‹ CérébrauxChapitre 5 sur 17 · III ILS VONT PAR- LER DE L'ÉTHI- QUE · texte numérisé non relu

III ILS VONT PAR- LER DE L'ÉTHI- QUE

€ Le mariage pour les riches, le reste pour les pauvres. »

(Loi romaine)

« Le sine qua non d'être sage ou de souffrir. »

(Péladan).

(Le même :)

— Et pourtant, et pourtant... Avec toute la science dont nous sommes capables nous ne pouvons pas nous affirmer : Ici est le bien, tu fais le bon chemin. L'instinct est trop vite faussé par la mode. Qui noua montrera la route ? Aux femmes, elle reste encore pour le moment, tracée, car elles sont matériellement les passives du ménage ; elles n'ont qu'à accepter un rôle auprès d'un homme. Elles peuvent encore trouver à se marier.

— Généralement, oui. Mais beaucoup sont arrachées ou s'arrachent de leur rôle passif.

— Hélas pour elles ! La jeune fille peut presque toujours se marier si elle n'a pas peur des devoirs, ou se vendre à prix honorable, et honoré, en justes noces. Mais les hommes? Nous sommes pris entre

deux lois. La loi moderne défend le mariage aux jeunes : Il faut préparer sa vieillesse. Alors ? Les bibliothèques ou les filles, ou les habitudes prises au collège...

— Tu peux dire le mot. A l'inverse de quelques pudiques, les faits seuls nous choquent.

— ...Tous ne peuvent fixer une femme du monde, on n'ose pas toujours engrosser une jeune fille pauvre... Et l'autre loi est là, celle de l'Eglise, bonne encore, qui défend l'œuvre de chair où la loi moderne la permettait. S'abstenir ou souffrir ; savoir s'abstenir joyeusement ou disparaître dans la souffrance. Alors on doute parfois du bonheur trop haut des vieux dogmes. Le temps est-il encore où le devoir était le bonheur!

— L'enveloppe de volonté, hypertrophiée, a faussé son contenu, ou bien elle a cassé et les parties déséquilibrées du

contenu s'oublient et se heurtent, chair contre esprit, esprit contre cœur

— Débauche ou mariage, l'un interdit par les hommes, l'autre par la loi logiquement tirée des Lois. Reste la continence... sans fin... c'est bien dur. Et pas de nouvelles règles. La morale moyenne se réduit à ceci : Aimer ou ne pas aimer ; avoir ou n'avoir pas envie. Des demi-mesures ou des quarts de mesure. Le chaos. Chacun obligé de chercher par lui-même et par toutes expériences une vérité que nul ne lui a formulée, ne lui a affirmée. Nous sommes libres, terriblement libres.

— Beaucoup se contentent de ne rien chercher, il leur suffît d'être vivants... S'ils veulent se justifier, ils disent, orgueilleux : Nous sommes des païens.

— Il faut bien prendre un titre, se cacher sous un drapeau. Il est si difficile aux gens de croire à l'existence de règles

qu'ils ne suivent pas, pensent ne pas pouvoir suivre, pour n'avoir jamais essayé.

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