‹ Céremonial romain, rédigé d'après les sources authentiquesChapitre 159 sur 188 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

L'adoption bientôt unanime du rit Romain par les Eglises de France y est un fait considérable à beaucoup de points de yue. Le Clergé ayant désormais^ pour célébrer le culte de Dieu, des règles qui trouvent tant de poids dans la haute autorité dont elles émanent, dans leur antiquité et leur universalité, dans l'authenticité des interprétations qui les éclaircissent, dans l'heureuse harmonie des parties si complètes dont elles se composent, dans la majesté des rites qu'elles prescrivent; le Clergé, disons-nous, ne peut manquer de s'affectionner davantage aux cérémonies sacrées, et la piété des fidèles doit espérer que les actions augustes de la liturgie s'accompliront dans nos temples avec un respect plus attentif et plus exact encore, avec une pompe encore plus imposante que par le passé (1).

(1) Nous sommes heureux d'avoir à constater que la série des commentateurs de la Rubrique Romaine s'est

Vr PRÉFACE.

Mais pour que nous ne perdions rien de ceê avantages^ il importe que les prescriptions du cérémonial Romain se conservent parmi nous sans altération. Or^ les abus^ s'introduisant sous le nom spécieux d'usages^ seraient ici véritablement pernicieux. Voilà pourquoi j'ai pensé qu'en écri-

rouverte parmi nous. Outre M. l'abbé Favrel, qui, avec beaucoup de bonne volonté, a donné Texemple de ces travaux en publiant une traduction du petit livre italien de Baldeschi, et en y ajoutant des appendices et des notes dont il est lui-même Tauteur, nous avons à mentionner M. l'abbé Falise, dont Touvrage est rédigé avec un soin et une intelligence vraiment dignes d'éloge. M. l'abbé Boissonnet a publié, dans TEncyclopédie de M. Migne, un dictionnaire des rites sacrés, où il a inséré de nombreux extraits de Du Molin, vieux rubriciste Français d'un incontestable mérite. L'auteur de cet opuscule a aussi publié un Petit Cérémonial Romain, où il a cherché à ramener, autant que possible, les rubriques à des principes généraux. En Belgique, les auteurs des Mélanges théologiques ont publié des articles liturgiques remplis d'intérêt, et auxquels on n'avait peut-être à reprocher qu'une volonté parfois trop déterminée de justifier las usages de leur pays. Dans l'ouvrage de M. l'abbé de Herdt, prêtre de Malines, Sa/crœ Liturgiœ praxis, se trouvent cités les décrets les plus récents de la Congrégation des Rites^ ce qui en rend l'usage fort utile.

PRÉFACE. YII

vant ces pages sur la distinction de l'usage et de Fabus^ je ferais une œuvre bonne et utile.

On me reprochera, sans doute, des tendances vers le droit commun, que je ne cherche pas plus à dissimuler dans les questions canoniques que dans celles de cérémonies, et Temploi très-fréquent que je fais des décrets des Congrégations Romaines.

Je dois donc m' expliquer à ce sujet.

Avant la Révolution, les Parlements, sous prétexte de conserver les anciennes traditions et les libertés de l'Eglise Gallicane, s'étaient établis, dans notre pays, les arbitres de la discipline ecclésiastique : nulle constitution Pontificale n'était censée obligatoire dans le Royaume , qu'après y avoir été enregistrée par les magistrats et spécialement promulguée. Or , excepté quelques bulles dogmatiques , on n'en promulgua jamais aucune.

Les questions relatives même au gouvernement intérieur de l'Eglise , soustraites au jugement des Congrégations Romaines, qu'on faisait profession de ne pas reconnaître en France^ étaient réservées à la décision des Cours souveraines; et nos Canonistes qui ne citaient les décrets de la Congrégation du Concile ou de celle des Rites , que comme

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