‹ Cercle chromatiqueChapitre 7 sur 14 · LES DIRECTIONS · texte numérisé non relu

LES DIRECTIONS

44. Différences de la sensation visuelle et de la sensation auditive.— Tandis que la sensation visuelle parfaite est simultanément triple : lumineuse, chromatique,schématique,la sensation auditive est simple. Complexe, T unité visuelle apparaît sous la forme d’un grand cycle, réaction discontinue des deux côtés : simple, l’unité auditive apparaît sous la forme d’un petit cycle continu : donc chaque variation d’excitation se marque d’abord par une variation dansle nombre des circonférences exécutées pour se projeter ensuite en changements de directions d’un cycle relativement discontinu. La sensation visuelle se projette sur un cycle orienté de droite à gauche en haut (fig. 3) ; la sensation auditive se projette normalement sur un cycle orienté de gauche à droite en haut, car la sensation visuelle est l’arrêt d’une représentation dans l’espace lequel se projette sur la fig. 2, par suite de sa continuité ; la sensation auditive est un instant du temps. De là une différencedans les conditionsdela dynamogénie : tandis que la dynamogénie de chaque couleur est corrélative à sa longueur d’onde et par conséquent inverse

du nombre de vibrations dans l’unité de temps, la dynamogénie de chaque son est corrélative au nombre de vibrations dans l’unité de temps ou au nombre des instants considérés simultanément (§ 8) : les sons aigus sont donc, comme le prouvent les expériences classiques avec la sirène relativement dynamogènes ; les sons graves, relativement intnbitoires : en effet, les sons aigus nous apparaissent comme hauts ; les sons graves nous apparaissent comme bas : ce sont les directions du travail intérieur.

Par une illusion, dont j’ai essayé d’expliquer le mécanisme, les Grecs avaient l’association contraire : ils considéraient les sons graves comme hauts , les sons aigus comm ebas. Si l’on observe que la note d’un corps sonore qui s’éloigne paraît devenirgrave et que la note d’un corps sonore qui se rapproche paraît devenir aiguë, si l’on observe que cet éloignei ment ou ce rapprochement du corps ne peut se représenter | que pardes directions centrifuge ou centripète, que ces directions sont dynamogènes ou inhibitoires comme les directions de bas en haut ou de haut en bas, avec lesquelles elles : sont d’ailleurs simultanées, on s’expliquera que, dans ces conditions, un son grave sera projeté en haut et qu’un son aigu sera projeté en bas : pour avoir généralisé le tait, les Grecs ont témoigné seulement du caractère plus objectif de leurs réprésentations Et cela paraît bien naturel quand on note que la puissance des représentations extérieures (gestes, cris, attitudes) est rigoureusement inverse de la complexité des représentations intérieures : le progrès de la complexité psychique de l’humanité étant évident, cette évolution de la sensation ne peut être que générale.

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