‹ Céremonial romain, rédigé d'après les sources authentiquesChapitre 10 sur 188 · XVIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XVIII PRÉFACE

OU mesures administratives du préseot, il en soccé* dera d'autres qui prétendront , pour de très yalables raisons, devoir approuver d'autres manières de faire. L'autorité des lois romaines garantit au moins contre ces variations. Chose étrange ! ces habitudes, contraires aux règles qu'on prétend ne pouvoir pas réformer à cause de l'iDconvénieut des changements , sont fort modernes parmi nous. On n'avait pas vu tant de diflBculté quand on les a introduites sans droit et sans raison. Gomment trouve-t-on si mal aisé de les corriger quand le droit et la raison le prescrivent (1) ? Non, ce n'est pas du côté du peuple qu'on trouve un obstacle réel à l'exactitude liturgique. C'est du côté de ceux qui, s'étant occupés de rubriques, croient plus à leurs propres idées qu'à celles qui ont présidé à la rédaction du cérémonial (2) , et se persuadent que tout irait beaucoup mieux si Ton faisait à leur guise. Or ils se trompent absolument. 11 est impossible d'étudier à fond le cérémonial et de le voir mis fidèlement en pratique sans reconnaître combien, dans son ensemble si admirablement combiné , il est supérieur à toutes les idées de nos rubricistes diocésains. Puis, quand on admet-

(1) Il faut remarquer qu'autrefois nos rites français étaient fort semblables au rite romain. On n'y connaissait pas ces inventions du siècle dernier ou de noire siècle qui heurtent tous les principes liturgiques, telles que les induts, Tétole habituelle des curés, la mozelle des chanoines hors de la cathédrale, etc. Nous avons rois ce point en lumière en traitant des Usages et des Abus.

(2) Plusieurs comprennent autrement que ne Ta fait l'Eglise les questions de préséance, de prérogatives et d!insignes à propos des dignitaires ecclésiastiques. Mais il est évident que toutes les dignités ayant été instituées et ayant eu leurs fonctions déterminées par l'Eglise et dans 1 intérêt de TEglise , nul ne sait mieux juger que l'Eglise du rang et dos honneurs qui conviennent à chacune.

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trait qne les pratiques qu'ils défendent étaient bonnes dans un autre rite, ne comprend*on pas qu'introduites au milieu du rite romain, elles en troubleraient Thar* monie et feraient sui^ des diflScultés qu'on ne saurait plus par quel principe résoudre (1) ?

Quant à Tobjection tirée d'infractions qui se commettraient à Rome et auxquelles on accorde tant de portée et de force contre les rites, tandis qu'on refuse de déférer à l'autorité de la Sacrée Congrégation, laquelle inculque sans cesse par ses décrets l'observance fidèle, nous ne croyons pas qu'il faille s'y arrêter sérieusement (2).

(1) En établissant récemment le rite romain dans un diocèse, on a cm pouvoir troubler toute Téconomie du cérémonial en introduisant, quand Vévèque officiait, deux prêtres assistants en chape, bien que, dans ce diocèse, on n'eût aucun précédent, et cela pour que les deux grands vicaires de Tévèque se trouvassent pareils en ornements et en fooclioos. Sans exposer ici combien Tordonnance romaine des offices poniificaux est rationnelle, et combien celle-ci Test peu, nous ferons remarquer qu'on se place ainsi complètement en dehors du cérémonial dont les règles ne peuvent plus guider et qu'on tombe dès lors dans le désordre liturgique le plus complet

(2) Sans doute, à Rome, pendant que les règles sont excellentes, et que, le plus souvent, elles sont très bien observées, il y a des infractions commises par des particuliers négligents et inattentifs; mais encore faut-il se défier des narrations de ceux qui, après un voyage à Rome, reviennent en racontant, d'après des observations très peu exactes et des souvenirs très confus, ce qu'ils croient peut-être ou du moins ce qu'ils assurent avoir vu. L'un affirme avoir vu à Rome, à Sainl-f'îerre, des choristes en chape à la messe; celui-ci prétend qu'à Rome, il y a un bêtement de chœur attribué aux laïcs qui portent par loérance l'habit ecclésiastique, la cotta^ et un autre surplis pour les prêtres. Selon cet autre, les pales sont à Rome et dans toute l'Italie revêtues de soie brodée , etc. Mais , en dehors même de ces contes, des récits plus sérieux peuvent mériter qu'on s'en déûe. Il n'est pas toujours très facile de bien comprendre ce qu'on voit : on aura été témoin à Rome d'un fait accidentel motivé par une circonstance passagère ou locale, on le prendra pour une pratique normale et régulière. On aura vu un célébrant se tromper avec assurance, on érigera ses erreurs en méthodes admissibles ou approuvées. On ne re-

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