XX PRÉFACE
Nous n'avions donc qu'un parti à prendre, celui de reproduire les rites dans leur forme authentique sans chercher à les accommoder au goût et aux habitudes de nos lecteurs. Les règles posées par l'autorité pontificale ne conservent-elles pas d'ailleurs toute leur force, quand même elles seraient mutilées ou altérées dans le travail d'un rubriciste inexact, fût ce livre devenu populaire dans nn diocèse? Encore un coup, nous avons exposé les cérémonies telles que l'Eglise romaine les a voulues, nec plus, nec minus, nec aliter, et nous repoussons la qualification A' œuvre exagérée.
Cette troisième édition , que nous publions sous le titre de Cérémonial romain rédigé d'après les sour-
connaîtra pas bien les personnes qui prennent part à une cérémonie, on ne connaîtra pas leurs prérogatives, ou encore on ignorera les induits accordés à certaines églises en vue de circonstances particulières; ce sont autant de causes d'erreurs. Pour n'en citer qu'un exemple, on s'étonnera , à Home , de voir les chapelains de l'église de Saint-Louis des Français faire les prières de la confession debout et pratiquer les autres cérémonies A la manière des chanoines ; on peut, en effet, ne pas savoir qu'à l'époque des querelles de ix)uis XIV avec le Pape, ces chapelains obtinrent de jouir des privilèges des chanoines de Saint- Pierre. Il faut donc prendre beaucoup de précautions à Rome et avoir beaucoup étudié pour n'être pas induit en erreur par ce qu'on voit. Un livre très estimable, dont l'auteur a voulu expliquer le texte du cérémonial des évèques par les remarques qu'il avait faites ù Rome au milieu des cérémonies, est un exemple du danger de cette méthode.
Disons, à propos des voyages à Rome, qu'on ne doit pas s'appuyer sur des paroles recueillies dans des conversations où la politesse et le désir de ne pas contredire exercent une influence marquée , et où chacun ne saisit pas toujours la portée précise des dires de son interlocuteur. Plusieurs reviennent de Rome en assurant que leurs idées ont été goûtées par de hauts personnages, et ils se croient dès lors le droit de préférer leurs conceptions aux documents les plus authentiques. Nous pourrions, à plus juste litre, revendiquer, pour l'exactitude dans les rites, Tautorité privée des personnes les plus considérables. Mais aucune discussion sérieuse ne peut être placée sur ce terrain.