‹ Céphalopodes. Études générales. Extraits du Système silurien du centre de la Bohême. Vol. II, texte v. Chap. XVII-XIXChapitre 73 sur 89 · XI. Fonctions et importance du siphon · texte numérisé non relu

XI. Fonctions et importance du siphon

Xn. Résumé général. Valeur des caractères fondés sur le siphon, dans les Nautilides.

Nous nous bornerons à rappeler ici les résultats de nos plus importantes études, en ce qui concerne Pinfluence des âges géologiqties sur le siphon.

Etude IT. Position du siphon.

Voir pp. 356 à 568, Texte IV.

Nous distinguons 3 positions principales du siphon. Position centrale ou subcentrale.

Position excentrique.

Position submarginale.

Après avoir rapproché tous les faits relatifs à ces trois positions, dans tous les Nautilides de toutes les faunes et de toutes les contrées, nous les comparons et nous formulons sur la p. 527, la conclusion suivante:

202 Résumé général.

Les variations signalées dans la position du siphon, dans l'ensemble de la famille des Nautilides, ne peuvent être considérées que comme des oscillations irrégulières, aussi indépendantes des âges géologiques que des espaces géographiques.

Nous ferons remarquer que, pour les 3 genres les plus importants parmi les Nautilides, savoir: Orthoceras, Cyrtoceras, NauHlus, nous présentons des recherches spéciales, embrassant les espèces de toutes les contrée^ et de toutes les faunes. Ces recherches aboutissent invariablement à démontrer, que les documents existants ne permettent de reconnaître aucune influence des âges géologiques sur la position du siphon.

Le genre Nautilus^ qui a traversé tous ces âges jusqu'à nos

jours, offre l'exemple le plus remarquable de l'indépendance des

positions du siphon, par rapport aux influences du temps et de l'espace.

Etude Tn. Relations entre la position du siphon et le côté ventral du mollusque.

Voir pp. 601 à 742, Texte IV.

Nous constatons que dans Orthocerasj genre le plus riche, il y a 447 espèces dans lesquelles le siphon est en conjonction avec le côté ventral. Au contraire, nous n'en connaissons que 52, dont le siphon se montre en opposition avec le même côté.

Les 52 espèces en opposition appartiennent à la Bohême, sans doute par suite de recherches insuffisantes dans les autres contrées. Mais, parmi ces 52 Orthocères, 43 se trouvent dans notre bande e2, qui renferme le plus grand nombre des espèces de ce genre. Les 7 autres sont irrégulièrement distribuées sur les autres horizons. Un seul dans la faune seconde.

Ce fait, quoique restreint dans la Bohême, indique suffisamment, que le phénomène de l'opposition du siphon a été indépendant de l'influence des âges géologiques sur Orthoceras,

H semble, au contraire, en connexion avec le nombre des espèces coexistantes.

Après avoir passé également en revue tous les autres types des Céphalopodes, nous arrivons à la conclusion suivante, formulée sur la p. 1010.

Résumé général. 203

En somme, cette recherche aboutit, comme les précédentes, à constater que, dans l'ensemble des Nautilides, les relations du siphon, soit en conjonction, soit en opposition avec le côté ventral, ont été complètement indépendantes de l'influence des âges, durant les 5 périodes qui composent l'ère paléozoique.

Nous appelons l'attention sur l'étude spéciale consacrée au genre NauHlus, (p. 1003) parcequ'elle montre une série d'alternances en sens opposés, dans les relations de son siphon avec le côté ventral. Cette série se termine d'une manière très inattendue, parceque dans la faune actuelle, comme dans les 3 premières faunes paléozoiques, le siphon des Nautiles se montre exclusivement en connexion avec ce côté. Cet organe, dans ses variations, si longtemps prolongées, semble donc avoir parcouru un cycle complet, en revenant finalement à son point de départ, , (p. 1004).

Etude Tni. Forme et disposition des éléments du

siphon.

Voir pp. 743 à 855, Texte V.

Nous distinguons parmi les éléments du siphon 2 formes principales, cylindrique et nummuloide, et une troisième forme rare, que nous nommons mixte.

Comme la Bohême a fourni la grande majorité des espèces, dans lesquelles la forme de ces éléments a pu être observée, nous appliquons une étude spéciale aux Orthocères et aux Cyrtocères de notre bassin, pour reconnaître l'influence des âges géologiques sur la forme des éléments de leur siphon.

Pour les 187 Orthocères de Bohême, qui se prêtent à cette étude, nous constatons d'abord la fréquence relative des 3 formes, savoir :

Forme cylindrique yH = ^•'^3-

Forme nummuloide . ^ jVy = ^-22.

Forme mixte jV^ = 0.05.

Cherchant ensuite l'influence des âges géologiques sur la fréquence relative de ces diverses formes, nous arrivons à cette conclusion, que les variations de la fréquence relative des 3 types considérés ne permettent de reconnaître aucune tendance constante, ni vers l'augmentation, ni vers la diminution, durant la série des

204 BéBomé général.

âges, qui correspondent aux £ftunes seconde et troisième siluriennes de la Bohême.

Notre recherche sur les Orthocères des contrées étrangères^ étant fondée sur un nombre d'espèces beaucoup moindre, ne pent pas avoir une égale valeur. Mais, les résultats obtenus sont en harmonie avec ceux que nous venons de formuler, surtout pour les faunes siluriennes.

Nous observons une augmentation apparente de k fréquence de la forme nummuloide, d'abord faible dans les faunes dévoniennes et ensuite plus forte dans les faunes carbonifères. Mais, cette apparence s'explique, parceque nous n'avons pas voulu compter parmi les siphons cylindriques, ceux que nous ne connaissons que par des goulots étroits, tandisque les siphons nummuloides se reconnaissent au premier coup d'oeil par leurs larges goulots.

D faut aussi considérer, que les Orthocères siluriens constituent la fraction 0.92 du nombre total des espèces de ce genre, tandisque les Orthocères dévouions et carbonifères ne représentent que la faible proportion, 0.08. Parmi eux, ceux qui montrent la forme des éléments du siphon sont réduits à un petit nombre et ne peuvent servir de base à un résultat certain. Voir les observations qui suivent notre tableau Nr. 13, p. 783, Texte V.

Enfin, nous rappelons, que la forme nummuloide du siphon n'est connue, ni dans les faunes permiennes, ni dans les faunes triasiques, dans lesquelles la forme cylindrique persiste. Ce fait ne s'accorderait pas avec une fréquence prononcée de la forme nummuloide dans les faunes carbonifères, où elle aurait égalé celle de la forme cylindrique.

Ainsi, nous sommes convaincu, que la forme cylindrique a maintenu réellement sa prédominance habituelle, même dans les faunes carbonifères. Ce fait se manifestera, lorsqu'on pourra comparer les formes encore inconnues des éléments du siphon dans les Orthocères de cette période.

Parmi les autres genres des Nautilides, ceux qui attirent principalement notre attention sont Nautilus et Cyrtoceras.

Dans Nautilus, le nombre des observations sur 1^ forme des éléments du siphon se réduit jusqu'ici à 24, parmi lesquels 23 montrent la forme cylindrique et 1 seul la forme nummuloide. C'est Naut arietisy Reinecke, du Muschelkalk. {Ncmt bidorsatus, Schlot.)

' Résumé général. 205

n faut aussi remarquer, que les 3 espèces actuelles possèdent tm siphon cylindrique, comme les plus anciens Nautiles connus. Ce genre, lorsqu'il sera mieux étudié, nous semble destiné à présenter im puissant témoignage en faveur de l'indépendance de la forme des éléments du siphon, par rapport à Finfluence des âges géologiques.

Cyrtoceras, dont nous énumérons 475 espèces, est représenté en Bohême par 262, parmi lesquelles la proportion 0.90 permet d'observer la forme des éléments du siphon. L'étude des espèces de ce genre dans notre bassin, nous montre d'abord, comme dans Orthoceras, la prédominance de la forme cylindrique, qui est représentée par la proportion, 0.64, tandisque la forme nummuloide est réduite à 0.38. ^

La distribution de ces formes, dans les bandes de notre terrain, nous offre pour chacune d'elles une série d'oscillations en sens opposés, c. à d. sans que l'influence des âges géologiques se manifeste d'une manière continue et dans un même sens. Ce résultat est confirmé par l'étude des Cyrtocères des contrées étrangères.

Ces observations, fondées sur les 3 genres principaux, suffisent bien pour nous convaincre, que parmi les Céphalopodes étudiés, l'influence des âges géologiques, sur la forme des éléments du siphon, n'est pas reconnaissable. Ce fait deviendra encore plus évident, lorsque les espèces dévoniennes et carbonifères auront été étudiées comme les espèces siluriennes.

D'après le petit nombre de celles, dans lesquelles la forme des éléments du siphon est aujourd'hui connue, dans ces 2 faunes, on ne peut pas formuler des conclusions en toute sécurité, surtout pour les espèces qui appartiennent aux faunes carbonifères. Mais il est très vraisemblable, que l'harmonie entre ces faunes et les précédentes se maintiendra, comme dans toutes nos autres études, lorsque nous serons mieux informés.

Etude IX. Largeur du sipho^.

Voir pp. 858 à 932, Texte V.

Nos recherches nous ont conduit d'abord à constater, (p. 883, Texte Y) que la grande zone septentrionale d'Amérique présente le plus grand nombre d'espèces du genre Orthoceras^ qui possèdent un large siphon, y compris les sous-genres, Endoceras^ Gonioeeras et

206 Résumé général.

Huronia. Ce privilège est moins prononcé dans la zone septentrionale d'Europe. Mais, il est bien établi, que la zone centrale de ce continent offi^ un minimum par rapport aux 2 autres zones comparées.

Nous ne considérons pas ce fait de distribution horizontale comme un indice de l'évolution théorique.

Un second fait, aussi étranger aux influences de l'évolution, consiste en ce que tous les sous-genres possédant un large siphon ont présenté une existence relativement courte, par rapport à celle des types dont le siphon est étroit. Ces sous-genres sont:

Endoceras Hall. Piloceras Salter.

Gonioceras Hall. Aturia Broun.

Huronia ....... Stokes.

Nous avons rendu ces relations faciles à saisir sur notre tableau et diagramme Nr. 16, p. 920, Texte V.

Nous ferons aussi remarquer, que les espèces avec les siphons les plus larges, dans divers genres, ont apparu sporadiquement, sans laisser aucune postérité. Elles sont irrégulièrement disséminées dans les 4 grandes faunes paléozoiques. Ce fait est exposé sur notre tableau Nr. 17, p. 930 et parait complètement indépendant de l'évolution théorique.

Les documents relatifs à la largeur du siphon étant encore très incomplets, nous nous sommes appliqué à examiner ceux qui concernent les genres principaux: Orthoceras, Cyrtoceras, NautiluSy FhragmoceraSy Gomphoceras, Par ces études, nous avons acquis la certitude que, dans aucun de ces types génériques, la largeur de cet organe n'a présenté des variations régulières, suivant une direction déterminée, c. à d. indiquant une influence quelconque des âges géologiques.

Chap. X. Dépôt organique dans le siphon des Nautilides.

Voir pp. 1039 à 1101.

Nos recherches sur ce sujet ont été presque entièrement limitées aux Nautilides de la Bohême, à cause du manque général de documents relatifs aux Céphalopodes des contrées étrangères. Notre faune lU nous a fourni la plupart des matériaux, qui nous

Résumé général. 207

ont servi à interpréter les apparences auparavant méconnues de ce dépôt, qui avait donné lieu à rétablissement de nouveaux genres, sans fondement dans la nature, comme Actinoceras, Bronn.

Les espèces sur lesquelles nous avons pu observer le dépôt organique dans le siphon, sont distribuées comme il suit:

Faunes carbonifères 3 espèces.

Faunes dévoniennes 12

Faune silurienne III . . * 195

Faune silurienne II 24

Ensemble 234 espèces.

Nous reproduisons ces chifires, d'après la p. 1096, pour constater que, malgré la grande disproportion entre les nombres comparés, il existe la plus complète harmonie entre les apparences du dépôt organique, dans le siphon des espèces appartenant à des faunes si distinctes et distribuées dans toutes les contrées paléozoiques.

D'après cette observation, confirmée par les nombreuses figures exposées sur nos planches, nous nous croyons en droit de considérer le dépôt organique dans le siphon conmie une sécrétion, qui n'a eu lieu que dans certaines espèces et principalement dans le genre Orthoceras. Elle est rare dans le genre voisin Cyrtoceras et dans la plupart des autres types.

Cette sécrétion est plus fréquenté dans la faune III silurienne, d'abord, parcequ'elle renferme le plus grand nombre des Orthocères et surtout parcequ'elle a fourni, en Bohême, la plupart des sections longitudinales, qui ont servi à nos recherches.

En somme, malgré la distribution inégale des espèces, montrant dans leur siphon un dépôt organique, nous n'avons pu reconnaître aucune influence des âges géologiques sur leur fréquence relative. Nous constatons sur la p. 1101, qu'en présence des documents insuffisants, nous n'avons entrepris aucune recherche spéciale pour constater ce fait par des chiffres statistiques, comprenant à la fois tous les genres.

208 Résumé général.

Chap. XL Test des Nautîlides.

Voir pp. 1102 à 1181. Texte V.

Nous avons consacré au test des Nautiles les 79 pages que nous venons d'indiquer. Mais, c'est principalement l'étude relative à romementation extérieure de la coquille, qui aurait pu nous révéler les traces de l'évolution. Nous avons exposé cette étude sur les pp. 1168 à 1171 sous le titre de:

Vn. Becherche de Vinfluence des âges géologiques swt Vome' mentation extérieure du test, dans l'ensemble des Nautilides.

Nous avons principalement appliqué notre attention aux 3 genres principaux: Nautilus, Orihoceras et Gyrtoceras et ensuite à Phragmoceras^ Gomphoceras et Trochaceras.

Nous ferons remarquer que, dans l'étude III du même chapitre (p. 1134), nous avons passé en revue tous les genres et sous-genres, pour reconnaître dans chacun d'eux les apparences diverses des

ornements de leur surface.

Nos observations sur ce sujet sont résumées sur la p. 1171, dans les termes suivants:

«Nous devons reconnaître que, d'après les documents publiés jusqu'à ce jour, l'ornementation de la surface externe du test, parmi les NautiKdes, n'a éprouvé aucune variation graduelle et successive, suivant un sens déterminé, durant toute l'existence de cette famille, c. à d. à partir de la faune seconde silurienne jusqu'à la faune actuelle. Ainsi, cette ornementation ne nous semble fournir aucun indice quelconque de l'évolution théorique".

€hap. XII. Épidermides. Apparences dérivant de la

surface du manteau des Nautilides.

Voir pp. 1181 à 1223, Texte V.

Nous désignons par le nom général, Epidermides^ les apparences que nous avions auparavant nommées, stries creuses et qui ont été originairement connues sous les noms de: BwnisélschicM et de Ritzstreifen, employés par les Doct. Sandberger au sujet des Goniatites dévoniens et des Clyménies.

Ces apparences se montrent principalement dans les Ortho- -cères, soit sur la surface de leur moule interne, soit sur celle de

Résumé général. 209

quelques lamelles intérieures du test. Nous les avons aussi observées, mais moins fréquemment, sur certaines espèces des 7 types suivants, (p. 1212, Texte V).

Trochoceras .... Barr. Hall.

Ascoceras Barr,

Glossoceras . Barr.

Bathmoceras Barr.

Cyrtoceras Goldf.

Ophidioceras Barr.

Nautilus Linné.

Il est vraisemblable, qu'on découvrira aussi tôt ou tard, des Epidermides dans d'autres types parmi les Nautilides.

Nous rappelons, qu'on connaît leur existence sur quelques Ammonites, surtout d'après les observations de M. le Doct. Edm. v. Mojsisovics. Voir p. 1221.

D'après les résultats de nos études, les apparences des epidermides sont sensiblement constantes, soit dans les divers types, soit dans les diverses familles des Céphalopodes. Nous citerons les 2 principaux exemples de cette constance:

1. Certains individus de Naut Pompilius, actuellement vivant dans nos mers, présentent des epidermides semblables à celles de nos Nautiles siluriens.

2. Les Orthocères triasiques de Hallstatt, figurés par M. le Doct. Edm. V. Mojsisovics sur la PI. 1 de son bel ouvrage, Das GeUrge wm Hallstatt /, sont couverts d'épidermides, qui ne pourraient être distinguées de celles des Orthocères siluriens de la Bohême.

D'après ces faits, les Epidermides ne présentent aucune trace de l'influence des âges géologiques.

Nous rappelons, en même temps, que les documents relatifs aux epidermides sont encore incomplets.

Chap. xni. Ligne normale, carènes.

Voir pp. 1223 à 1232, Texte V.

Les apparences décrites sous ces 2 noms sont relativement rares. Le plus grand nombre d'entre elles ont été observées sur des Orthocères de la Bohême, ou sur des espèces dévoniennes de là contrée de Nassau.

Mais, l'inconstance de la ligne dite normale et des carènes, dans leurs rapports avec le côté ventral de la coquille, nous a empêché

210 Résumé général*

de reconnfdtre leur nature et d'apprécier leur valeur comme caractère zoologique.

Bien que ces apparences se retrouvent dans divers types, et dans plusieurs faunes paléozoiques, nous n'avons pu établir aucune connexion quelconque entre elles, en les comparant suivant Te sens vertical des faunes. Nous les considérons donc comme naturellement éliminées des recherches, qui nous occupent en ce moment, c. à d. comme ne pouvant pas même donner lieu à la question de savoir, si elles sont en relation avec les âges géologiques.

Chap. XIY. Progression des mollusques, dans leur coquille. — Ascension et descente dans Teau.

Voir pp. 1232 à 1246, Texte V.

Les faits et considérations exposés dans ce chapitre ne peuvent avoir aucune connexion avec l'influence des temps écoulés. En effet, d'après la structure semblable des coquilles, aux divers âges antérieurs e^ à l'âge où nous vivons, il est très-\Taisemblable et on pourrait dire certain, que les Céphalopodes, depuis leur origine jusqu'à nos jours, ont invariablement employé les mêmes moyens, soit pour leur progression dans leur coquille, soit pour leur ascension et leur descente dans les eaux. Ces moyens sont si ingénieux, que l'intelligence humaine n'a pas encore complètement réussi à les comprendre et à les expliquer sûrement. Il serait impossible d'en attribuer l'invention à ces Mollusques. Ils doivent donc leur avoir été inspirés et imposés p§.r le Créateur, au moment où les Céphalopodes ont été introduits parmi les habitants des mers siluriennes, c. à d. à l'origine de la faune seconde. Voir notre Note additionnelle 1, ci-après, à la fin de cette partie du texte.

Chap. XY. Remplissage inorganique de la coquille.

Voir pp. 1246 à 1280, Texte V.

Le remplissage inorganique des coquilles, c. à d. leur fossilisation, étant uniquement dérivée de réactions chimiques, ou d'actions mécaniques, qui ont eu lieu après la mort des mollusques, ne peut nous offrir le sujet d'aucune considération relative à l'influence des âges géologiques sur les modifications qu'ont pu subir les Céphalopodes.

Résumé général. 211

Chap. XYI. Dimensions de la coquille et du corps des Nautilides.

Voir pp. 1280 à 1301, Texte V.

En passant en revue tous les types des Céphalopodes, dans toute la durée de leur existence, nous constatons que, dans plusieurs d'entre eux, comme Orthoceras, Cyrtoceras, Nautilus, Phragmoceras, Gomphoceras . . . &c . . ., il apparaît irrégulièrement et sporadiquement des espèces de grande taille, qui ne sont pas annoncées par un accroissement graduel et successif des dimensions dans les espèces congénères. Elles disparaissent aussi subitement, sans laisser aucune postérité reconnaissable.

Nous faisons remarquer, par exemple, que, dans le genre Nautilus le diamètre maximum, environ 24 à 26 centimètres s'est manifesté dans l'une des espèces primitives du grès calcifère, au Canada, c. à d. à l'origine des Céphalopodes. Cette espèce est Nauf. ferox^ Bill. Nous retrouvons de semblables dimensions dans Ncmt tyrannus de notre bande e2, dans Naut regulus, Eichw., du calcaire carbonifère, dans diverses espèces des faunes triasiques des Alpes Autrichiennes, . . . &c . . . et dans les Nautiles éocènes. On sait, que les plus grands spécimens de Naut, Pompilius s'approchent beaucoup de cette taille. Ainsi, ce maximum s'est maintenu, en apparaissant sporadiquement à des époques irrégulières, durant la série des âges géologiques.

Ce fait se reproduit parmi les espèces des genres principaux.

Nous ne reconnaissons dans aucun d'eux, à aucune époque, une tendance continue, soit vers l'augmentation soit vers la diminution des dimensions de la coquille ou de la grande chambre, qui représente le corps du mollusque. Ainsi, les dimensions des Céphalopodes nous semblent avoir été complètement indépendantes de l'évolution théorique.

Chap. XYII. Partie initiale de la coquille.

Voir pp. 1301 à 1399, Texte V.

Ce travail est divisé en 2 parties. Dans la première, nous décrivons tous les principaux spécimens, dans lesquels nous avons pu observer la pointe initiale de la coquille, parmi les Nautilides,

212 Résumé général.

Goniatides et Ammonides. Us sont presque tous figurés sur nos planches, 487 — 488 — 489—490, ainsi que les plus instructifs, que nous avons trouvés dans les ouvrages de nos devanciers.

La seconde partie, basée sur les matériaux exposés dans la première, constate que:

1. La pointe initiale de la coquille a présenté une forme conique plus ou moins aiguë, mais constante, dans les NautiUdest à partir de leur première apparition à l'origine de la faune seconde silurienne, jusqu'aux Nautiles qui vivent dans les mers actuelles.

2. Cette forme contraste avec celle de la partie initiale de la coquille figurant un oeuf, dans les Goniatites^ qui ont apparu vers le milieu de la durée de la faune troisième, en Bohême, et qui, selon les théories, se sont graduellement transformés en Ammonites.

3. n est impossible d'admettre, que les Goniatites dérivent des Nautilides, parceque les premiers Goniatites siluriens sont caractérisés par une partie initiale, qui contraste avec celle des Nautiles, tandisque, selon les théories, leur descendance à partir des Nautilides devrait se manifester, avant tout, par la conservation de la même forme embryonnaire.

Ces faits et les considérations qui les accompagnent, nous conduisent à la conclusion exposée (p. 78) ci-dessus, dans les termes suivants:

«Ainsi, l'application des principes de l'évolution nous conduit à conclure des faits constatés, qu'il n'y a eu, ni filiation, ni transformation graduelle et successive, dans Tordre des Céphalopodes, à partir de leurs premiers représentants, c. à d. les Nautilides, jusqu'aux Ammonides, par l'intermédiaire des Goniatites i^

A l'occasion de cette conclusion, nous ajouterons une observation relative à l'état actuel de nos connaissances, au sujet de la transformation des Goniatides en Ammonides.

Nous ignorons complètement à quelle époque cette transformation aurait eu lieu. Nous savons seulement, que MM. les Prof. Quenstedt et Gust. Laube, n'ont reconnu aucune trace des Goniatites annoncés parmi les Céphalopodes triasiques. Cependant, 2 Bactrites de St. Cassian, décrits par M. Laube, indiqueraient que la famille des Goniatides n'avait pas encore cessé d'exister, à cette époque.

Bésumé général. 213

Abstraction faite de cette question accessoire, nous dirons:

Pour que la transformation des Goniatites en Ammonides devienne croyable, il serait indispensable de montrer une Ammonite, qui, sérieusement analysée, présente dans ses premiers tours embryonnaires les goulots des cloisons dirigés vers Tarrière, comme dans les Goniatites^ tandisque dans les tours externes du même individu les goulots sont dirigés vers l'avant, signe caractéristique de tous les Ammonides.

Tant que ce fait n'aura pas été observé, la descendance des Ammonides à partir des Goniatides restera aussi peu démontrée que celle des Goniatites à partir de Nautiltis. En effet, dans ces 2 cas^ très comparables entre eux, la descendance ne peut être supposée qu'au moyen d'une violation manifeste du principe fondamental des théories, savoir: que l'embryon représente la forme de l'ancêtre primitif.

Nous sommes loin d'admettre ce principe, mais nous rappelons, que si les théories veulent paraître conséquentes avec elles-mêmes, elles doivent éviter de le violer, comme elles le violent 2 fois sans scrupule, dans les prétendues filiations et transformations admises à partir des Nautilides jusqu'aux Ammonides, par l'intermédiaire des Goniatides.

L'étude que nous venons d'analyser, sur la partie initiale des Céphalopodes polythalames, nous a conduit à constater les plus grandes discordances entre les théories de l'évolution et la réalité paléontologique.

O. Particularités remarquables déduites de nos études sur les Céphalopodes.

I. Partieularités qui se manifestent, dans la strueture de la coquille des Céphalopodes, à l'époque du maximum numérique des espèces, dans la bande e2, en Bohême.

Dans notre étude sur la distribution verticale des Céphalopodes, dans le bassin silurien de la Bohême, ci-dessus, p. 160, nous avons exposé les avantages extraordinaires, que possède notre bande e2, sous le rapport de sa richesse en formes spécifiques, (p. 166.) En effet, elle nous en a fourni 777, qui représentent la proportion

214 Résumé général.

-jY^ = 0.69 de toutes les espèces de cet ordre, connues dans notre bassin. Voir notre diagramme, p. 162 — 164.

Au sujet de cette faune, nous devons encore faire remarquer des particularités diverses, qu'offrent certains Céphalopodes qu'elle renferme. Elles sont relatives à la conformation des éléments de la coquille, ou à des apparences accessoires, et elles sont habituellement concentrées entre les limites verticales de la bande e 2. Elles sont donc temporaires.

Nous espérons qu'on en retrouvera la trace dans d'autres contrées, comme sur l'île de GotMand, et sur l'horizon du groupe de Niagara . . . &c . . .

1. Les Orthocères de la bande e2 nous présentent le maximum et le minimum de l'angle apicial. Ex.

Maximum dans Orth. poculum, Barr PL 187 — 70^.

Minimum dans Orth. columen, Barr PI. 309 — 1 ® à 2^

D'autres formes se rapprochent de ces limites extrêmes. Aucune ne se propage verticalement.

2. Les Orthocères de la bande e 2 nous offrent la plus grande fréquence, comme aussi le maximum d'intensité du dépôt organique, soit dans les loges aériennes, soit dans l'intérieur du siphon.

3. Les Céphalopodes de la même bande sont jusqu'à ce jour les seuls, qui nous ont permis de constater la troncature normale de la coquille, c. à d. la troncature suivie de la réparation de la pointe perdue.

4. La plus singulière particularité, qui se manifeste dans les Nautilides de la bande e2, consiste en ce que, dans un certain nombre d'espèces, représentant 8 types génériques, le siphon varie dans sa position, suivant l'âge des individus. Nous avons énuméré toutes les espèces en question sur le tableau Nr. 2, p. 554, Texte IV. Leur nombre s'élève à 63. En déduisant 11 espèces étrangères, il en reste 52, qui appartiennent à la Bohême et parmi elles, 50 ont été trouvées dans la bande e2. . Une d'elles avait existé dans la bande el et la dernière a suivi, dans la bande f2.

D'après cette répartition, on voit qu'en Bohême, les espèces à siphon variable, durant l'existence d'un même individu, ont été d'abord annoncées par un avant-coureur, dans notre bande cl, et ensuite presque toutes ont été concentrées dans notre bande e2.

Bésunxé génér^. 215

Elles 6nt disparu à la fin du dépôt de cette bande, sans laisser aucune trace de postérité. Seulement, une autre espèce, Orth. Woodwardi, a présenté la même variation dans la bande f 2. Elle s'est éteinte de même, sans qu'aucun groupe se soit établi dans notre bassin, à l'aide de cette distinction remarquable, qui pouvait aisément devenir un caractère générique. Cette occasion a été perdue ï)Our l'évolution.

Nous rappelons, que nous avons proposé un problème zoologique, pour résoudre la question de savoir, par quel procédé le siphon pouvait se déplacer sur la section transverse du corps, pendant l'existence d'un même individu. Voir p. 562, Texte IV.

5. Nous connaissons en Bohême 10 espèces d'OrthocèreS' à siphon mixte, qui constituent la fraction VA = ^-^1^ ^^^ représentants de ce genre. Les 29 espèces de la Série tardive ne sont pas comprises dans le nombre 525.

Ces 10 espèces sont toutes concentrées dans la hauteur de nos bandes el, e2. Elles sont énumérées sur le tableau Nr. 4, p. 752, Texte, partie V,

Nous rappelons que les Huronia, au nombre de 8, qui présentent dans leur siphois^ une combinaison analogue, ont existé au Canada sur un horizon comparable à celui des bandes el, e2, c. à d. dans les groupes de Clinton et de Niagara. (1. c. p. 753.)

6. Parmi ceux de nos Nautilides, qui sont caractérisés par la lobation de leur grand orifice, c. à d. Phragmoceras et Gomphoceras, nous remarquons 2 apparitions très distinctes et séparées par une intermittence très prolongée, à partir de la bande e2 jusqu'à la bande g 3.

Or, parmi les 26 espèces distinctes de Phragmoceras, qui caractérisent nos bandes el, e 2, il y en a 11 dont le grand orifice est lobé. Au contraire, parmi les 21 espèces de g 3, aucune ne présente une lobation comparable, c. à d. avec plus de 2 lobes.

De même, parmi les 64 espèces de Gomphoceras^ renfermées dans notre bande e2, 5 montrent leur grand orifice lobé. Par contraste, aucune lobation analogue ne se manifeste parmi les 8 espèces de ce genre, trouvées dans la bande g 3. Ainsi, la bande e2 représente l'époque restreinte du maximum d'intensité, dans la contraction de l'ouverture et dans la lobation du grand orifice.

216 Résumé général.

Nous ferons remarquer que les chiffres, que nous venons d'indiquer pour les espèces de ces 2 genres, comprennent aussi celles qui ont été décrites dans notre Série tardive. Voir p. 246, Supplt.

7. Parmi les 64 espèces de Gomphoceras connues dans la bande e 2, il y en a 12, qui montrent leur siphon en opposition avec le côté ventral. Ce nombre est assez considérable pouf justifier l'espoir de voir naître un nouveau sous-genre, caractérisé par cette relation entre le côté ventral et le siphon. Mais, cet espoh* s'est évanoui, parceque ces 12 espèces ont disparu de e2, sans laisser aucune postérité présentant le même caractère. Voir l'énumération de ces espèces sur la p. 691, Texte IV.

8. Parmi les groupes, que nous avons indiqués dans les espèces du genre Cyrtoceras^ il y en a un, qui est uniquement composé d'espèces brévicones, distinguées par des ornements colorés, dans l'intérieur de leur test. Toutes ces espèces appartiennent à notre bande, e 2.

9. Il en est de même du groupe beaucoup plus nombreux et contrastant par la forme longicone de la coquille et par la forme nunîmuloide des éléments de son siphon exogastrique. Voir nos observations au sujet de ce groupe, dans le chapitre du test, cidessus, p. 1148.

Nous répétons seulement que aucune espèce de ce groupe ne se trouve en Bohême hors de la bande e2, ni dans aucune contrée étrangère.

Nous avons présenté de nouvelles observations sur ce groupe dans notre Série tardive, p. 254, Supplt. En ajoutant les 12 espèces nouvelles de cette série, le nombre total de ces Cyrtocères s'élèverait à environ 70. Us constituent donc un groupe très isolé et très important, qui apparaît et qui disparaît soudainement, sans égard pour les prétendues lois de l'évolution.

10. Parmi les 525 espèces d'Orthocères de la Bohême, il y en a 52, dont le siphon est en opposition avec le côté ventral. Elles sont énumérées sur notre tableau Nr. 15B, p. 643, Texte IV.

Or, parmi ces 52 espèces, il y en a 45, qui appartiennent à notre étage E, mais principalement à notre bande e2. Les autres sont réparties par petits nombres, entre les autres bandes de notre terrain. La grande majorité, appartenant à la bande e 2, peut être

( Eésumé général. 217

considérée comme un nouveau groupe à ajouter à ceux qui distinguent cet horizon. Aucun de ces Orthocères ne se propage dans les horizons supérieurs.

En somme, les exemples, que nous venons de rappeler, s'accordent bien à nous montrer, que l'existence des^espèces ou des groupes caractérisés par certains particularités, est en connexion avec la grande richesse spécifique, qui se manifeste dans la plupart des genres, sur l'horizon de la bande e2.

Il nous est impossible de nous expliquer l'origine et le but de ces apparences temporaires, dont la plupart sont exclusivement propres à la Bohême. Mais, nous sommes induit à penser que les variations, indiquées dans la conformation de la coquille, étaient uniquement destinées à établir des distinctions spécifiques, en proportion avec le nombre croissant des espèces. Nous constatons, que ces variations ne se manifestent pas sur les horizons, qui n'offrent qu'un nombre d'espèces plus limité.

Il faut surtout remarquer, qu'elles ne se propagent pas dans les bandes supérieures à e2 et qu'elles n'aboutissent jamais à constituer un nouveau type générique.

II. Connexions inexpliqnées entre divers éléments de la coqnille des Céphalopodes.

On dit vulgairement, que tout se tient dans la nature. Mais, il n'est pas toujours aisé de reconnaître l'origine des connexions, dont nous observons matériellement l'existence. C'est précisément ce qui nous arrive au sujet de divers faits, que nous avons successivement signalés dans nos études générales. Comme ils sont très isolés dans notre texte, nous croyons devoir les rapprocher, en rappelant brièvement leur nature.

1. Relations entre la position du siphon et divers autres éléments de la coquille.

1. Le groupe des Orthocères brévicones de la Bohème renferme jusqu'à ce jour 66 espèces, parmi lesquelles il y en a 40, dont le siphon est submarginal. Voir Texte III, p. 14. La proportion est donc de |2 = 0-60.

Les espèces brévicones de la Série tardive ne sont pas comprises dans ces chiffres.

218 Résamé général.

Au contraire, parmi nos Orthocères longicones, le siphon submarginal est très rare. D n'est connu que dans 10 espèces, y compris un Endoceras. Ces 10 espèces sont énumérées sur le tableau Nr. 5, p. 373, Texte IV. Elles représentent, parmi les Orthocères longicones, la proportion de -^^^ = 0.02, déjà calculée sur la p. 374, Texte IV. ^

On peut se demander, pourquoi le siphon marginal est si rare parmi les Orthocères longicones de la Bohême, tandisqu'il se rencontre dans plus de la moitié de nos Orthocères brévicones. Nous ne saurions donner aucune réponse à cette question.

2. Dans le genre Trochoceras, nous avons établi 2 sections principales, pour classifier les espèces, dont la courbure est exogastrique. Nous avons exposé sur la p. 406, Texte IV, les relations qui existent entre les principales positions du siphon et Tomementation extérieure, savoir:

La première section, comprenant les espèces lisses ou sans anneaux, montre principalement le siphon submarginal.

Au contraire, la seconde section comprenant toutes les espèces ornées d'anneaux, renferme tous les Trochoceras à siphon central ou subcentral. Mais cette section a aussi fourni toutes les espèces, dont le siphon est excentrique, tandisqu'elle ne renferme que 3 espèces à siphon submarginal.

Dans ce cas, les relations entre la position du siphon et les ornements du test sont très marquées, mais également inexplicables.

3. Parmi les espèces des genres Phragmoceras et Gomphoceras, nous observons une singulière relation entre la lobation du grand orifice et la position du siphon. Voir les tableaux Nr. 50, p. 512 et Nr. 51, p. 515, Texte IV, et les observations qui les suivent.

Nous constatons que, dans presque toutes les espèces de Phragmoceras, dont le grand orifice n'est pas lobé, ou bien se réduit à 2 lobes, le siphon occupe la position submarginale.

Par contraste, dans les groupes dont le grand orifice est lobé, à partir de 4 jusqu'à 8 lobes, le siphon s'éloigne relativement du bord ventral et occupe une position excentrique (1- c. p. 514.)

De même, parmi les espèces de Gomphoceras, dont le grand orifice présente plus de 3 lobes, le siphon est le plus souvent excentrique, (1- c- P- 519.)

Résumé général. 219

Comment concevoir la connexion entre la lobation du grand orifice et la position du siphon?

' 4. Nous rappelons, que la classification de nos Orthocères de Bohême est foûdée sur les apparences du test. Voir p. 1110, Texte, partie V, Tabl. Nr. 1, colonne 2. Elle nous a donc permis de reconnaître certaines relations, entre les apparences des ornements extérieurs et la position du siphon.

Nous avons exposé ces relations en détail sur les pp. 622 à 625 de notre texte, partie IV, en prenant pour exemples 6 de nos groupes. Nous en citerons seulement 2, dans lesquels on reconnaît aisément, que des ornements différents correspondent à une position différente du siphon.

Les espèces à siphoÉ excentrique

Dans le groupe 11, caractérisé par l'imbrication inverse des stries

Dans le groupe 12, caractérisé par l'imbrication directe des stries

ou subcentral, en conjonction avec le bord ventral, sont prédominantes.

Les espèces à siphon excentrique ou subcentral, en ojpposition avec le bord ventral, sont prédominantes.

La seule différence entre ces 2 groupes consiste dans l'imbrication directe ou indirecte des ornements. Comment concevoir son influence sur les relations entre la position du siphon et le côté ventral ?

5. Parmi les Orthocères à siphon excentrique variable, qui sont au nombre de 38, il y en a 13, c. à d. plus de -J, qui appartiennent à notre groupe 4, caractérisé par des ornements longitudinaux prédominants. Les 2 autres tiers sont distribués de la manière la plus irrégulière entre 9 autres groupes. (Voir p. 367, Texte IV.)

Qui aurait pu imaginer, que l'ornementation longitudinale

pouvait être en relation avec la position variable du siphon, suivant

l'âge des individus? Ce fait, Comme les précédents, reste sans interprétation.

m. Avant-coureups des types.

Nous avons nommé avant-coureurs certaines espèces, que notre illustre maître Louis Agassiz a désignées par le nom de prophétiques. Notre bassin nous permet d'en citer quelques exemples.

220 Résumé général.

1. Ainsi, parmi les espèces, dont le siphon varie de position, suivant l'âge des individus, noas avons constaté, que 52 appartiennent à la Bohême et 50 à la bande e2. Ces 50 espèces ont été précédées par un avant-coureur, qui se trouve dans la bande eh Voir ci-dessus, p. 214.

2. Nous avons établi depuis longtemps, que tous les Goniatites siluriens de la Bohême, au nombre de 17, énumérés sur notre tableau de distribution, p. 9, 1870, appartiennent au groupe des NautiUni. Nous avons reproduit cette observation dans le Chapitre de la Distribution, p. 121.

Le groupe des Nawtiliniy caractérisé par un lobe aplati et peu profond sur chaque face latérale, continue à prédominer sur les horizons inférieurs des faunes dévoniennes et nommément dans les schistes de Wissenbach.

Mais nous décrivons, sur la p. 110 de notre Série tardive, une espèce récemment découverte par M. le Doct. Fritsch, dans les calcaires supérieurs de notre bande gl. Elle contraste avec toutes les espèces de Bohême par 2 lobes profonds et linguiformes, qui sont très distincts sur chacune de ses faces latérales. Voir PI. 522. Gon. praematuruSy Barr.

Cette espèce, disparaissant complètement dans notre bassin et n'étant suivie par aucune autre espèce à lobes profonds, ne peut être comparée qu'aux espèces dévoniennes et carbonifères, caractérisées par une lobation analogue. Elle joue donc réellement le rôle d'un avant-coureur.

3. On sait, que le genre Cyrtoceras est le plus riche en espèces dans notre bassin, après le genre Orthoceras. En effet, si nous ajoutons, aux 262 espèces de Cyrtoceras^ prises en considération dans nos Etudes générales, les 68 espèces nouvelles de la Série tardive, énumérées sur le tableau Nr. 11, p. 263, Supplt. nous obtiendrons un total de 330 espèces de ce genre.

Or, notre faune seconde proprement dite est absolument dépourvue de toute trace de ce type. Mais, nous avons trouvé un seul exemplaire de Cyrt. plebeium dans la Colonie Krejéi et un spécimen également isolé de Cyrt. advenu^ dans la Colonie de Béranka.

Nous croyons pouvoir considérer ces 2 individus comme des avant-coureurs bien caractérisés du genre Cyrtoceras.

Résumé général. 221

4. Le genre Gomphoceras est représenté dans notre faune troisième par 77 espèces, y compris les 2 de la Série tardive. Une seule est connue dans notre faune seconde. Mais notre diagramme, p. 162, montre, que la grande majorité, c. à d^ 66 espèces de ce type, ont fait Iteur apparition simultanée dans notre bande e2.

Or, dans la bande sous-jacente el, nous voyons que ce genre n'était représenté que par 2 espèces et nous ajoutons qu'elles sont très rares. Elles pourraient donc être considérées comme avant-coureurs. Mais, ce caractère d'avant-coureur se reconnaît encore plus distinctement dans Gomphoc. primwm^ qui a été trouvé dans la bande d5, c. à d. dans la dernière phase de notre faune seconde et qui, de plus, n'est représenté que par un seul spécimen.

Si un paléontologue quelconque se hasardait à considérer Gomphoc. primum comme la souche unique des 68 espèces de nos bandes el, e2, nous le prierions de remarquer, sur le diagramme, que les 66 Gomphoceras de la bande e2 n'ont pas fourni un seul rejeton, dans la bande superposée f 1.

rv. Larges siphons en connexion avec la courte durée de

certains types et avec la distribution géographique

de leurs espèces.

La science n'ayant pas encore déterminé exactement les fonctions du siphon, il nous est impossible de juger, si les dimensions croissantes de cet organe indiquent quelques facultés avantageuses ou désavantageuses aux Céphalopodes. Mais, nous sommes frappé par ce fait que les types, dans lesquels la largeur prédominante du siphon constitue un caractère commun à toutes les espèces, n'ont joui que d'une existence relativement courte. Ces types sont tous des sous-genres, au nombre de 5, savoir:

Piloceras . Sait.

Aturia Bronn.

Endoceras Hall.

Gonioceras Hall.

Huronia Stokes.

On peut reconnaître ce fait sur notre diagramme, tabl. Nr. 1, placé ci-dessus, p. 84.

Par occasion, nous rappelons que les faunes de la grande zone septentrionale, en Europe et surtout en Amérique, ont présenté

222 Résumé général.

de larges siphons dans beaucoup plus d'espèces que nous n'en connaissons sur la grande zone centrale d'Europe. Voir la p. 885, sur laquelle ce fait est exposé. C'est une particularité notable dans la distribution géographique des Céphalopodes.

T. Anachronisme des formes intermédiaires entre les types génériques.

Dans nos études sur les Trilobites, nous avons fait remarquer Bohemïlla, genre de la faune seconde silurienne, comme o&ant une forme anachronique, intermédiaire entre les genres de la faune primordiale les mieux caractérisés: Faradoxides et Agnostus. Voir notre Supplément au Vol. I, p. 140, 1872.

Nous rencontrons de même parmi les Céphalopodes diverses formes, qui pourraient être considérées comme représentant une transition entre deux types supposés indépendants. Mais, dans tous les cas à notre connaissance, ces formes qui semblent intermédiaires, sont exclues par un anachronisme, du rôle que les théories de l'évolution tendraient à leur assigner. Nous n'en rappellerons que quelques exemples, parmi ceux qui ont été signalés dans le cours de nos études.

1. Nous citerons d'abord le genre Gyroceras qui, au premier aspect, semblerait constituer, par sa spire à tours disjoints, une forme de transition entre Lituites et Ncmtilus,

Mais, ces 2 genres primitifs ont fait leur apparition à l'origine des Céphalopodes, dans la première phase de la faune H, tandisque Gyroceras n'a surgi que très tardivement, c. à d. dans la bande f 2 de notre bassin, vers le milieu de la durée de la faune ni. Son existence est donc anachronique au point de vue de l'évolution.

2. D'après la crosse courte ou nulle des Ophidioceras, nous avons cru devoir séparer ce sous-genre du genre principal, Lituites.

Or, nous figurons parmi les Ophidioceras de la Bohême trois espèces, dont la crosse tend à s'alonger et à présenter une transition vers le type principal. Ce sont:

Ophid. proximum PI. 45.

Ophid. rudens PI. 45.

Ophid. tessellatum PI. 97.

Résumé général. 223

Ces 3 espèces ont apparu dans notre étage E, c. à d. dans les premières phases de la faune III, tandisque Lituites et les espèces à crosse nulle de Ophidioceras avaient coexisté, parmi les types primitifs, à l'origine de la faune H. Voir notre diagranmie, p. 84, et le texte, p. 109.

Les 3 espèces citées sont donc anachroniques.

3. Le sous-genre Filoceras, Sait, diffère principalement du genre principal Cyrtoceras, par le large siphon de ses espèces. L'up et l'autre ont apparu à l'origine des Céphalopodes, c. à d. dans la première phase de la faune IL Le sous-genre PUoceras, n'a joui que d'une très courte existence, indiquée sur notre diagramme, p. 84. Depuis l'extinction de Piloceras, diverses formes de Cyrtoceras ont surgi avec des siphons de largeur intermédiaire. On pourrait donc les invoquer comme des formes de transition. Mais malheureusement, elles ne se sont manifestées que beaucoup trop tard. Voir p. 99. Filoceras avait disparu depuis longtemps.

4. Nous avons constaté en 1867, (p. 443) dans la première partie de notre texte, qu'il existe 3 voies de transition entre Orthoceras et Cyrtoceras. Les espèces placées sur ces 3 voies ont été signalées. Mais, ces espèces n'ayant apparu que dans la faime ni,^ sont toutes anachroniques, puisque les 2 genres comparés existaient ensemble à l'origine des Céphalopodes, et ont été représentés par des espèces contrastantes, pendant toute la durée de la faune seconde.

5. Dans notre étude sur l'ouverture de la coquille des Céphalopodes, nous avons signalé sur la p. 171, Texte IV, les apparitions répétées et anachroniques des formes simulant une transition entre l'ouverture simple et l'ouverture composée.

Nous croyons inutile de reproduire ici les exemples cités dans cette partie de notre texte. Mais, nous devons appeler l'attention sur un nouveau type, que nous nommons Mesoceras et qui présente une ouverture intermédiaire entre celles des Orthoceras et des Gomphoceras. Voir notre description. Supplément, p. 198 et les figures sur la PI. 508.

L'illusion dérivant de ces apparences de transition s'évanouit lorsqu'on remarque, que Mesoceras n'a apparu que dans notre bande e2, c. à d. dans la faune m, tandisque Gomphoceras et Orthoceras sont des types primitifs, remontant à l'origine de la faune seconde.

224 Résumé général.

6. Nous avons admis, sous le nom de forme mixte, un type des éléments du siphon, qui paraît réellement intermédiaire entre les 2 types principaux: cylindrique et nummuloide. Voir p. 745, Texte V.

Ce type intermédiaire n'a été observé jusqu'ici que dans 10 espèces de la Bohême, énumérées sur notre tableau Nr. 4, p. 752, Texte V.

Nous associons à ces espèces 8 Huronia du Canada, énumérées sur le tableau Nr. 15, p. 413, Texte IV.

Or, les 10 espèces à siphon mixte de la Bohême ont été trouvées exclusivement dans notre étage E, c. à d. dans les 2 premières phases de la faune III, p. 753, Texte V.

De même, les 8 Huronia appartiennent aux groupes de Clinton et de Niagara, qui peuvent être considérés comme correspondant à notre étage E.

Ainsi, toutes les formes mixtes des éléments du siphon ont apparu dans la faune III, tandisque les éléments cylindriques et nummuloides coexistaient à l'origine des Céphalopodes, dans la première phase de la faune H. Voir p. 779, Texte V.

Les formes mixtes ne peuvent donc représenter qu'une transition anachronique entre les 2 types principaux des éléments du siphon.

!>• Gonclnsions finales de nos études sur les Céphalopodes.

Comme conclusions finales de nos études sur les Céphalopodes paléozoiques, nous rappelons les principaux faits établis.

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