox. Harlani est la seule espèce incontestable, qu'on connaît dans la localité de Braintree."

Ces renseignements, dérivant d'un paléontologue aussi honorablement connu que M. S. W. Ford, infirment notablement l'assertion déjà si peu assurée de M. Marcou.

Nous rappelons, que M. S. W. Ford a été, parmi les savants américains, le premier qui ait découvert en Amérique, les métamorphoses des Trilobites. Il a illustré, en particulier, dans un excellent mémoire, celle de Olenellus (Mliptocephalus) asaphoides, Emm. sp. trouvé à Troy, Etat.de N.-York. (Amer. Journ. of Science, Vol. XIII, April 1877.)

En somme, il n'existe aucune observation authentique, qui prouve la présence d'un Céphalopode quelconque, dans la faune primordiale, sur les 2 continents.

Par contraste, le lecteur doit remarquer comme nous, que, depuis le jour où nous avons établi, par des documents positifs, l'absence des Céphalopodes dans cette faune, ce fait a été confirmé régulièrement par toutes les nouvelles découvertes ou observations, dans les contrées primordiales.

Ajoutons maintenant une autre considération de haute importance. C'est que l'absence des Céphalopodes sur l'horizon qui nous occupe, est loin d'être un fait isolé, qui puisse être considéré comme une irrégularité temporaire dans nos connaissances, irrégularité que de prochaînes découvertes pourraient faire évanouir.

Résomé général. Ig5

Au contraire, ce &it, si opposé aux conceptions théoriques, est appuyé par d'autres faits semblables ou analogues, que nous avons d^à constatés.

Le plus important consiste dans Tabsence des Acéphales, jusqu^à ce jour aussi absolue dans la faune primordiale que celle des Céphalopodes.

Nous rappelons ensuite, que les Gastéropodes et Hétéropodes sont très faiblement représentés dans la faune primordiale. H en est de même des animaux de toutes les classes inférieures, qui sont très rares dans cette faune, au lieu d'y prédominer par leur développement, suivant les indications des théories.

Ces faits sont constatés dans notre publication intitulée, TriUh hites, dans la subdivision IV, Epreuve des théories paléontologiques par la réalité, (p. 177 à 281.) 1871.

Il est difficile de concevoir, pourquoi les Trilobites ont dominé en première ligne dans la faune primordiale, tandisque la classe des Mollusques n'était représentée que par quelques Brachiopodes et Ptéropodes. Ces secrets de la Création restent inaccessibles à l'esprit humain et bravent les imaginations de toutes les théories.

Dans tous les cas, l'absence des Céphalopodes, dans la faune primordiale silurienne, constituant l'un des faits les plus importants en paléontologie, est en complète discordance avec ce qu'on nomme l'évolution.

Second fait prédominajat.

Apparition soudaine de 12 types génériques des Céphalopodes, à l'origine de la faune seeonde.

Le second fait relatif à la première apparition des Céphalopodes est de nature positive et, par conséquent, il contraste avec le fait négatif, que nous venons d'exposer, relativement à l'absence de cet ordre, dans la faune primordiale.

Ce second fait est très simple. Il a été exposé avec tous les détails convenables sur la p. 124, dans le Chap. XVUI, qui précède, sous le titre de: Distribution horizontale et verticale des Céphalopodes.

Nous rappelons seulement, que ce fait consiste en ce que 12 types de Céphalopodes ont surgi simultanément et soudainement,

186 Bésumé généralr

c. à d. sans être annoncés d'une manière quelconque, dans la première phase de la faune seconde.

Ces 12 types génériques ne sont point réunis dans une seule contrée, mais au contraire, disséminés par groupes très inégaux, dans les régions paléozoiques, largement espacées sur les deux continents.

Sur notre tableau Nr. 3, ci-dessus, p. 125, nous énumérons tous ces types, auxquel nous n'associons qu'avec beaucoup de doute celui qui a été nommé Tretoceras, Salter, mentionné p. 126.

Sur la colonne (5) de ce tableau, nous indiquons les contrées dans lesquelles chacun des types a été reconnu, durant la première phase de la faune seconde. Ces documents suffisent pour bien constater l'irrégularité de la distribution horizontale de ces genres ou sous-genres primitifs.

On remarquera que, dans aucune contrée, les types coexistants à cette époque ne sont associés suivant les affinités des formes de leur coquille. Au contraire, les, formes les plus contrastantes se trouvent rapprochées. Elles témoignent ainsi, que leur apparition n'est pas en connexion avec les transformations lentes, supposées par les théories.

Parmi les formes droites, Orthoceras et Bathmoceras oflErent l'exemple le plus frappant du contraste des types et de la plénitude de leurs caractères, sans aucune forme de transition. Voir nos observations sur l'absence des formes intermédiaires, ci-dessus, p. 138.

Pour apprécier l'importance de l'apparition soudaine de 12 types de Céphalopodes, il faut remarquer que:

1. L'ensemble de tous les types de cet ordre, embrassés par nos études, parmi les Nautilides, les Ascocératides et les Goniatides^ à partir de leur première apparition jusqu'à ce jour, s'élève seulement à 26. Voir le diagramme ci-dessus, p. 84. Par conséquent, les 12 types primitifs représentent presque la moitié de ce nombre total. Voilà certainement un singulier commencement pour la distribution verticale des Céphalopodes, au point de vue de la doctrine de l'évolution.

2. Notre diagramme, pag. 84, montre qu'en ajoutant aux 12 types primitifs, Gonioceras, Phragmoceras, et Ascoceras^ qui surgissent pendant la durée de la faune seconde, cette faune possède à elle seule 15 types, c. à d. environ | du nombre total des

Résumé général.* 187

26 genres et sous-genres énumérés. L'admission de Tretoceras^ porterait à 16 le nombre des types de cette faune. C'est ce nombre, qui est inscrit sur le tableau Nr. 2, p. 88.

3. Ce chiffre de 16 types est faiblement dépassé dans la faune troisième, qui en possède 18, y compris l'apparition douteuse de Lituites. Mais, parmi €es 18 types, il n'y en a que 8, qui ont fait leur première apparition durant la faune troisième, tandisque les chiffres, qui précèdent, constatent 15 à 16 apparitions de types nouveaux durant la faune seconde. Ainsi, la production des types nouveaux a été réduite de moitié, durant la faune troisième.

n est encore impossible de concilier cette distribution avec les théories de l'évolution graduelle. En effet, le nombre des formes spécifiques croissant très rapidement durant la faune III, on devrait attendre un plus grand nombre de types surgissant successivement, par l'effet des divergences spécifiques, plus longtemps prolongées.

4. Les faunes dévoniennes ne possèdent que 9 types, parmi lesquels 8 avaient existé dans les faunes siluriennes. Il ne se manifeste donc qu'un seul type nouveau, Glymenia, durant la période dévonienne et précisément près de sa fin.

Voilà donc une décadence inexplicable, dans le nombre des nouvelles apparitions de genres ou sous-genres, après le nombre extraordinaire des espèces durant la faune III silurienne. En effet, les divergences de leurs descendants auraient dû produire de nouveaux types, selon l'évolution.

6. Les faunes carbonifères, quoique possédant un nombre considérable de Céphalopodes, à peu près égal à celui des faunes dévoniennes, n'ont donné naissance à aucun type générique nouveau. Ce phénomène est aussi inexplicable par les combinaisons théoriques.

6. Après Clymenia, il faut remonter jusqu'à la faune tertiaire éocène, pour retrouver parmi les Nautilides un nouveau type, c. à d. le sous-genre Aturia. Il surgit d'une manière bien inattendue pour les théories, puisque les faunes tertiaires ne renferment qu'un nombre très borné de Nautiles, c. à d. environ 19, y compris les 4 représentants du sous-genre nommé.

Il résulte de ces documents, que, parmi les Céphalopodes, la faculté de produire des types nouveaux a subi une rapide diminution dans la série des âges géologiques, au lieu de nous montrer

188 Bésamé général.

une croissante augmentation, indiquée par les théories, en raison du nombre des espèces et des ftges écoulés, offrant tout le temps nécessaire pour leur divergence à partir du type primitif quelconque.

Nous devons encore faire observer, que Tapparition des types nouveaux n'est point en proportion avec le nombre des espèces coexistantes.

L'exemple le plus frappant de ce fait nous est présenté dans notre faune troisième, si nous comparons les bandes e2 et g3.

Dans e2, il existe 777 espèces de Céphalopodes, indiquées sur notre diagramme, tableau Nr. 7, p. 162. Or, parmi ces 777 formes nous ne voyons apparaître qu'un seul type jusqu'alors inconnu, savoir, Mesoceras, PL 508,

Au contraire, dans la bande g 3, qui ne possède que 110 espèces de Céphalopodes, 3 genres nouveaux, bien caractérisés, surgissent à la fois, savoir:

Adelphoceras. | Hercoceras. | Nothoceras.

Tous les faits numériques que nous venons d'invoquer, étant indiqués sur nos diagrammes, p. 84 et 162, chacun peut se convaincre de la réalité des discordances entre les lois théoriques, préconçues, et les faits observée par la paléontologie.

Hypothèse d'une faune perdue.

Pour expliquer le nombre inattendu de 12 types génériques et de 165 formes spécifiques, dans la première apparition des Céphalopodes, c. à d. immédiatement après la faune primordiale, on a imaginé de supposer une faune perdue. Bien que cette idée dérive d'une source très respectable, nous avons déjà fait remarquer, qu'elle est loin d'expliquer les faits connus. Voir notre Distribution p. 217, 40 et p. 391, 8^

Nous ajouterons les considérations qui suivent.

1. Si la faune perdue a existé entre la faune primordiale et la faune seconde silurienne, malgré toute la richesse en Céphalopodes, qu'on peut lui supposer arbitrairement, le fait de l'absence de cet ordre des mollusques reste invariablement tel que nous l'avons établi. En effet, il est à peine nécessaire de faire observer, que l'existence de Céphalopodes quelconques dans une faune perdue, et

Résumé général. 189

postérieure à la faune primordiale, ne peut avoir aucun eflfet rétaroactif, dans la composition zoologique de la faune antérieure.

2. Si Ton veut, au contraire imaginer, que la faune perdue avec les premiers Céphalopodes était antérieure à la faune primordiale, celle-ci n'en reste pas moins dépourvue de toute trace de cet ordre des mollusques, suivant les faits établis.

En outare, il s'élève une série de nouvelles difficultés, qui restent à résoudre.

Par exemple, il faudrait d'abord admettre, que la faune perdue et la faune primordiale se sont partagé les mers, sans aucune communication possible entre ces 2 grandes divisions. Cette séparation, durant de longs âges géologiques, aurait dû laisser sur la surface du globe des traces géologiques, absolument inobservées jusqu'à ce jour.

En second lieu, tandisque nous connaissons, d'après ce qui précède, au moins 25 contrées largement espacées sur le globe et dans lesquelles se trouvent les restes des TriloBites, Ptéropodes et Brachiopodes primordiaux, comment pourrions-nous expliquer, qu'on n'ait pu découvrir aucune contrée, présentant la faune contemporaine perdue avec ses Céphalopodes?

En somme, l'absence des Céphalopodes dans la faune primordiale étant reconnue sur toute la surface explorée du globe et jusqu'ici confirmée par toutes les nouvelles découvertes; constitue un fait de premier ordre, qui n'a été infirmé par aucun fait contraire.

Ce premier fait est suivi et corroboré dans son témoignage contre les théories, par un autre fait non moins important, qui consiste dans l'apparition soudaine et simultanée de 12 types génériques de Céphalopodes, à l'origine de la faune seconde.

Ces faits sont habituellement passés sous silence ou défigurés, dans les ouvrages écrits sous l'influence des doctrines de l'évolution. Mais, la vérité triomphe tôt ou tard de ces petites manoeuvres.

ObserTation au sujet de la recherche des traces de révolutiou des formes spécifiques.

Suivant Tordre naturel de nos études, nous serions maintenant induit à rechercher les traces de l'évolution^ parmi les espèces des Céphalopodes.

190 Résumé général.

Ce travail nous paraît superflu.

En effet, nous rappelons que, dans nos descriptions spécifiques, nous avons comparé pour chacune des formes distinguées par un nom, les autres formes les plus apparentées, en exposant les motifs qui nous portent à reconnaître Ipur indépendance spécifique, réciproque.

Ces comparaisons répétées nous ont conduit à un résultat général, qui peut brièvement s'exprimer dans les termes suivants:

Nous n'avons jamais acquis la certitude, qu'une espèce quelconque, parmi les Céphalopodes de la Bohême, soit dérivée par filiation et transformation d'une autre espèce antérieure.

Ce que nous connaissons des espèces étrangères nous confirme dans notre conviction.

En 1870, nous nous sommes étendu sur ce sujet, dans notre étude intitulé: Filiation des espèces. Distrib. des Céphalop.y pp. 216 à 221, 4® et pp. 389 à 399, 5^

Nous recommandons cette étude à l'attention des savants et nous considérons comme inutile toute autre observation à ce sujet.

TB. Recherche des traces de révolntion, dans chacun

des éléments de la coquille des Céphalopodes

paléozoiques.

Il s'agit de reconnaître, si les coquilles qui représentent les Céphalopodes paléozoiques ont subi dans leurs éléments des variations graduelles et successives, indiquant un progrès continu, dans un sens déterminé. Ce progrès, suivant une même direction, est considéré aujourd'hui comme le critérium de l'évolution théorique.

Les études générales, que nous publions, ont été consacrées à cette recherche, c. à d. à la détermination des variations subies par chacun des éléments de la coquille des Céphalopodes, et à l'appréciation de leurs relations avec les âges géologiques.

Ces études sont fondées sur l'ensemble de tous les documents publiés jusqu'à ce jour et dont nous avons pu acquérir la connaissance. Les résultats que nous exposons peuvent être facilement vérifiés, d'abord, parceque nous ne citons aucun fait sans en indiquer la source scientifique et ensuite, parceque les faits, établis sont rap-

Résumé, général. 191

proches et comparés sur des tableaux, soit nominatifs, soit numériques, qui permettent le contrôle immédiat des nombres, sur lesquels reposent nos conclusions.

Le lecteur peut aisément apprécier l'étendue de nos documents, en jetant un coup d'oeil sur notre tableau Nr. 1, (p. 84). H offre à la fois un diagramme figurant le développement yertical de chacun des types génériques et l'indication du nombre de ses espèces, dans chacune des faunes successives.

Un tableau semblable, (p. 162) expose les documents relatifs à la Bohême. Les chiffres comprennent les espèces de notre Série tardive, qui n'ont pas été introduites dans notre tableau Nr. 1.

Les éléments principaux de la coquille des Céphalopodes paléozoiques, qui sont l'objet de nos études générales, sont les suivants:

Chap. I. Forme générale et courbure de la coquille.

Chap. II. Angle apicial, dans les coquilles droites.

Chap. ni. Section transverse, normale à l'axe.

Chap. IV. Grande chambre, ou chambre d'habitation.

Chap. V. Ouverture de la coquille, simple ou composée,

Chap. VI. Partie cloisonnée de la coquille.

Chap. Vn. Dépôt organique, dans les loges aériennes.

Chap. Vill. Troncature normale ou périodique de la coquille.

Chap. IX. Siphon.

Chap. X. Dépôt organique, dans le siphon.

Chap. XI. Test des Nautilides.

Chap. Xn. Épidermides.

Chap. Xni. Ligne normale. Carènes.

Chap. XIV. Progression du mollusque, dans sa coquille. Ascension et descente dans l'eau.

Chap. XV. Remplissage inorganique de la coquille.

Chap. XVI. Dimensions des coquilles.

Chap. XVn. Partie initiale de la coquille.

Chap. XVin. Distribution verticale des Céphalopodes paléo- 20iques.

192 ^ Résumé général.

Nous rappelons, qu'en terminant chacun de nos Chapitres, ou chacune de nos études partielles, nous avons régulièrement exposé, dans un résumé particulier, les principaux résultats de nos recherches. Les savants pourront donc recourir à ces résumés, si non au texte beaucoup plus étendu.

Nous nous bornons ici à indiquer succinctement les plus saillants de ces résultats et les conclusions, qui en dérivent immédiatement, au sujet de l'évolution. C'est comme l'impression finale, qui nous reste de nos études.

Chap. I. Forme générale et courbure de la coquille.

Voir p. 10, Texte IV.

Nous distinguons, parmi nos Céphalopodes, des formes : droites, arquées ou enroulées, dans un plan et des formes : arquées ou enroulées à double courbure.

Un fait domine toutes nos études, au sujet de l'origine de ces diverses apparences de la coquille. Il consiste en ce que parmi les 12 types génériques primitifs, c. à d. qui ont apparu simultanément, dans la première phase de la faune seconde, silurienne, toutes les courbures principales sont représentées. Ces types sont énumérés nominativement sur notre tableau Nr, 3, ci-dessus, p. 125. Le genre douteux Tretoùeras a été éliminé. Sa forme est celle des Orthocères.

Ce tableau montre que la forme droite, Orthoceras coexiste avec la forme simplement arquée, Cyrtoceras, comme avec la forme complètement enroulée, dans un plan, Nautilus et aussi avec la forme en hélice ou à double courbure, Trochoceras. Les autres combinaisons de la courbure sont secondaires, ou composées des premières.

Nous constatons une notable variation de la courbure, entre les espèces de certains genres, surtout parmi celles de Trochoc&i-as. Nous reconnaissons sous ce rapport 2 maxima semblables, l'un sur l'horizon de Niagara en Amérique, dans Troch, Geèhardi, Hall. (Pal. ofNew-Yorhy II, PL 77) et l'autre jians Troc*. Lorièrei, Barr., PI. 460. Cette dernière espèce appartient aux faunes dévoniennes de France. Le minimum se trouve dans Troch. débile, Barr., PI. 18, et il est associé avec des espèces à courbure très variée, dans notre bande e2| correspondant à l'horizon de Niagara.

Résumé général. 193

Ces faits et surtout celui de la représentation de toutes les courbures principale^ parmi les 12 types primitifs, nous montrent suffisamment, que les apparences de la courbure daq3 nos Céphalopodes n'ont pas subi Tinfluence des âges géologiques. Elles sont distribuées d'une manière très irrégulière dans les faunes successives.

Chap. II. Angle apicial dans les coquilles droites.

Voir p. 14, Texte IV.

Nous avons constaté, que l'angle apicial est un élément variable, n se modifie:

1. Suivant l'âge du mollusque, et va en décroissant par rapport au diamètre transverse.

2. Il est inégal, dans les individus d'une même espèce, surtout parmi les Orthocères brévicones.

3. Il varie beaucoup entre les espèces d'un même genre, conmie Orthoceras.

Le maximum est de 70*^, dans l'espèce brévicone, Orthoceras poculum, PL 187, et le minimum est de 1^ à 2®., dans diverses espèces longicones, comme Orth. colwmen, PI. 309.

Ces limites extrêmes se trouvent, parmi des Orthocères coexistants, dans notre bande e 2. Cet horizon est aussi celui qui renferme le plus grand nombre d'espèces brévicones à angle très ouvert et d'espèces longicones à angle très petit. Entre ces formes, coexistent d'autres Orthocères avec des angles intermédiaires.

En comparant toute la série des faunes paléozoiques, on ne peut reconnaître aucune tendance constante, ni vers l'augmentation» ni vers la diminution de l'angle apicial.

Cet élément de la coquille ne présente donc aucune trace de j révolution théorique.

Chap. m. Section transverse de la coquille.

Voir p. 32, Texte IV.

. La section transverse varie faiblement, dans la longueur d'un

même individu, mais plus souvent sans régularité, entre les individus j d'une même espèce.

^^^WW^W^^^'':

194 Résumé général.

La principale variation a lieu entre les espèces d'un même genre et elle constitue fréquemment un caractère spécifique.

Le tableaè p. 33, Texte IV, montre le nombre des diverses sections observées, dans chaque type générique. Ce nombre varie à partir de l'unité, dans les types pauvres en espèces, jusqu'au maximum de 7, dans Cyrtoceras et de 8 dans Nautilus.

L'involution des tours, plus ou moins intense, contribue beaucoup à faire varier les apparences de la section transverse. Nautilus nous offre les exemples les plus diversifiés. Les plus anciens Nautiles montrent une involution faible ou presque nulle. Les espèces triasiques founiissent des exemples tendant vers des limites opposées. Ainsi, Naut. eugyrus, v. Mojs. et Naut. evolutus, v. Mojs. reproduisent l'évolution des espèces siluriennes, tandisque d'autres espèces contemporaines présentent une involution prononcée.

Des contrastes analogues existent entre les Nautiles, qui appartiennent à chacune des autres faunes mésozoiques.

Dans la faune actuelle, Naut. urnbUicatus se rapproche beaucoup des formes évolutes des âges paléozoiques. Mais Naut. Pompilius est, au contraire, caractérisé par une forte involution.

Les Goniatites siluriens contrastent avec les Nautiles de cette période. En effet, Gon. fidelis, Barr. de la bande f 2, PL 8, l'une des espèces primitives de ce genre, est très involute. Par contraste» Gon. fecundus de g 2 est aussi évolute que nos Nautiles de e2. Voir PL 11. Dans ce cas, l'évolution succède à l'involution, contrairement à ce que nous observons dans d'autres circonstances.

Ces faits concourent à montrer, que l'involution des tours est un caractère de peu d'importance et que son intensité ne dérive pas de l'influence des âges géologiques.

Chap. IT. Grande chambre.

Voir p. 87, Texte IV.

La grande chambre est rarement conservée dans toute sa longueur, ce qui diminue beaucoup la valeur du caractère, qu'elle pourrait fournir dans certains cas, pour apprécier l'étendue du corps du mollusque.

Le rapport entre la longueur de cette chambre et le diamètre principal de sa base varie:

Résumé général. 195

1. entre les espèces d'un même genre; ' 2. entre les individus d'une même espèce.

Cependant, les limites de ces variations sont douteuses, parcequ'on n'est jamais certain de comparer des individus du même âge.

Dans Orthoceras, nous citerons comme limites extrêmes du rapport mentionné.

Rapport Orth. prosperum, PL 185, brévicone t . . . . 0.50 \ fois le diam. Orth. Michelini, PI. 381, longicone 16.00 j de la base.

Dans Ophidioceras, nous observons:

Ophidioc. simplex, PI. 97 4.00 \ fois le diam.

Ophidioc. rudens, PL 45 20.00 j de la base.

Ces exemples montrent la grande étendue. des oscillations de la longueur de la grande chambre, parmi les espèces d'un même genre.

Nous trouvons des oscillations analogues, en comparant les individus d'une même espèce. Ex.

Dans Orth. littorale, Barr, PL 265, la longueur de la grande chambre varie entre 4 fois et 7 fois le diamètre de sa base.

La variation analogue dans Orth, typus, Saem. espèce dévonienne d'Amérique, est de 1:2.

Remarquons, que les variations indiquées pour les espèces de la Bohême sont constatées entre des espèces contemporaines de nos bandes el, e2, et qu'elles se reproduisent d'une manière plus ou moins prononcée, sur tous les horizons de notre bassin.

Ce fait ne peut être vérifié que très imparfaitement parmi les Nautilides des contrées étrangères, à cause de la rareté des spécimens, qui conservent leur grande chambre entière. Cependant, nos observations nous semblent suffire pour démontrer, que la grande chambre n'a subi dans sa longueur aucune variation dérivant de l'influence des âges géologiques.

Chap. V. Ouverture de la coquille.

Voir p. 94, Texte IV.

L'ouverture de la coquille constitue l'un de ses plus importants éléments, à cause de ses connexions avec la forme de la tête du

196 Résamé général.

mollusque et des appendices qui l'entourent. Pour ce motif, nous avons rangé tous nos Céphalopodes en 2 séries parallèles, comprenant, l'une tous les types à ouverture simple et l'autre tous les types à ouverture composée, ou contractée.

Nous distinguons 9 apparences diverses dans la forme simple et 11 dans la forme composée. Voir le tableau de classification (p. 114) sur lequel nous indiquons tous les types qui représentent ces 20 combinaisons.

Pour le sujet qui nous occupe en ce moment, il est important de remarquer que, parmi les 12 types priniitifs des Céphalopodes, énumérés ci-dessus, (p. 125) il y en a 3, qui ont possédé, lors de cette première apparition, une ouverture composée, savoir: Lituites, OpMdioceras, Gomphoceras/ Vers le milieu de la hauteur de la faune seconde, Phragmoceras a complété le nombre de 4 pour cette faune.

Ce fait constate à lui seul, que les types à ouverture contractée ne sont pas dérivés des types à ouverture simple.

Cependant, nous signalons, dans des genres à ouverture contractée, diverses formes, qui figurent des transitions entre la forme simple^ et l'ouverture composée. Mais, toutes ces formes de transition sont anachroniques et sont disséminées dans la hauteur des faunes paléozoiques. Nous nous bornons à citer les plus remarquables, entre Orthoceras et Gomphoceras:

En Bohême, e2, Mesoceras Bohemicum, Barr. ... PL 508.

En Amérique, dévon., Gomphoc. (Apioc.) oUa, Saemann . PL 477.

Voir la (p. 171) de notre Texte IV, sur laquelle nous signalons une série d'autres exemples de ces anachronismes. Nous rappelons aussi les principaux dans une notice particulière, dans la subdivision C, qui va suivre.

Une autre considération importante consiste en ce que la plus forte intensité dans la contraction de l'ouverture, comme dans la lobation du grand orifice, s'est manifestée soudainement, sous des formes très diverses des Phragmoceras et des Gomphoceras, durant le dépôt de notre bande e2, en Bohême.

Ce phénomène a eu lieu en même temps que l'apparition de diverses particularités, que nous signalons comme caractérisant cette bande. Voir ci-après, dans la même subdivision C.

Résumé général. 197

En même temps, dans les autres contrées siluriennes, des Gomphoceras avec un grand orifice lobé ont apparu sur un horizon comparable à celui de notre bande e 2. Ex. Qomph, s^toris, Hall., provenant du Wisconsin (Niagara group) et figuré sur notre PL 478.

En outre, les grands orifices lobés ne se montrent que sur l'horizon de notre bande e 2, en Bohème. En eflfet, les genres Phragmoceras et Gomphoceras reparaissant dans notre bande g 3, après une longue intermittence, aucune de leurs espèces ne reproduit la lobation du grand orifice, telle que nous la voyons dans la bande e2.

Dans les faunes postérieures aux faunes siluriennes, nous ne connaissons aucun orifice lobé.

Ainsi, cette lobation a été un phénomène temporaire, qui n'a laissé aucune trace et n'a donné naissance à aucun nouveau type permanent. C'est le contraire de ce qu'on aurait pu attendre, suivant les idées théoriques.

Ces faits et beaucoup d'autres, que nous exposons dans notre texte cité, démontrent que les variations des apparences de l'ouverture, dans les coquilles des Céphalopodes, ont été complètement indépendantes de l'influence des âges géologiques. Voir le résumé de notre Chap. V, p. 185. Texte IV.

Chap. YI. Partie cloisonnée de la coquille.

Voir p. 188, Texte IV.

L'importance de la partie cloisonnée de la coquille provient d'abord, de ce qu'elle contribue beaucoup à déterminer la courbure caractéristique de chaque type, et ensuite de ce. qu'elle joue le rôle de flotteur^ indispensable pour les mouvements du mollusque.

Le développement de cette partie est très irrégalier dans tous les âges géologiques, soit d'après l'espacement des cloisons, soit d'après le nombre des loges aériennes. Considérons succinctement chacun des éléments dont elle se compose.

1. Le maximum et le minimum de la distance entre les cloisons coexistent dans notre bande e2, avec toutes les distances intermédiaires.

Minimum f Orth. passer, PI. 334 = 0.05, du diam. correspondant. Maximum \ Orth. Agassizi, PI. 282 = 1.33, du diamètre.

198 Résumé général.

2. Le nombre des loges aériennes varie beaucoup entre les espèces d^un même genre. Le maximum et le minimum coexistent dans la même bande e2. Ex. d'après nos évaluations:

{Orthoc. praestans, PI. 384 180 loges aériennes.

Orthoc. poculum. PL 187 15 à 20 id.

fGomphoc. Halli, PI. 73 150 loges aériennes.

(Gomphoc. nuciforme, PL 75 4 id.

Les espèces, qui possèdent des nombres intermédiaires, se montrent irrégulièrement dans toutes les faunes.

3. La suture des cloisons est habituellement simple dans tous les Nautilides.

Le seul genre Nautilus présente, dans quelques espèces, un lobe latéral et un lobe dorsal, soit isolés, soit coexistants. En faisant abstraction de Naut. goniolobus, PhilL, espèce carbonifère douteuse, ou peut-être avant-coureur, les premiers Nautiles lobés apparaissent dans le Trias inférieur et leur plus grande fréquence correspond au Trias supérieur. Cette fréquence varie irrégulièrement dans les faunes subséquentes, et nous voyons les derniers lobes parmi les espèces tertiaires. Les Nautiles vivants possèdent une suture sans lobes, comme les espèces siluriennes.

4. Les Goniatites nous présentent une remarquable singularité, en ce que Gon. praematuruSf PL 522, apparaît avec 2 lobes Jatéraux profonds, dans notre bande gl, et il disparaît sans laisser aucune trace de cette lobation, parmi les espèces subséquentes, dans nos faunes siluriennes. Des lobes analogues se manifestent plus tard, parmi les Goniatites dévoniens et carbonifères.

Ainsi, dans Tespacement des cloisons, dans le nombre des loges aériennes, dans la suture des cloisons et sa lobation intermittente, nous ne pouvons reconnaître aucune variation progressive, suivant une même direction, c. à d. aucune trace de révolution.

5. Le goulot des cloisons mérite aussi l'attention, surtout lorsqu'il est alongé et invaginé. Cette conformation se manifeste d'une

.manière très remarquable par ses intermittences, savoir:

à l'origine de la faune H, parmi i Endoceras .... Hall.

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